Dans un village de Syrie, un homme recherche les 30 membres de sa famille

Des habitants et des secouristes récupèrent une victime des décombres d'un immeuble effondré à la suite d'un tremblement de terre dans le village de Besnaya, dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, tenue par les rebelles, à la frontière avec la Turquie, le 6 février 2022. (Photo, AFP)
Des habitants et des secouristes récupèrent une victime des décombres d'un immeuble effondré à la suite d'un tremblement de terre dans le village de Besnaya, dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, tenue par les rebelles, à la frontière avec la Turquie, le 6 février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 février 2023

Dans un village de Syrie, un homme recherche les 30 membres de sa famille

  • Malik retire les pierres une par une, à l'aide d'une pioche ou même de ses propres mains, avec des gants pour seule protection, à la recherche de son oncle, son cousin, et de leurs familles respectives
  • «Une famille entière s'en est allée. C'est une extermination totale», déclare Malik Ibrahim

BESNAYA: Depuis deux jours, Malik Ibrahim déblaye sans relâche les décombres dans un village du nord de la Syrie, à la recherche de trente membres de sa famille, tous ensevelis sous les ruines.

Dix corps inanimés ont déjà été retirés des ruines dans le village de Besnaya, à la frontière avec la Turquie. Le spectacle apocalyptique des maisons détruites par le séisme de lundi contraste avec les champs d'oliviers qui entourent la localité.

Malik retire les pierres une par une, à l'aide d'une pioche ou même de ses propres mains, avec des gants pour seule protection, à la recherche de son oncle, son cousin, et de leurs familles respectives.

Ils sont ensevelis sous le toit et les murs de leur immeuble, devenu de simples tas de pierres jonchés de panneaux solaires.

"Une famille entière s'en est allée. C'est une extermination totale", déclare Malik Ibrahim, le visage pâle, recouvert de poussière.

Au fur et à mesure qu'il creuse, cet homme de 40 ans perd espoir et fond en larmes.

"Chaque fois qu'on exhume un corps, je me souviens des bons moments qu'on passait ensemble (...) on riait et on plaisantait", ajoute-t-il.

"Mais ça n'arrivera plus. On est séparés. Ils sont dans l'au-delà et on est ici. On ne se reverra plus".

Lundi à l'aube, quand le séisme a fait trembler la région, Malik, sa femme et ses huit enfants ont fui leur maison de la ville d'Idleb.

Sous la pluie torrentielle, il s'est senti soulagé d'être en vie, ainsi que sa femme et ses enfants.

C'était avant qu'il n'apprenne que ses proches, qui habitent à Besnaya, n'ont pas eu la même chance.

« Nos souvenirs sont enterrés »  

Il s'est immédiatement dirigé vers le village, à une quarantaine de kilomètres de chez lui, et n'a plus fermé l'oeil depuis.

"On creuse et on ne dort pas", dit-il.

A mesure que le temps passe, l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise.

"Il reste vingt personnes sous les décombres. Je n'ai pas de mots, c'est une catastrophe. Nos souvenirs sont enterrés avec eux. Nous sommes un peuple sinistré dans tous les sens du terme".

Il raconte avoir lui-même été forcé de quitter son foyer il y a quelques années en raison de la guerre pour se réfugier à Idleb.

Au milieu des ruines, des dizaines d'habitants, de combattants, de volontaires et de travailleurs humanitaires se sont rassemblés, dans l'espoir de retrouver des survivants.

Chaque fois qu'un d'eux est retiré des décombres, des cris de joie retentissent.

Le séisme, dont l'épicentre était situé en Turquie, a fait plus de 11.700 morts dans les deux pays, dont plus de 2.600 dans une Syrie déjà dévastée par des années de guerre civile.

Dans le village voisin de Ramadiyé, Ayman Diri, 50 ans, veut toujours croire que son frère Mamoun et ses huit enfants s'en sortiront vivants.

Il aide les volontaires à extirper des survivants des décombres, après avoir entendu leurs appels au secours.

Au bout de longues heures de fouilles, les secouristes exhument le corps de son neveu âgé de 12 ans.

