Aux Philippines, l'oignon devenu bien de luxe atteint des prix à pleurer

Un agriculteur récolte des oignons dans une ferme à Bongabon, dans la province de Nueva Ecija, le 17 janvier 2023. (Jam Sta. Rosa / AFP)
Un agriculteur récolte des oignons dans une ferme à Bongabon, dans la province de Nueva Ecija, le 17 janvier 2023. (Jam Sta. Rosa / AFP)
Des fermières récoltent des oignons dans une ferme à Bongabon, dans la province de Nueva Ecija, dans le nord des Philippines, le 17 janvier 2023. (Jam Sta. Rosa / AFP)
Des fermières récoltent des oignons dans une ferme à Bongabon, dans la province de Nueva Ecija, dans le nord des Philippines, le 17 janvier 2023. (Jam Sta. Rosa / AFP)
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Publié le Mardi 31 janvier 2023

Aux Philippines, l'oignon devenu bien de luxe atteint des prix à pleurer

  • La hausse des prix des engrais agricoles liée à la guerre en Ukraine et la récente levée des restrictions sanitaires, qui a permis la reprise des festivals et des grands repas de famille, ont pesé sur la demande d'oignons
  • A tel point que certains restaurants se sont résignés à l'ôter du menu. Sa consommation a aussi chuté dans bien des familles, déjà aux prises avec un niveau d'inflation jamais atteint en 14 ans

BONGABON : Les yeux des consommateurs piquent, ceux des producteurs brillent. Avec la flambée des prix aux Philippines, l'oignon, devenu un bien de luxe, est désormais capable de faire pleurer n'importe qui.

Pas question de perdre une seconde. Avant même qu'ils n'arrivent à maturité, Luis Angeles récolte ses oignons à toute vitesse, motivé par des prix de vente records.

Le kilo du légume est monté en flèche ces derniers mois aux Philippines, s'établissant à 800 pesos (15 euros) dans des supermarchés de la capitale, Manille. C'est plus que le poulet ou le porc.

La hausse des prix des engrais agricoles liée à la guerre en Ukraine et la récente levée des restrictions sanitaires, qui a permis la reprise des festivals et des grands repas de famille, ont pesé sur la demande d'oignons.

A tel point que certains restaurants se sont résignés à l'ôter du menu. Sa consommation a aussi chuté dans bien des familles, déjà aux prises avec un niveau d'inflation jamais atteint en 14 ans.

Les autorités ont été appelées à sévir contre des négociants suspectés de manipuler les stocks. Dans l'espoir de tirer les prix vers le bas, le gouvernement a approuvé l'importation de 21 000 tonnes d'oignons.

Pour les producteurs, cette flambée est une opportunité en or. Comme beaucoup de ses confrères, Luis Angeles a avancé l'heure de la récolte.

"Ce qui arrive est historique", témoigne cet agriculteur de 37 ans installé près de Bongabon (nord), autoproclamée "capitale de l'oignon".

Près de lui, ses employés arrachent des bulbes rouges ou blancs encore immatures. "C'est la première fois que les prix atteignent ce niveau", assure M. Angeles.

Lorsqu'il a commencé la récolte le mois dernier, le kilo ne valait encore que 250 pesos (4,20 euros).

Le temps d'arriver sur les étals des supermarchés de Manille, son prix avait plus que doublé, dépassant le salaire minimum journalier.

Bijoux en oignon

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Des clients achètent des oignons sur un marché de Manille. (Jam Sta. Rosa / AFP)  

"J'ai dit à ma famille, 'nous allons seulement sentir les oignons au lieu de les manger'", raille Candy Roasa, 56 ans, sur un marché de la capitale où un bulbe de la taille d'un poing d'enfant peut valoir jusqu'à 80 pesos (1,30 euro).

Dans une boîte de chocolats de marque, porté en pendentif... les internautes philippins ironisent sur le nouveau statut de l'humble légume, à l'aide de memes.

A l'aéroport de Manille, des membres d'équipage d'un récent vol de la compagnie Philippine Airlines ont même été surpris en train d'en faire passer clandestinement quelques sacs.

