Cinq Palestiniens tués lors d'un raid des forces israéliennes à Jéricho

Un jeune Palestinien inspecte des meubles endommagés et tachés de sang provenant d'une fenêtre brisée sur les lieux d'une opération de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés Aqabat Jabr dans la Cisjordanie, à Jéricho, le 6 février 2023. (Photo, AP)
Un jeune Palestinien inspecte des meubles endommagés et tachés de sang provenant d'une fenêtre brisée sur les lieux d'une opération de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés Aqabat Jabr dans la Cisjordanie, à Jéricho, le 6 février 2023. (Photo, AP)
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Publié le Lundi 06 février 2023

Cinq Palestiniens tués lors d'un raid des forces israéliennes à Jéricho

  • Le Premier ministre Palestinien Mohammad Shtayyeh a qualifié le raid israélien de «crime majeur» et le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, de « massacre abominable»
  • Selon un journaliste, des jeunes palestiniens ont brûlé des pneus et bloqué une route menant à Jéricho lundi, tandis que les magasins et les écoles restaient fermés, les habitants observant une grève générale pour protester contre le raid meurtrier

JÉRICHO: Cinq Palestiniens ont été tués lundi dans un nouveau raid de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée, a indiqué un responsable sécuritaire israélien, après des opérations de recherches lancées la semaine dernière pour retrouver des suspects à la suite d'une attaque près de Jéricho. 

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a confirmé dans un communiqué que des combattants de sa branche armée avaient été tués dans "un affrontement armé avec l'occupation sioniste", sans plus de détails. 

Le raid, mené au petit matin survient dans un contexte de flambée de violences israélo-palestiniennes et près d'une semaine après que les autorités locales palestiniennes ont dénoncé un "siège" imposé à la ville de Jéricho par les forces israéliennes depuis une attaque menée le 28 janvier. 

Située non loin de la frontière jordanienne, Jéricho est une ville touristique de la vallée du Jourdain généralement épargnée par les violences. 

Selon le responsable sécuritaire israélien, l'armée détient les corps des cinq Palestiniens tués au cours de cette opération menée à l'entrée du camp de réfugiés palestiniens d'Aqabat Jabr, à Jéricho. 

L'armée israélienne avait annoncé plus tôt lundi avoir tué "plusieurs assaillants armés" lors d'une "activité antiterroriste" pour appréhender des membres du Hamas soupçonnés d'être les auteurs d'une récente attaque anti-israélienne. 

"Plusieurs assaillants armés ont été tués après avoir ouvert le feu sur (des) soldats en opération dans la zone", avait indiqué l'armée. 

Le ministère palestinien de la Santé avait fait état dans un premier temps de trois Palestiniens blessés "par des balles de l'occupation israélienne lors de l'attaque contre Jéricho", dont un dans un état critique. 

« Crime odieux » 

L'armée israélienne avait dit être à la recherche de deux hommes soupçonnés d'avoir attaqué le 28 janvier le restaurant d'une colonie israélienne proche de la ville palestinienne. 

Selon l'armée, un des deux hommes avait ouvert le feu dans le restaurant mais son arme s'était enrayée après un premier tir, qui n'avait fait aucun blessé, et les assaillants avaient ensuite pris la fuite. 

Lundi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que "la réponse appropriée au terrorisme était de frapper le terrorisme", ajoutant que les forces israéliennes avaient éliminé "cinq terroristes", dont deux impliqués dans l'attaque du 28 janvier. 

Le Premier ministre Palestinien Mohammad Shtayyeh a de son côté qualifié le raid israélien de "crime majeur" et le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, de "massacre abominable". 

"Les héros du camp d'Aqabat Jabr se sont battus jusqu'à mourir en martyrs pour défendre leur terre et leurs lieux saints", a déclaré M. Haniyeh, "les tueries à répétition commises par l'ennemi en Cisjordanie tourneront au désastre pour eux". 

Selon un journaliste sur place, des jeunes palestiniens ont brûlé des pneus et bloqué une route menant à Jéricho lundi, tandis que les magasins et les écoles restaient fermés, les habitants observant une grève générale pour protester contre le raid meurtrier. 

Le gouverneur de Jéricho Jihad Abou al-Aasal a dénoncé "un crime odieux qui s'ajoute aux crimes quotidiens commis par l'occupation contre notre peuple palestinien". 

"Nous appelons le monde à faire arrêter l'occupation et à protéger notre peuple de l'occupant", a-t-il déclaré. 

Mercredi, il avait accusé Israël d'avoir bouclé la ville, après la fusillade du 28 janvier. 

"C'est le cinquième jour du siège de Jéricho", avait-il dit. 

Cette nouvelle incursion militaire israélienne en zone autonome palestinienne intervient sur fond de craintes d'un nouvel embrasement du conflit israélo-palestinien après l'escalade des violences observées depuis le début de l'année. 

Les autorités israéliennes accusent régulièrement les services de sécurité de l'Autorité palestinienne de faillir à leurs obligations en n'arrêtant pas les activistes armés planifiant des attaques anti-israéliennes. 

Depuis bientôt un an, l'armée israélienne multiplie les opérations dans des secteurs de la Cisjordanie normalement sous contrôle sécuritaire palestinien en vertu des accords d'Oslo (1993). 

Depuis le début de l'année, le conflit a coûté la vie à 41 Palestiniens (parmi lesquels des combattants et des civils, dont des mineurs), 6 civils israéliens (dont un mineur), et une Ukrainienne, selon un décompte réalisé à partir de sources officielles israéliennes et palestiniennes. 

En 2022, le conflit israélo-palestinien a fait 235 morts, à près de 90% palestiniens. 


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
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  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.