Explosion au port de Beyrouth: sit-in des familles de victimes devant le palais de Justice

Des dizaines de membres des familles des victimes se sont rassemblés devant le palais de Justice, le 26 janvier 2023. (Photo, AFP)
Des dizaines de membres des familles des victimes se sont rassemblés devant le palais de Justice, le 26 janvier 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 26 janvier 2023

Explosion au port de Beyrouth: sit-in des familles de victimes devant le palais de Justice

  • Des députés de l'opposition se sont joints au sit-in des familles des victimes, au milieu d'un important déploiement des forces de sécurité
  • Peu de temps après, les familles des victimes ont pris d’assaut le portail du palais de Justice, réussissant à pénétrer dans l’enceinte du bâtiment

BEYROUTH: Des dizaines de membres des familles des victimes se sont rassemblés aujourd’hui devant le palais de Justice, brandissant les portraits de leurs proches tués.
Des députés de l'opposition se sont joints au sit-in, au milieu d'un important déploiement des forces de sécurité.

Les députés emmenés par Melhem Khalaf, actuel élu et ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats de Beyrouth, se sont d’abord joints à la manifestation avant de rentrer dans l’enceinte du palais de Justice. Une manière de démontrer leur soutien à une cause qui semble de plus en plus perdue, plus de deux ans après la gigantesque explosion qui a rasé des pans entiers de la capitale Beyrouth.

"On avait fondé nos espoirs sur la justice, mais les masques sont tombés", a affirmé à Abdo Matta, 54 ans, qui a perdu son fils: "Nous voulons savoir qui a tué nos enfants". 

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Les familles des victimes ont pris d’assaut le portail du palais de Justice, réussissant à pénétrer dans l’enceinte du bâtiment. (Photo, AFP)

Peu de temps après, les familles des victimes ont pris d’assaut le portail du palais de Justice, réussissant à pénétrer dans l’enceinte du bâtiment. Ce nouveau coup de force intervient à l’heure où les manifestants réclament la poursuite de l’enquête. Ces dernières heures, le procureur général, Ghassan Oueidate, a tenté de pousser Tarek Bitar, le juge chargé de l’affaire, à se dessaisir du dossier.

Des personnalités craignent que cette crise ne provoque l'effondrement du système judiciaire, une des dernières institutions encore debout dans le pays en proie à une grave crise sociale, économique et politique. 

Dans un communiqué, le collectif des familles des victimes a dénoncé "le coup d'Etat politique, sécuritaire et judiciaire" représenté par la décision de poursuivre le juge Bitar. 

Le collectif a fait assumer aux autorités "l'entière responsabilité de la sécurité du juge", qui se sait menacé dans un pays où les assassinats politiques sont légion. 

Le juge avait été contraint de suspendre pendant 13 mois son enquête en raison d'une quarantaine de poursuites à son encontre et de pressions de la part d'une grande partie de la classe politique, notamment le puissant mouvement armé Hezbollah. 

En décidant de la reprendre lundi à la surprise générale, il a inculpé plusieurs personnalités parmi lesquelles le procureur général Ghassan Oueidate et deux hauts responsables de la sécurité dans le cadre de l'enquête. 

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Les familles des victimes ont pris d’assaut le portail du palais de Justice, réussissant à pénétrer dans l’enceinte du bâtiment. (Photo, AFP)

Ce dernier a en effet décidé de reprendre l’enquête lundi dernier à la surprise générale et il a inculpé plusieurs personnalités, dont le procureur général et deux hauts responsables de la sécurité dans le cadre de l'enquête.
En représailles, M. Oueidate a décidé de poursuivre le juge Bitar pour «rébellion contre la justice» et «usurpation de pouvoir».

"Je suis toujours chargé de l'enquête et je ne me dessaisirai pas de ce dossier. Le procureur n'a pas la prérogative de me poursuivre", a réagi le juge Bitar qui a refusé de comparaître jeudi matin. 

M. Oueidate a en outre ordonné la libération de l'ensemble des personnes détenues sans jugement depuis l'explosion, notamment un responsable de la sécurité au port, le Libano-Américain Ziad al-Ouf qui a pris l'avion pour les Etats-Unis dès sa libération, selon son avocat. 

Selon un responsable judiciaire, les Etats-Unis ont fait pression pour sa libération. 

« Une balle dans la tête » 

Le sit-in des proches de victimes visait à faire pression sur une réunion du Conseil supérieur de la magistrature, prévue en milieu de journée. Mais cette réunion, qui aurait pu décider de démettre le juge Bitar, a été reportée en raison de divergences entre les membres de l'instance, a indiqué une source judiciaire. 

M. Oueidate a pour sa part déclaré à la presse que la réunion avait été reportée "pour éviter une effusion de sang". 

Le bras de fer judiciaire menace d'occulter l'enquête sur le drame provoqué par l'explosion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans précaution au port, de l'aveu même des responsables qui étaient au courant de leur présence au port. 

"La justice se tire une balle dans la tête", a titré le quotidien indépendant L'Orient-Le Jour. 

"Il est certain que cette bataille peut aboutir à un effondrement total du pouvoir judiciaire", a déclaré le député d'opposition Samy Gemayel. 

"C'est le devoir des Libanais de défendre ce système judiciaire et l'indépendance de la justice face à une mafia et une milice armée qui détruisent ce pays et veulent le transformer en une jungle", a-t-il ajouté, en disant faire référence au Hezbollah. 

Ce dernier, qui avait exigé depuis plus d'un an le remplacement du juge Bitar, a soutenu les décisions du procureur général. 

(Avec AFP)


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.