Chaque Philippin mange en moyenne 2,34 kilos d'oignons par an et le pays devrait en produire assez pour répondre à la demande nationale, selon des données officielles.

Mais le climat tropical ne permet de semer ce bulbe hydrophobe qu'une fois par an et les stocks sont souvent épuisés avant la saison suivante.

Ce n'est pas la première pénurie d'une denrée alimentaire de base aux Philippines. Le sucre, le sel et le riz ont connu un destin similaire.

Maigres récoltes, coûts de production élevés, investissements insuffisants, accès limité aux chambres froides, réseau routier pas assez développé, typhons destructeurs... Les défis sont innombrables pour le secteur, également miné par la prolifération de nuisibles.

Le pays espère tout de même améliorer sa production locale, car il dépend beaucoup des importations pour nourrir sa population.

Le président Ferdinand Marcos s'est autodésigné secrétaire à l'Agriculture pour superviser une industrie agroalimentaire moribonde. Bien qu'elle emploie un quart des Philippins, elle ne pèse que 10% du PIB.

Mauvaise organisation

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Un agriculteur récolte des oignons dans une ferme à Bongabon, dans la province de Nueva Ecija, dans le nord des Philippines. (Jam Sta. Rosa / AFP)  

Pour William Dar, secrétaire à l'Agriculture de l'ancien président Rodrigo Duterte, la pénurie aurait pu être évitée si le gouvernement avait autorisé des importations dès le mois d'août.

"C'est le résultat clair d'une mauvaise organisation", a-t-il dit sur la chaîne locale ABS-CBN.

La sécurité alimentaire aux Philippines est une préoccupation majeure, le pays figurant parmi les plus exposés aux conséquences du changement climatique. Et la malnutrition y est déjà bien présente.

L'âge médian des agriculteurs y est élevé, 57 ans, et la superficie moyenne d'une exploitation a été divisée par presque trois en 60 ans.

Beaucoup ne sont pas propriétaires des terres qu'ils travaillent et ne peuvent pas engager seuls les fonds nécessaires pour augmenter leur productivité.

L'économiste spécialiste de l'agriculture à l'Université des Philippines, Salvador Catelo, fait pourtant valoir que le pays est "riche de ressources naturelles absentes dans de nombreux pays qui sont meilleurs que nous en termes de productivité et d'auto-suffisance".

Avec l'importation massive d'oignons, Luis Angeles craint que la situation ne se retourne contre lui avant qu'il ait pu en profiter. Les prix à la ferme pourraient dégringoler jusqu'à 30 pesos (50 centimes).

"Nous essayons juste de faire survivre notre capital", soupire-t-il.


Russie: un immeuble endommagé à Moscou dans une frappe de drone ukrainienne

Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. (AFP)
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  • "Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine le maire de la capitale russe
  • Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées

MOSCOU: Un immeuble résidentiel a été endommagé à Moscou dans la nuit de dimanche à lundi dans une rare frappe de drone ukrainienne, a indiqué le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine.

Cette attaque intervient à quelques jours des célébrations le 9 mai de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, à l'occasion desquelles la Russie ne déploiera pas cette année de matériel militaire pour le traditionnel défilé sur la place Rouge - pour des raisons de sécurité, selon le Kremlin.

"Le drone a visé un immeuble" dans la rue Mosfilmovskaïa, dans l'ouest de Moscou, a écrit sur Telegram Sergueï Sobianine. "Personne n'a été blessé", a-t-il précisé.

Pour sa part, la chaîne de télévision russe Vesti a diffusé des images sur lesquelles on voit un appartement endommagé, avec des murs effondrés et des portes brisées.

Selon M. Sobianine, deux autres drones visant Moscou ont été abattus dans la nuit par les systèmes de défense aérienne et un autre appareil sans pilote a été neutralisé lundi matin.

Depuis le début de son offensive en Ukraine en février 2022, conflit le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, la Russie bombarde régulièrement l'ensemble du territoire ukrainien et notamment ses infrastructures essentielles.

En représailles, Kiev frappe des cibles en Russie, assurant viser des sites militaires mais aussi des infrastructures d'hydrocarbures afin de réduire la possibilité pour Moscou de financer son effort de guerre.

