AL-MUKALLA: Un nouveau groupe militaire au Yémen, la Force du bouclier de la nation, a été créé par le président du Conseil présidentiel, Rashad al-Alimi, dans le but d'unifier les groupes armés et les unités dispersées dans les territoires contrôlés par le gouvernement.
L'agence de presse officielle SABA a rapporté dimanche soir qu'Al-Alimi a émis un ordre présidentiel établissant la Force du bouclier de la nation comme troupe de réserve sous son commandement et nommant à sa tête un officier militaire peu connu, le brigadier Basher Saif Qaid Ghobair al-Subaihi.
SABA a indiqué que le dirigeant yéménite publiera un autre décret précisant le nombre, l'objectif et le lieu de déploiement des forces.
Al-Subaihi a fait partie des milliers de Yéménites qui ont combattu les Houthis soutenus par l'Iran lorsque la milice a conquis en 2015 la ville portuaire d'Aden, dans le sud du pays.
Des responsables et des experts au Yémen ont déclaré que les combattants de la résistance ainsi que les forces militaires et de sécurité qui ont combattu les Houthis seraient recrutés et recevraient une formation militaire officielle, ainsi que des grades dans la nouvelle unité.
Le général de brigade Mohammed al-Kumaim, un analyste militaire yéménite, a indiqué à Arab News que la nouvelle unité comprendra des forces militaires et de sécurité actives sur le terrain, ainsi que des unités provenant de zones militaires. Cette procédure fait, selon lui, partie d'une stratégie visant à légitimer les unités actives sur le terrain et à les unir sous la direction des institutions du pays.
«Ces forces ne sont pas nouvelles et sont déjà présentes sur le champ de bataille. Ceci s'inscrit dans le cadre de la réorganisation et du repositionnement du ministère yéménite de la Défense, et de la réorganisation de ses forces militaires», a déclaré Al-Kumaim, ajoutant que les troupes de la nouvelle unité participeront aux opérations militaires contre les Houthis dans tout le Yémen.
Ce dernier a rejeté les critiques des opposants qui accusent le leader yéménite de créer une force sous son commandement pour concurrencer les armées privées des autres membres du conseil.
«En tant que commandant en chef des forces armées, il commande toutes les forces sur le terrain et a le pouvoir de former toute nouvelle force. Il n'y a pas de concurrence», a assuré Al-Kumaim.
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision Al Arabiya le mois dernier, Al-Alimi a souligné que la priorité du conseil était de rassembler divers groupes militaires sous un seul centre de commandement. Il a par ailleurs reconnu que la fusion des forces sous l'égide du ministère de la Défense pourrait ne pas avoir lieu dans un avenir proche.
En avril dernier, l'ancien président Abed Rabbo Mansour Hadi a transféré son autorité au Conseil présidentiel de direction, composé de huit membres et dirigé par Al-Alimi. Ce conseil comprend des responsables militaires et politiques ainsi que de nombreux gouverneurs de province tels que Aidarous al-Zubaidi, le président du Conseil de transition du Sud pro-indépendance, Tareq Mohammed Abdullah Saleh, le commandant des forces de la Garde républicaine et Abdul Rahman al-Muharami, le commandant de la Brigade des géants.
Par ailleurs, la Commission de consultation et de réconciliation, organe consultatif du Conseil présidentiel, a conseillé au gouvernement yéménite d'œuvrer à l'instauration de la paix au Yémen et de s'attaquer aux difficultés économiques du pays. Elle l’a toutefois mis en garde contre la légitimation de la prise de pouvoir militaire des Houthis dans le cadre de toute négociation directe avec la milice.
«Nous avons souligné la nécessité d'un dialogue politique approfondi et direct entre la légitimité dirigée par le Conseil présidentiel de direction et la milice houthie sur la base de la légitimité et du coup d'État», a déclaré Mohammed al-Ghaithi, le chef de la commission, sur Twitter après une réunion virtuelle avec d'autres membres dimanche.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".
Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.
Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".
Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".
Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.
L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.
Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.
Meurtres "illégaux"
Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.
Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".
Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".
Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.
Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".
"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.
Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.
Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".
Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.
"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.
Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".







