En Cisjordanie, un réparateur de tourne-disques fait vibrer la casbah de Naplouse

Le Palestinien Jamal Hemmou vérifie un ancien tourne-disque gramophone (phonographe) devant son magasin dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 17 janvier 2023. (Photo de JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
Le Palestinien Jamal Hemmou vérifie un ancien tourne-disque gramophone (phonographe) devant son magasin dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 17 janvier 2023. (Photo de JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
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Publié le Lundi 06 février 2023

En Cisjordanie, un réparateur de tourne-disques fait vibrer la casbah de Naplouse

  • La musique numérique a éclipsé les disques à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, comme ailleurs dans le monde, au grand dam de M. Hemmou
  • "Mes clients viennent de toute la Cisjordanie, de Jérusalem, de Nazareth, de Bethléem, de Jénine, de Qalqiliya". «Ils viennent de toute la Palestine pour acheter chez moi», se réjouit-il

NAPLOUSE: Dans un minuscule atelier du Vieux Naplouse, le dernier réparateur de tourne-disques de cette grande ville palestinienne fait résonner des chansons arabes classiques jusque dans les ruelles environnantes.

"A la fin de la journée, les anciens viennent au magasin, ils ont la soixantaine, et quand j'allume le tourne-disque, ils se mettent à pleurer", raconte à l'AFP Jamal Hemmou, 58 ans.

La musique numérique a éclipsé les disques à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, comme ailleurs dans le monde, au grand dam de M. Hemmou.

Celui-ci a commencé à réparer des tourne-disques, en autodidacte, lorsqu'il avait 17 ans, en écoutant les grandes voix arabes de l'époque, explique-t-il, assis devant son modeste atelier. On y trouve des tourne-disques des années 1960 et 1970 et même plusieurs gramophones des années 1940.

Il estime vendre cinq machines par mois, à des tarifs qui varient. Mais son magasin est parfois contraint de fermer.

Naplouse est en première ligne d'une flambée de violences meurtrières qui secoue la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, depuis bientôt un an.

La rue de M. Hemmou a été le théâtre de vifs combats, les forces israéliennes ayant mené des raids contre un groupe de combattants, le "Repaire des Lions", basé dans la Vieille Ville.

"Dès que quelqu'un se fait tuer lors d'un raid israélien, surtout dans la Vieille Ville, on ferme boutique", explique M. Hemmou, qui se réjouit "d'être toujours en vie".

Des photos de combattants tués ornent les volets de sa boutique. Lui se mobilise en jouant des chansons patriotiques. "C'est ma façon de résister" contre l'occupation israélienne, dit-il.

Patrimoine musical

Sa passion pour la musique lui vient de sa famille dans laquelle "presque tout le monde est musicien" et en particulier de son père, qui "chantait car il aimait les vieux chanteurs".

Avec ce père, il partage une passion pour Shadia, une diva égyptienne qui a enchaîné les tubes entre les années 1940 et 1980.

"Elle chantait avec le coeur, elle chantait avec émotion, elle racontait une histoire", dit celui qui cite également l'immense star libanaise Fairouz et l'Egyptien Abdel Halim Hafez, pendant masculin d'Oum Kalthoum, dans son panthéon musical.

Pour M. Hemmou, les disques ne font pas que diffuser des morceaux, ils sont une partie essentielle du patrimoine palestinien et arabe.

"Les chanteurs modernes ne savent pas ce qu'ils chantent. En revanche, les anciens, eux, savent extraire ce qui est profondément ancré en nous et font revivre notre patrimoine", estime-t-il.

"Lorsqu'on passe un disque, ça nous renvoie 50 ans en arrière", s'émerveille-t-il.

L'homme aux cheveux et à la moustache poivre et sel dit avoir essayé de faire travailler ses deux fils, âgés de 27 et 26 ans, dans la boutique et de leur faire découvrir la musique arabe et palestinienne, sans succès.

"Ils ne sont pas intéressés. Ils me disent de l'éteindre, ils ne veulent pas écouter", regrette-t-il. Mais celui qui est connu à Naplouse sous le nom d'Abou Shaadi jouit d'une notoriété ailleurs.

"Mes clients viennent de toute la Cisjordanie, de Jérusalem, de Nazareth, de Bethléem, de Jénine, de Qalqiliya". "Ils viennent de toute la Palestine pour acheter chez moi", se réjouit-il.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.