Si la région moscovite fait régulièrement l'objet d'attaques de drones ukrainiennes, Moscou elle-même est plus rarement visée.

L'Ukraine, qui tente de repousser l'offensive contre son territoire, avait cherché à perturber le défilé du 9 mai l'an dernier avec des attaques de drones visant Moscou les jours précédents.

Le Kremlin a annoncé que l'armée russe ne déploierait pas de matériel militaire lors du défilé sur la place Rouge samedi prochain en raison de la "menace terroriste" posée par Kiev.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé lundi que la Russie ne pouvait "se permettre" actuellement de faire défiler des équipements militaires à Moscou et avait "peur" que des drones ukrainiens ne perturbent les commémorations. "Cela montre qu'ils ne sont pas forts", a-t-il affirmé lors d'un sommet en Arménie.


Trump lance une opération pour débloquer le détroit d'Ormuz, mise en garde de l'Iran

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  • A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d'Ormuz des navires de pays "qui n'ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient", a annoncé M. Trump
  • Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom ("Projet Liberté"), devait être entravée par l'Iran, cela "devrait malheureusement être traité par la force", en saluant des discussions "très positives" avec Téhéran

TEHERAN: Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe, mais le commandement militaire iranien a prévenu qu'il attaquerait dans ce cas l'armée américaine.

Le président américain, qui a déclenché les hostilités contre l'Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir "un geste humanitaire" et de "bonne volonté" en faveur des marins bloqués par la fermeture du détroit d'Ormuz.

A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d'Ormuz des navires de pays "qui n'ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient", a annoncé M. Trump.

Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom ("Projet Liberté"), devait être entravée par l'Iran, cela "devrait malheureusement être traité par la force", en saluant dans le même temps des discussions "très positives" avec Téhéran par l'intermédiaire du Pakistan.

L'Iran a rétorqué lundi en menaçant l'armée américaine.

"Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l'agressive armée américaine: s'ils ont l'intention de s'approcher du détroit d'Ormuz ou d'y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués", a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées.

"Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d'Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu" entré en vigueur le 8 avril, avait auparavant averti président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi.

Dans un communiqué, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que l'opération annoncée par Donald Trump impliquerait des destroyers lance-missiles, plus d'une centaine d'aéronefs et 15.000 soldats.

"Pénuries" 

Depuis le début des hostilités, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens.

Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi à une réouverture du détroit d'Ormuz "concertée" entre "l'Iran et les Etats-Unis". Il s'est montré sceptique quant à la nouvelle opération lancée par Donald Trump, jugeant son cadre "pas clair".

"La fermeture effective du détroit d'Ormuz a des répercussions énormes sur l'Indo-Pacifique", a souligné pour sa part la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, la région étant très dépendante du Moyen-Orient pour son énergie.

Le blocage du détroit a fait flamber les cours du pétrole au plus haut depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les prix se sont stabilisés lundi sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, grappillant 0,39% à 108,59 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi.

Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l'entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

"Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine", a souligné Donald Trump.

"Au cimetière" 

Depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit.

La situation est bloquée depuis le cessez-le-feu du 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

Entre le détroit d'Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent importants et les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril.

Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne.

Selon l'agence Tasnim, Téhéran réclame dans ce plan une liste de mesures: le retrait des forces américaines des zones proches de l'Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un "mécanisme" concernant le détroit d'Ormuz et "la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban".

Le dossier nucléaire ne figure apparemment pas dans le plan, or il s'agit d'une question centrale pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que la République islamique dément.


Un responsable iranien juge "probable" une reprise de la guerre avec les Etats-Unis

Des personnes chantent lors d’un rassemblement à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Majid Asgaripour/Agence de presse West Asia via Reuters)
Des personnes chantent lors d’un rassemblement à Téhéran, en Iran, le 29 avril 2026. (Majid Asgaripour/Agence de presse West Asia via Reuters)
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  • La reprise du conflit entre l’Iran et les États-Unis est jugée « probable » après l’échec des négociations et le rejet par Donald Trump d’une nouvelle proposition iranienne
  • Malgré un cessez-le-feu, les tensions restent élevées (blocus, présence militaire, crise économique), et le conflit continue sous d’autres formes dans la région

TEHERAN: Un responsable militaire iranien a jugé samedi "probable" une reprise de la guerre avec les Etats-Unis, après le rejet par Donald Trump d'une nouvelle offre de Téhéran pour relancer les négociations de paix.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

Une première session de pourparlers directs à Islamabad le 11 avril s'est révélée infructueuse, et jusqu'ici sans lendemain tant les divergences restent fortes entre les deux camps, du détroit d'Ormuz au volet nucléaire.

