LONDRES: L'«hijabophobie» atteint un niveau record «à cause du climat politique actuel», résultant en une discrimination croissante dans la vie quotidienne des femmes musulmanes portant le hijab, ont déclaré mercredi les organisateurs de la Journée mondiale du hijab.
«Les femmes musulmanes sont forcées à retirer leur hijab pour “montrer leur solidarité” et faire des déclarations politiques, tandis que certaines parties du monde adoptent des lois qui empêchent les femmes portant le hijab de participer à la société», a déclaré l’organisation de la Journée mondiale du hijab (WHD) à Arab News.
Elle avait appelé les femmes de tous horizons à «prendre position contre la hijabophobie en portant un foulard» à l'occasion de la Journée mondiale du hijab, le 1er février, afin de contribuer à la sensibilisation à la tradition musulmane et aux droits des femmes.
«Le thème de la Journée mondiale du hijab 2023, #UnapologeticHijabi, est plus audacieux et plus fort que jamais: les femmes musulmanes portant fièrement le hijab sans aucune honte», a indiqué l'organisation.
«En raison du climat actuel, les femmes musulmanes portant le hijab sont dépeintes comme opprimées, soumises et arriérées, et le hijab est utilisé pour justifier la discrimination et les abus dont elles sont victimes», a-elle ajouté.
«Cela peut conduire à un manque de compréhension et d'empathie envers les femmes musulmanes, et peut rendre plus difficile pour ces femmes de participer pleinement à la société et d'accéder aux opportunités.»
Selon la WHD, les femmes qui choisissent de porter le foulard, que ce soit pour des raisons de modestie ou d'observance religieuse, sont confrontées à des difficultés d'intégration dans les environnements éducatifs et professionnels.
«Dans certains cas, il peut y avoir une discrimination religieuse, ou un manque de compréhension et d'acceptation du hijab», a expliqué l'organisation.
Elle a ajouté que «dans les écoles, certains étudiantes portant le hijab peuvent être victimes de discrimination ou de harcèlement de la part de leurs camarades de classe ou de leurs enseignants, ou se voir interdire toute éducation; c'est le cas à Karnataka, en Inde».
Il s'agissait d'une référence à une décision prise par la Haute Cour du Karnataka en février de l'année dernière, interdisant à des milliers de filles musulmanes de porter des vêtements religieux à l'école.
WHD a également cité des exemples de discrimination auxquels, selon elle, les femmes portant le hijab sont confrontées sur le lieu de travail, ainsi que des préjugés lors du processus d'embauche.
«Des études expérimentales ont indiqué que les chances d'être embauchées, et donc d'avoir un emploi rémunéré, étaient en moyenne 40% plus faibles chez les femmes musulmanes portant le hijab que chez des femmes musulmanes similaires ne portant pas le hijab, en Occident.
«Par exemple, une étude réalisée en 2022 a révélé qu'aux Pays-Bas, près de 70% des demandes d'emploi comprenant une photographie d'une femme non voilée reçoivent un rappel positif pour des emplois nécessitant un contact élevé avec la clientèle. Mais pour les candidatures avec des photographies comportant un hijab, le taux positif est de 35%.»
Selon l'’organisation WHD, fondée en 2013 à New York par l'Américaine bangladaise Nazma Khan, «les femmes musulmanes des pays européens sont plus susceptibles de subir la hijabophobie dans les espaces publics et sur le marché du travail.»
Elle a notamment fait référence à une étude de décembre 2020 du groupe de réflexion américain Pew Research Center, qui a constaté que: «Les femmes de 56 pays ont subi du harcèlement en raison d'une tenue vestimentaire jugée contraire aux normes religieuses ou laïques, selon les sources analysées pour une récente étude du Pew Research Center portant sur 198 pays.»
D'après cette dernière, les femmes ont été prises pour cible pour avoir enfreint les normes vestimentaires séculaires, notamment le port d'un hijab ou d'un autre tenue religieuse, dans 42 des 56 pays dans lesquels les sources ont prétendu que le harcèlement social avait eu lieu entre 2016 et 2018.
«Si l'intégration des femmes portant le hijab dans les écoles et sur le lieu de travail pose des problèmes, des efforts ont également été déployés afin de promouvoir la compréhension et l'acceptation des femmes qui portent le hijab dans ces milieux», notamment la Journée mondiale du hijab elle-même, qui vise à «promouvoir l'intégration et l'acceptation des femmes portant le hijab dans ces milieux».
L'organisation, qui a célébré son 10e anniversaire cette année, a déclaré qu'elle attendait des milliers de personnes dans plus de 150 pays pour célébrer la Journée mondiale du hijab 2023, notamment au Royaume-Uni, au Japon, en Corée et en Suisse.
«Plus particulièrement, nous voyons de plus en plus de non-musulmanes prendre part au port du hijab le 1er février», a-t-elle ajouté. «Beaucoup d'entre elles partagent leurs expériences avec nous, ce qui, selon nous, aide les autres à en savoir plus sur le hijab.»
WHD a déclaré que les efforts de sensibilisation déployés par son mouvement ont contribué à faire évoluer les opinions sur le hijab dans le monde entier, les deux tiers des anciennes participantes faisant état d'expériences positives qui ont changé leur point de vue sur le port du foulard.
Cette année, l'organisation a souligné qu'elle espérait sensibiliser davantage le public, développer sa plate-forme, accroître la confiance des femmes qui portent le hijab et «accueillir les personnes qui ont des incompréhensions et la curiosité de poser des questions dans un forum ouvert».
La Journée mondiale du hijab est également un événement de collecte de fonds. L'argent récolté cette année servira à créer des ateliers sur la diversité et l'inclusion dans la culture musulmane pour les écoles, afin de favoriser un environnement éducatif sûr et sain pour les filles musulmanes, a soutenu l'organisation.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.
"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.
"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.
Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.
Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.
Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.
- Signature "à distance" -
Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.
La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".
Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.
Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.
Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".
"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.
- Dilution de l'uranium -
L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.
Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.
Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.
Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.
Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.
Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.
- Liban -
Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.
Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.
Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.
Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.







