Des Syriens réfugiés en Turquie perdent leur maison d'adoption

La Grande Mosquée historique, où ils ont trouvé refuge, deux jours après qu'un fort tremblement de terre a frappé la région, dans la ville de Diyarbakir (Photo, AFP).
La Grande Mosquée historique, où ils ont trouvé refuge, deux jours après qu'un fort tremblement de terre a frappé la région, dans la ville de Diyarbakir (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 09 février 2023

Des Syriens réfugiés en Turquie perdent leur maison d'adoption

  • Ridouane Gurre avait pris l'habitude de se mettre à l'abri à l'approche des avions de guerre, rien ne l'avait préparé au grondement du séisme
  • Les sentiments anti-migrants ont gagné du terrain en Turquie à la faveur de la dure crise économique subie par le pays

DIYARBAKIR: Pendant la guerre civile en Syrie, Ridouane Gurre avait pris l'habitude de se mettre à l'abri à l'approche des avions de guerre. Mais rien ne l'avait préparé au grondement du séisme d'une magnitude de 7,8 qui a détruit lundi avant l'aube son nouveau foyer en Turquie.

Aujourd'hui âgé de 42 ans, il avait rejoint avec sa famille les près de quatre millions de Syriens réfugiés en Turquie, à la recherche d'une sécurité relative dans le Sud-Est du pays, pourtant habitué aux violences entre forces gouvernementales et activistes kurdes.

Sept années durant, il s'est construit une nouvelle maison à Diyarbakir. Il avait l'impression d'être remis sur les rails. Mais à présent, c'est fini.

Ridouane a dû passer les deux dernières nuits avec son épouse et deux enfants sur le tapis couleur turquoise de la vénérable grande mosquée de la ville.

L'imposant bâtiment, lui-même reconstruit après un séisme voilà presqu'un millénaire, a traversé sans dommages les terribles secousses de lundi.

Pour le moment, Ridouane s'y sent en sécurité. Mais il s'interroge sur son avenir.

Pris au dépourvu
"Quand nous étions pris dans la guerre, nous savions que lorsque les avions volaient par dessus nos têtes il était temps de se mettre à l'abri", se souvient-il. Mais "quand le tremblement de terre est survenu à une heure aussi inattendue, nous avons été pris au dépourvu".

Des centaines d'autres personnes dorment là, la tête posée sur leurs affaires, ou bien se déplacent avec une couverture sur le dos.

Des femmes nourrissent leur bébé au sein. Des enfants jouent joyeusement dans les coins, inconscients de la tragédie qui se déroule autour d'eux.

En Turquie comme en Syrie voisine, le séisme et les multiples répliques qui ont suivi ont tué des milliers de personnes en plein sommeil et en ont piégé beaucoup d'autres, en nombre encore inconnu, sous des dalles de béton par un froid glacial.

Le nombre de morts --11.200 mercredi en fin de matinée-- augmente d'heure en heure.

Mercan al-Ahmad, 17 ans, native d'Alep, se souvient de sa vie en Syrie et des difficultés à trouver de quoi manger. A présent, c'est le sommeil qu'elle peine à trouver.

"Nous avons échappé à la mort en Syrie et maintenant nous avons été frappés par un tremblement de terre en Turquie", déplore-t-elle. "Nous ne pouvons pas dormir. Nous avons peur. Nous vivons dans la peur d'une nouvelle réplique".

Inquiétudes pour Alep
Elle passe le jour comme la nuit à s'inquiéter de l'avenir et de ses proches restés à Alep, dans l'une des provinces syriennes les plus touchées par le séisme.

"Nous avons de la famille à Alep", dit-elle. "Il y a beaucoup de victimes, de nombreuses maisons se sont effondrées. Nous avons entendu dire que certaines appartenaient à des parents à nous".

Ihlas Mohammed a également entendu des nouvelles semblables à propos de sa famille, restée dans un village entre Alep et Idleb.

"On ne peut pas savoir grand chose d'eux", regrette-t-elle. "Il y avait une guerre, nous avons fui, et à présent voilà ce qui arrive. Nous n'avons rien".

Les familles turques venues s'abriter à leurs côtés soulignent qu'il est inutile de vouloir attiser les divisions ethniques et culturelles dans cette région du monde.

La Turquie est l'un des principaux pays d'accueil des réfugiés dans le monde, abritant notamment près de quatre millions de de Syriens aux termes d'un accord financier avec l'Union européenne conclu lors de la crise des migrants de 2015-2016.

Mais les sentiments anti-migrants ont gagné du terrain en Turquie à la faveur de la dure crise économique subie par le pays.

A l'approche des élections du 14 mai en Turquie, les politiciens de tous bords promettent de commencer à renvoyer les Syriens chez eux.

Aydegul Bitgin, une mère de famille turque de 37 ans, assure que tout le monde est pareil dans cette mosquée: "Nous sommes ici avec des réfugiés syriens, nous sommes tous des victimes".

"Il n'y a rien de ce dont nous avons besoin: nourriture pour les bébés, lingettes humides, couches. Nous sommes partis sans rien de chez nous."


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.