L'Iran a transmis cette semaine un nouveau texte via le Pakistan, médiateur des discussions, sans qu'aucun détail ne filtre sur le contenu.

Donald Trump a cependant dit vendredi n'être "pas satisfait" de cette dernière mouture, répétant qu'à son sens les dirigeants iraniens étaient "désunis" et incapables de s'entendre sur une stratégie de sortie du conflit.

Le président américain, qui avait déjà menacé d'anéantir la "civilisation" iranienne, a ajouté qu'il préférerait ne pas avoir à "pulvériser une fois pour toutes" l'Iran mais qu'une reprise de la guerre restait "une option".

Il a été briefé jeudi par l'armée sur de possibles nouvelles actions militaires.

"Une reprise du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis est probable, et les faits ont démontré que les Etats-Unis ne respectaient aucune promesse ou accord", a réagi samedi Mohammad Jafar Asadi, inspecteur adjoint du commandement des forces armées Khatam Al-Anbiya, cité par l'agence de presse Fars.

"Les forces armées sont parfaitement préparées à toute nouvelle tentative d'aventurisme ou à toute action imprudente de la part des Américains", a-t-il ajouté.

- "Terminées" -

Donald Trump avait théoriquement jusqu'à vendredi pour demander l'autorisation du Congrès américain pour poursuivre la guerre. Il a préféré envoyer une lettre à des responsables parlementaires pour leur notifier que les hostilités contre l'Iran étaient "terminées", même si plusieurs élus démocrates ont souligné que la présence continue de forces américaines dans la région indiquait le contraire.

L'USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a quitté le Moyen-Orient, mais 20 bâtiments de la marine américaine, dont deux autres porte-avions, restent déployés.

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale, avec notamment des cours du pétrole montés cette semaine à des niveaux inédits depuis 2022.

Car si les bombardements ont cessé, le conflit perdure sous d'autres formes: Washington impose un blocus aux ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Alors que Donald Trump s'indigne du refus des Européens de le soutenir militairement face à l'Iran, le Pentagone a annoncé le retrait de quelque 5.000 militaires d'Allemagne d'ici un an, une réduction conséquente de ses effectifs sur le continent.

Le président a été particulièrement agacé par des propos du chancelier allemand Friedrich Merz affirmant que les Américains n'avaient "aucune stratégie" en Iran et que Téhéran "humiliait" la première puissance mondiale.

-  Nouvelles exécutions -

Pendant ce temps, l'Iran reste inflexible. "Nous n'accepterons certainement pas qu'on nous impose" une politique, a lancé vendredi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.

Negar Mortazavi, du groupe de réflexion Center for International Policy, souligne "la cohésion" du pouvoir iranien, uni dans une "bataille existentielle".

Si à la faveur de la trêve, les Iraniens ont pu renouer avec une certaine normalité, leur quotidien est plombé par l'inflation qui explose tout comme le chômage, dans un pays déjà affaibli par des décennies de sanctions internationales.

Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a d'ailleurs exhorté dans un message écrit, les entreprises qui ont subi des dégâts à "éviter autant que possible les licenciements", au nom de la "guerre économique et culturelle" que mène l'Iran.

Amir, 40 ans, raconte débuter sa journée en "regardant les infos, et les nouvelles d'exécutions" par le pouvoir iranien. La justice a encore annoncé samedi la pendaison de deux hommes accusés d'espionnage au profit d'Israël.

"J'ai l'impression d'être coincé au purgatoire", dit-il à l'AFP. "Les Etats-Unis et Israël finiront par nous attaquer encore" pendant que "le monde ferme les yeux".

Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah malgré le cessez-le-feu, de nouvelles frappes sur le sud du pays ont fait 13 morts, dont un enfant, selon les autorités libanaises.