"On n'abandonnera pas. On ne sait pas si les autres sont vivants ou pas. Mais on n'a pas d'autre choix que d'espérer, malgré l'état du bâtiment", dont le toit s'est effondré sur ses occupants, dit Ayman Diri.

"Que Dieu ait pitié d'eux, qu'ils soient vivants ou morts", soupire-t-il.


Emirats: deux morts et trois blessés à Abou Dhabi après l'interception d'un missile 

Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi
  • "L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X

ABOU DHABI: Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient.

"L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X.

 

 


Expulsion de l'ambassadeur d'Iran: le Hezbollah boycotte une réunion du gouvernement 

Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
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  • Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer
  • Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!"

BEYROUTH: Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth.

Le Hezbollah et son allié chiite, le mouvement Amal, ont fustigé la décision inédite des autorités sommant l'ambassadeur de partir d'ici dimanche, et lui ont demandé de demeurer dans le pays.

En signe de mécontentement, les deux ministres représentant le Hezbollah et les deux autres représentant Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri, ont décidé de ne pas se rendre à la réunion du gouvernement, a indiqué à l'AFP un responsable libanais sous couvert d'anonymat.

Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer.

Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!", selon une équipe de l'AFP.

"Nous sommes contre cette décision du gouvernement, qui ne passera pas", dit à l'AFP Elham al-Mokdad, une des protestataires, devant le bâtiment situé à la lisière de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah bombardé par Israël.

Le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi a pris la décision d'expulser l'ambassadeur pour "ingérence" dans les affaires intérieures libanaises.

"Nous réclamons que l'ambassadeur américain soit expulsé, ainsi que le ministre des Affaires étrangères", affirme une autre manifestante, Farida Noureddine, 43 ans.

La décision d'expulser l'émissaire iranien intervient dans le cadre des pressions des autorités libanaises sur le Hezbollah et son parrain iranien.

Elles ont interdit les activités militaires du Hezbollah, seul groupe non-étatique armé, ainsi que la présence et l'action des Gardiens de la Révolution iraniens qui, selon le Premier ministre Nawaf Salam, dirigent les opérations du groupe contre Israël.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, après une attaque du Hezbollah contre Israël en solidarité avec l'Iran. L'armée israélienne mène depuis une campagne de frappes aériennes qui a fait plus de 1.000 morts et un million de déplacés.


Le Conseil du Golfe veut participer à toutes les discussions sur la guerre avec l’Iran

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
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  • Le chef du CCG a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe
  • Le Conseil du Golfe a indiqué que ses membres souhaitent être impliqués dans toute discussion sur la guerre avec l’Iran

DUBAÏ : Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi, a accusé jeudi l’Iran d’alimenter l’escalade régionale et a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe, tout en exhortant à inclure les États du Golfe dans tout effort diplomatique visant à résoudre la crise.

Dans une série de déclarations, Jasem Mohamed Al-Budaiwi a affirmé que l’Iran était responsable de la récente escalade et a averti que ses actions constituaient une menace directe pour la stabilité régionale.

Il a indiqué que des attaques iraniennes avaient visé des raffineries de pétrole en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït, qualifiant ces frappes de « systématiques » et dirigées contre des installations énergétiques critiques.

« Nous insistons sur la nécessité d’impliquer les pays du CCG dans toute discussion ou accord visant à résoudre cette crise, de manière à renforcer leur sécurité et leur stabilité », a déclaré Al-Budaiwi dans une allocution télévisée, ajoutant que si les États du Golfe ont le droit de se défendre, ils privilégient la voie diplomatique.

« La communauté internationale doit adresser un message unifié à l’Iran pour qu’il mette fin à ses attaques », a-t-il ajouté, appelant à une pression mondiale coordonnée pour éviter une nouvelle escalade.

Le secrétaire général a également rejeté toute tentative de redessiner la carte de la région après le conflit, mettant en garde contre toute modification des frontières géopolitiques une fois la crise terminée.

Al-Budaiwi a en outre accusé l’Iran d’exiger des paiements de la part des navires transitant par le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle par laquelle transite une part importante du pétrole mondial.

Le chef du CCG est le premier haut responsable régional à formuler publiquement une telle accusation.

Al-Budaiwi, qui dirige le bloc composé de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, a fait ces déclarations lors d’une conférence de presse à Riyad. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com