Damas accusé d'avoir mené une attaque au chlore à Douma en Syrie en 2018

Des gens se tiennent devant des bâtiments endommagés, dans la ville de Douma, site d'une attaque présumée à l'arme chimique, près de Damas, en Syrie (Photo, AP).
Des gens se tiennent devant des bâtiments endommagés, dans la ville de Douma, site d'une attaque présumée à l'arme chimique, près de Damas, en Syrie (Photo, AP).
Short Url
Publié le Samedi 28 janvier 2023

Damas accusé d'avoir mené une attaque au chlore à Douma en Syrie en 2018

  • «Il existe des motifs raisonnables de croire» qu'au moins un hélicoptère de l'armée de l'air syrienne a largué deux barils de gaz toxique sur la ville de Douma
  • «Le monde connaît désormais les faits – il appartient à la communauté internationale d'agir, à l'OIAC et au-delà», a déclaré le directeur général de l'organisation

LA HAYE: L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a accusé vendredi Damas d'avoir mené une attaque au chlore, dans laquelle 43 personnes avaient péri en Syrie en 2018, ce qui avait déclenché des tensions entre Damas et l'Occident.

Selon un rapport des enquêteurs de l'OIAC, "il existe des motifs raisonnables de croire" qu'au moins un hélicoptère de l'armée de l'air syrienne a largué deux barils de gaz toxique sur la ville de Douma, près de Damas, durant la guerre civile.

"Le monde connaît désormais les faits – il appartient à la communauté internationale d'agir, à l'OIAC et au-delà", a déclaré, dans un communiqué, le directeur général de l'organisation, Fernando Arias.

Damas et son allié, Moscou, ont affirmé que l'attaque du 7 avril 2018 avait été mise en scène par des secouristes à la demande des Etats-Unis, qui ont lancé des frappes aériennes sur la Syrie quelques jours plus tard avec le Royaume-Uni et la France.

L'affaire avait également suscité la controverse après une fuite d'informations selon lesquelles deux anciens employés de l'OIAC, basée à La Haye, avaient mis en doute les conclusions d'une enquête antérieure.

Mais l'OIAC a déclaré que ses enquêteurs avaient "examiné une série de scénarios possibles" et conclu que "les forces aériennes arabes syriennes (étaient) les auteurs de cette attaque".

Des puissances occidentales ont conjointement appelé à ce que la Syrie rende des comptes pour cette "horrible" attaque.

"Nous appelons la Fédération de Russie à arrêter de protéger la Syrie (des conséquences) de sa responsabilité dans l'usage d'armes chimiques", déclarent dans un communiqué commun les ministres américain, britannique, français et allemand des Affaires étrangères.

"Toute la désinformation du monde ne pourra dissimuler le rôle qu'a joué le Kremlin dans l'encouragement du régime de (Bachar al-)Assad."

«Gaz toxique»

L'OIAC a déclaré qu'une unité syrienne "d'élite" connue sous le nom de Tiger Force avait lancé l'attaque lors d'une offensive militaire pour reprendre Douma, et que les rebelles islamistes avaient accepté de se retirer le lendemain.

"Au moins un hélicoptère Mi-8/17 de l'armée de l'air arabe syrienne, au départ de la base aérienne de Dumayr et opérant sous le contrôle des Forces du Tigre, a largué deux cylindres jaunes, qui ont touché deux immeubles résidentiels dans une zone centrale de la ville", selon le rapport.

Un cylindre a heurté un toit, "s'est rompu et a rapidement libéré un gaz toxique, du chlore, à des concentrations très élevées, qui s'est rapidement dispersé dans le bâtiment, tuant 43 personnes identifiées et affectant des dizaines d'autres", indique le rapport.

Le deuxième cylindre a percuté un appartement, s'est partiellement ouvert et "a commencé à libérer lentement du chlore, affectant légèrement ceux qui sont arrivés les premiers sur les lieux", ajoute-t-il.

Les enquêteurs ont analysé des échantillons prélevés sur les lieux, interrogé des survivants et des témoins et effectué des tests balistiques, notamment des "essais de chute de cylindre".

Ils ont aussi examiné des preuves vidéo et photographiques, des images satellite, des schémas informatiques et sollicité des experts.

"Il y a des motifs raisonnables de croire que les forces aériennes arabes syriennes sont les auteurs de l'attaque aux armes chimiques (...) à Douma", a déclaré l'OIAC, précisant que ces "motifs raisonnables" étaient la norme de preuve utilisée par les enquêtes internationales et les organes d'établissement de faits.

«Écume à la bouche»

Les secouristes ont déclaré à l'époque qu'ils avaient soigné des personnes souffrant de problèmes respiratoires, d'écume à la bouche et d'autres symptômes.

L'OIAC a rejeté les allégations selon lesquelles les rebelles et les secouristes auraient mis en scène l'attaque en apportant des cadavres sur les lieux et de fausses bouteilles de chlore.

L'équipe "a méticuleusement examiné les pistes d'enquête et les scénarios suggérés par les autorités syriennes et d'autres Etats parties, mais n'a pas pu obtenir d'informations concrètes à l'appui", a indiqué l'organisme.

La Russie opérait à partir de la même base aérienne au moment de l'attaque et travaillait en "proximité spéciale" avec l'unité des Forces du Tigre, mais rien ne prouve l'implication d'autres pays que la Syrie, selon l'organisation.

Damas nie l'utilisation d'armes chimiques et assure avoir remis ses stocks dans le cadre d'un accord de 2013, provoqué par une attaque présumée au gaz sarin qui a tué 1 400 personnes dans la banlieue de Damas, à Ghouta.

Les droits de vote de la Syrie à l'OIAC ont été suspendus en 2021 en raison du refus de Damas de coopérer après avoir été accusé de nouvelles attaques chimiques.


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Short Url
  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.