Tunisie: la pénurie de lait, symptôme d'une filière «en lent effondrement»

De 30 litres de lait par jour, chaque vache n'en produit plus que 12. (AFP)
De 30 litres de lait par jour, chaque vache n'en produit plus que 12. (AFP)
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Publié le Vendredi 27 janvier 2023

Tunisie: la pénurie de lait, symptôme d'une filière «en lent effondrement»

  • Le marché tunisien absorbe 1,8 million de litres quotidiennement alors que la production atteint au maximum 1,2 million, selon des données officielles
  • Cette pénurie est apparue au grand jour fin octobre quand des supermarchés ont placardé l'injonction: «deux briques de lait par citoyen»

EL BATTAN: Noura arpente le centre de Tunis à la recherche de lait. "Quand j'en trouve, je ne peux pas acheter plus de deux briques", dit-elle à propos d'une pénurie qui illustre les affres d'une filière "en lent effondrement".

Le marché tunisien absorbe 1,8 million de litres quotidiennement alors que la production atteint au maximum 1,2 million, selon des données officielles.

"Le lait est indispensable, surtout pour nos enfants", confie à l'AFP Noura Bchini, ménagère quinquagénaire. Près d'elle, une autre cliente, Leila Chaouali, dit s'en procurer "mais à des moments précis, surtout le matin. L'après-midi il n'y en a plus".

Cette pénurie est apparue au grand jour fin octobre quand des supermarchés ont placardé l'injonction: "deux briques de lait par citoyen".

A 40 km à l'ouest de Tunis, Mohamed Gharsallaoui, éleveur dans le village d'El Battan, penché sur sa trayeuse, explique avoir dû vendre quatre vaches ces derniers mois pour acheter du fourrage et nourrir sa vingtaine de bêtes.

Sur son exploitation, cet éleveur de 65 ans montre ses factures de foin, d'orge ou de complément maïs-soja, qu'il peine à régler.

Le prix du sac de 50 kg de complément a été multiplié par 8 en 10 ans pour atteindre 81 dinars (24 euros).

"Pourquoi on manque de lait? Parce qu'on ne donne pas aux vaches les quantités de nourriture dont elles ont besoin", explique-t-il à l'AFP.

«A perte»

De 30 litres de lait par jour, chaque vache n'en produit plus que 12. "Nous leur fournissons la moitié de la quantité précédente de fourrage et d'herbe", souligne-t-il.

Eleveur passionné qui a débuté il y a 50 ans avec une seule vache, M. Gharsallaoui est triste de voir son troupeau s'étioler.

"Ce sont les vaches qui faisaient vivre ma famille", se désole ce père de quatre enfants adultes. "Aujourd'hui je dois envoyer (mes enfants) travailler ailleurs pour faire vivre mes vaches."

L'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (Utap) a tiré la sonnette d'alarme il y a un an "quand les éleveurs ont commencé à vendre leur lait à perte".

"Les prix de l'alimentation animale sont devenus fous avec 30 à 40% de hausse sur un an. C'est lié à la situation internationale, à la guerre en Ukraine en particulier" qui a fait flamber les cours des céréales dont la Tunisie est fortement importatrice, souligne son porte-parole Anis Kharbeche.

Il s'inquiète pour le mois du Ramadan qui débutera vers le 22 mars, "au cours duquel la consommation de lait augmente et où la pénurie atteindra un million de litre par jour".

Ces difficultés sont accentuées par la sécheresse qui sévit sur la Tunisie, avec des barrages remplis au maximum à 30%, selon l'Utap.

«herbe fraîche»

Pour limiter leurs pertes, beaucoup d'agriculteurs sont contraints de vendre une partie de leur cheptel, soit à des bouchers locaux, soit à des éleveurs dans l'Algérie voisine.

Selon l'Utap, les troupeaux tunisiens se sont réduits de 30% en 2022.

Face à ce "lent effondrement", l'Etat, qui avait soutenu après l'indépendance (en 1956) l'établissement d'une filière lait, doit reprendre l'initiative, estime M. Kharbeche, rappelant que la Tunisie parvenait à exporter du lait certaines années jusqu'en 2017.

Pour le moment, l'Etat s'est contenté, dans la loi de finances 2023, de lever les taxes sur l'importation de lait en poudre, au risque de concurrencer la production locale.

Et des déclarations récentes du président Kais Saied imputant à des "spéculateurs" non identifiés les problèmes de la filière n'ont pas rassuré les éleveurs.

Pour l'Utap, la solution serait "un prix variable" appliqué par l'Etat aux achats de lait, qui fluctuerait en fonction des cours de l'alimentation animale. Et il faudrait "aider les agriculteurs pour la production d'herbe fraîche", avec une stratégie de retraitement des eaux usées et les soutenir dans l'achat de compléments alimentaires.

Le lait n'est qu'un des produits touchés par des pénuries sporadiques ces derniers mois, à côté du café, du sucre ou de l'huile.

Des experts les expliquent par un manque de liquidités de l'Etat tunisien, qui a le monopole de l'approvisionnement en produits de base subventionnés. Très endetté, le pays négocie depuis des mois un prêt de presque 2 milliards de dollars avec le FMI.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.