La réforme des retraites examinée à l'Assemblée dans une ambiance de plus en plus tendue

Les députés français applaudissent après un vote lors d'une session de l'Assemblée nationale sur les propositions du parti La France Insoumise (LFI) à Paris, le 24 novembre 2022 (Photo, AFP).
Les députés français applaudissent après un vote lors d'une session de l'Assemblée nationale sur les propositions du parti La France Insoumise (LFI) à Paris, le 24 novembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 30 janvier 2023

La réforme des retraites examinée à l'Assemblée dans une ambiance de plus en plus tendue

  • La soixantaine de parlementaires de la commission des Affaires sociales planchent, article par article, sur le texte qui prévoit un recul de l'âge légal de 62 à 64 ans
  • Les élus de l'alliance de gauche Nupes sont venus en nombre, à tel point que certains ont dû s'installer entre LR et RN, faute de places à gauche

PARIS : A la veille de la mobilisation dans la rue, les députés ont afflué lundi en commission pour l'examen du très contesté projet de réforme des retraites, avec des oppositions de plus en plus remontées face à la fermeté sans faille affichée par le gouvernement.

La soixantaine de parlementaires de la commission des Affaires sociales planchent, article par article, sur le texte qui prévoit un recul de l'âge légal de 62 à 64 ans et une accélération de l'allongement de la durée de cotisation, avant l'épreuve dans l'hémicycle à compter du 6 février sur la réforme phare du second quinquennat Macron.

Les élus de l'alliance de gauche Nupes sont venus en nombre, à tel point que certains ont dû s'installer entre LR et RN, faute de places à gauche.

Le socialiste Arthur Delaporte a d'emblée demandé des "jours supplémentaires" de l'examen, qui s'achève mercredi soir. Quelque 7 000 amendements ont été déposés, dont 6.000 par la gauche.

Les délais resserrés sont imposés par le vecteur choisi par l'exécutif, un projet de budget rectificatif de la Sécu, qui limite à cinquante jours au total les débats au Parlement.

«Plus négociable»

Le ton est monté d'un cran après que la Première ministre Elisabeth Borne a assuré dimanche que le report de l'âge légal de départ à 64 ans n'était "plus négociable".

Lundi, la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot lui a répondu en estimant que "le retrait du texte n'est pas négociable".

Sur France 2, c'est le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui a mis en garde Mme Borne, qui "ne peut pas rester sourde à cette formidable mobilisation qui s'est créée".

De son côté, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réitéré lundi depuis Marseille ses accusations du week-end à destination de la Nupes, soupçonnée de "bordéliser" le débat pour "empêcher systématiquement le gouvernement d'avancer": "la bordélisation, je pense qu'on la constate depuis ce matin en commission à l'Assemblée nationale", a-t-il martelé.

Après celle du 19 janvier, qui a vu de 1 à 2 millions de personnes manifester contre la réforme, les syndicats espèrent faire au moins aussi bien. Un espoir conforté par des sondages attestant d'un rejet croissant dans l'opinion.

La grève s'annonce très suivie dans les transports et à l'école. Air France va annuler un vol court et moyen-courrier sur dix, mais les liaisons long-courrier ne seront pas affectées.

Le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, a prévu que la moitié des enseignants du premier degré seraient grévistes.

Une source dans les services de renseignement s'attend à 1,2 million de manifestants au niveau national "en fourchette haute dont 100 000 à Paris, avec 240 cortèges ou rassemblements prévus".

Onze mille policiers et gendarmes seront mobilisés partout en France mardi, dont 4 000 à Paris, pour encadrer les manifestations, a annoncé Gérald Darmanin, qui a exprimé le voeu que les protestations se déroulent "dans les mêmes conditions sans incident grave" que la précédente mobilisation.

En commission à l'Assemblée, les échanges pourraient être particulièrement tendus mardi, pour ce jour de mobilisation interprofessionnelle nationale.

En séance le 6 février

La gauche étrille un texte "solitaire, injuste et injustifié" voire "anti-femmes". En réponse, LFI a présenté lundi après-midi son "contre-projet" qui prévoit notamment une retraite à 60 ans avec 40 annuités, et une pension d'au moins 1.600 euros pour toutes les carrières complètes.

Les élus de gauche s'opposent en bloc aux 64 ans et récusent faire de l'obstruction, en évitant les amendements de pure forme. "On va adapter notre tactique au fur et à mesure, on veut que soit discuté l'article 7" sur l'âge, indique l'Insoumise Clémentine Autain.

Les députés RN combattent le report de l'âge, mais réservent leurs forces pour l'hémicycle.

De son côté, la droite, dont les voix sont cruciales pour que le texte soit adopté, fait monter les enchères. Les LR ont des demandes pour les femmes aux carrières hachées, pour ceux ayant commencé à travailler à 20 ans, sur les droits familiaux ou encore un report de l'entrée en vigueur de la réforme.

La majorité présidentielle n'est pas en reste, mais a été priée de réfréner ses ardeurs pour tenir l'équilibre financier de la réforme. L'idée de contraintes plus fortes autour de l'emploi des seniors dans les grandes entreprises fait cependant son chemin chez Renaissance.

Qu'il soit adopté ou pas en commission, le projet sera présenté en séance le 6 février. La règle pour les textes budgétaires impose que c'est la version initiale qui est soumise, sans les amendements adoptés en commission.

Deux semaines d'échanges sont programmées dans l'hémicycle.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.