Forte poussée de l'immigration, prochain dossier sensible du gouvernement

Des migrants implantés devant la mairie de Strasbourg, le 3 décembre 2022. (Photo, AFP)
Des migrants implantés devant la mairie de Strasbourg, le 3 décembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 26 janvier 2023

Forte poussée de l'immigration, prochain dossier sensible du gouvernement

  • L'année 2022 a été marquée par l'afflux massif de déplacés fuyant la guerre en Ukraine, qui ont été plus de 100 000 à s'installer en France
  • Le projet de loi du gouvernement «pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration» doit être présenté mercredi en conseil des ministres

PARIS: Des demandes d'asile à leur niveau record pendant que les expulsions et les régularisations de sans-papiers progressent également: la France a connu en 2022 une forte poussée des flux migratoires, dont le contrôle sera au coeur d'un projet de loi ultra-sensible. 

"Les effets de la crise sanitaire, qui ont marqué les flux migratoires en 2020 et 2021, sont aujourd'hui partiellement effacés", a-t-on constaté au ministère de l'Intérieur, qui a publié jeudi ses statistiques provisoires de l'immigration. 

L'an dernier, plus de 137 000 premières demandes d'asile ont été enregistrées dans les guichets uniques dédiés (appelés "Guda"), en hausse de 31,3% par rapport à 2021 et à quelques unités du niveau record de 2019, dernière année avant la crise de Covid-19: 138 420. 

Tous cas de figure compris (réexamens, mineurs, procédures dites "Dublin"...), les chiffres sont même records, avec 156 103 demandes en 2022, contre 151 283 en 2019, introduites en premier lieu par des Afghans. 

L'année 2022 a également été marquée par l'afflux massif de déplacés fuyant la guerre en Ukraine, qui ont été plus de 100 000 à s'installer en France. Fin 2022, les services de l'Etat recensaient 65 833 Ukrainiens (hors mineurs) qui ont fait renouveler leur "protection temporaire" en France, un dispositif qui leur permet de bénéficier d'une prise en charge et d'un droit au séjour sans solliciter le statut de réfugié. 

"Si on rajoute les Ukrainiens (aux demandes d'asile), c'est un niveau d'immigration inédit en France", observe le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), Didier Leschi. 

Pour autant, cette situation, dans un contexte de saturation des structures d'hébergement d'urgence, n'a pas fait imploser le système, se félicite-t-il, car les Ukrainiens "ne sont pas placés dans le dispositif national d'accueil" traditionnel. 

Sur le front politique, les données rendues publiques jeudi "alimenteront les débats des prochaines semaines", affirme-t-on Place Beauvau, alors que le projet de loi du gouvernement "pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration" doit être présenté mercredi en conseil des ministres. 

Tabou des « OQTF » 

Le premier de ses deux axes vise à améliorer l'efficacité des expulsions, lestées depuis des années notamment par la difficulté d'obtenir des laissez-passer consulaires. 

Sur ce sujet, 15 396 expulsions ont eu lieu en 2022, en hausse de 15%, mais toujours un tiers de moins qu'en 2019. En 2022, les éloignements "forcés" vers des pays hors Union européenne ont progressé de 44%, des résultats obtenus selon l'Intérieur par "différents efforts convergents", à commencer par les "efforts diplomatiques" français. 

"La priorité a été donnée aux étrangers délinquants: 3 615 étrangers délinquants ont été expulsés en 2022, contre 1 834 en 2021, soit deux fois plus", s'est aussi réjoui sur Twitter le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. 

Mais le gouvernement a refusé de communiquer le chiffre très sensible du taux d'exécution des "OQTF", les obligations de quitter le territoire français, en dessous de 10% ces dernières années et symbole selon la droite d'une politique d'immigration qui échappe à l'Etat. 

"Nous estimons qu'il faudrait diminuer d'à peu près 15% la proportion des mesures d'éloignement (143 000 en 2021) pour avoir celles véritablement exécutoires", a simplement reconnu le ministère de l'Intérieur. 

Ce dernier a rappelé que son projet de loi visait justement à contourner les "freins" aux expulsions, notamment "l'existence de voies de recours" contre les éloignements. 

L'autre volet du texte concerne l'intégration, dont la mesure-phare vise à créer un titre de séjour "métiers en tension". 

Les régularisations, chiffon rouge pour la droite, ont augmenté de 8% avec 34 029 "admissions exceptionnelles au séjour" en 2022. Une progression "tirée par les motifs économiques salariés" (+29%), soit les régularisations de travailleurs sans-papiers. 

C'est aussi, de manière générale, l'immigration économique qui a connu la plus forte croissance (45%) pour ce qui est de la délivrance des premiers titres de séjour, l'an dernier. 

Dans l'ensemble et pour la première fois, les premiers titres sont d'abord délivrés à des étudiants (108 340), devant les motifs familiaux (90 385). Une "transformation progressive des flux migratoires (...) en lien direct avec les besoins de notre économie", a estimé le ministère. 

Le projet de loi doit d'abord être présenté en mars au Sénat, contrôlé par la droite. Le nouveau patron des Républicains Eric Ciotti a prévenu qu'il voterait "contre" un "mauvais compromis". Dans sa ligne de mire: les mesures de régularisation. 


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".