Syrie: 11 morts dans des raids contre des cibles pro-iraniennes

Un commandant pro-Iranien faisait partie des trois personnes tuées dans les frappes de drones. (Fichier , AFP)
Un commandant pro-Iranien faisait partie des trois personnes tuées dans les frappes de drones. (Fichier , AFP)
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Publié le Lundi 30 janvier 2023

Syrie: 11 morts dans des raids contre des cibles pro-iraniennes

  • Les raids se sont produits dans la région de Boukamal dans la province de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak
  • Une frappe a visé lundi après-midi «un camion-citerne bourré d'armes et de munitions», faisant un mort

BEYROUTH : Onze personnes, dont un chef local, ont été tuées dans l'est de la Syrie lors d'une série de frappes aériennes contre des milices pro-iraniennes, dont deux ont visé un convoi transportant des armes, a indiqué lundi une ONG.

Les raids se sont produits dans la région de Boukamal dans la province de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak, où les milices pro-iraniennes qui combattent au côté du régime syrien sont fortement implantées.

Une frappe a visé lundi après-midi "un camion-citerne bourré d'armes et de munitions", faisant un mort, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Il s'agit de la troisième frappe depuis dimanche soir, lorsque des drones ont visé six camions frigorifiques qui venaient d'entrer en territoire syrien après avoir franchi la frontière avec l'Irak, faisant sept morts selon l'OSDH.

"Les camions étaient chargés d'armes iraniennes et ont été détruits", a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de cette ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre.

Lundi matin, des drones ont visé la voiture tout-terrain du chef d'un groupe pro-iranien venu inspecter le site où le convoi avait été visé, d'après l'ONG.

L'homme et ses deux gardes du corps ont été tués, a-t-elle précisé. Les dix victimes ne sont pas syriennes, d'après l'ONG.

L'OSDH n'a pas précisé qui a mené ces frappes. Par le passé, Israël et la coalition internationale anti-jihadistes ont visé les milices pro-iraniennes dans cette région.

Omar Abou Leila, un militant qui dirige le site d'information local Deir Ezzor 24, a assuré que les frappes de dimanche avaient visé, outre le convoi, "les quartiers généraux de milices pro-iraniennes" dans la région.

Les groupes armés pro-iraniens --libanais, irakiens et autres-- jouissent d'une importante influence militaire dans la zone frontalière entre la Syrie et l'Irak, et sont déployés sur la rive ouest de l'Euphrate dans la province de Deir Ezzor.

Cette zone est un important point de passage pour les combattants, les marchandises et les armes entre l'Irak et la Syrie.

Camions irakiens

Un responsable syrien du poste-frontière de Boukamal a  démenti que les camions visés étaient chargés d'armes. Selon lui, un convoi de 25 camions frigorifiques "chargés de vivres, une aide de l'Iran au peuple syrien", a été visé à trois reprises depuis qu'il a franchi la frontière dimanche soir.

Pour sa part, un responsable irakien des frontières qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que les camions touchés par les frappes dimanche soir étaient des véhicules irakiens, entrés en Syrie "via des postes-frontières informels" avec l'Irak.

Le pouvoir syrien n'a pas réagi à ce raid.

Selon l'OSDH, au moins deux convois similaires sont entrés la semaine dernière en Syrie en provenance d'Irak, pays où l'Iran exerce une forte influence.

En novembre, un raid avait visé un convoi d'armes et des camions citernes chargés de carburant de milices pro-iraniennes en Syrie dans la même région frontalière, faisant au moins 14 morts selon l'OSDH.

En décembre, le chef d'état-major israélien de l'époque Aviv Kohavi a révélé que son pays était à l'origine du raid, ajoutant que le convoi transportait des armes à destination du Liban où le mouvement armé Hezbollah pro-iranien a une influence prépondérante.

Israël revendique rarement les raids qu'il mène en Syrie, notamment ceux visant les milices pro-iraniennes, mais dit vouloir empêcher à sa frontière l'implantation militaire de l'Iran, sa bête noire.

A plusieurs reprises, la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, dont des troupes sont déployées en Syrie et en Irak, a reconnu avoir mené des frappes dans cette région contre des combattants pro-iraniens.

Depuis 2011, le conflit en Syrie, où sont impliqués plusieurs puissances et groupes armés, a fait environ un demi-million de morts.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.