Pourquoi les supermarchés redoutent un «mars rouge» pour les prix dans leurs rayons

Ces négociations, qui doivent être conclues au plus tard le 1er mars, sont traditionnellement tendues, mais le sont d'autant plus cette année dans un contexte inflationniste (énergie, transports ou matières premières) qui pèse sur les marges de l'ensemble des acteurs. (Photo, AFP)
Ces négociations, qui doivent être conclues au plus tard le 1er mars, sont traditionnellement tendues, mais le sont d'autant plus cette année dans un contexte inflationniste (énergie, transports ou matières premières) qui pèse sur les marges de l'ensemble des acteurs. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 15 février 2023

Pourquoi les supermarchés redoutent un «mars rouge» pour les prix dans leurs rayons

  • Chaque année, les supermarchés négocient avec leurs fournisseurs de l'industrie agro-alimentaire les prix et les conditions de vente auxquels ils leur achètent une part importante des produits qu'ils vendront ensuite
  • Arguant que leurs coûts de production ont grimpé, les industriels ont demandé aux supermarchés d'acheter leurs produits plus cher

PARIS: L'expression fait peur, "mars rouge": la grande distribution n'a de cesse de dénoncer des hausses de tarifs jugées "délirantes" demandées par leurs fournisseurs agro-industriels, avec le risque que les prix ne grimpent à nouveau dans les rayons des supermarchés à partir du printemps. 

Pourquoi parler de "mars rouge"? 

Chaque année, les supermarchés négocient avec leurs fournisseurs de l'industrie agro-alimentaire les prix et les conditions de vente auxquels ils leur achètent une part importante des produits qu'ils vendront ensuite. 

Ce sont les négociations annuelles qui ont lieu pour l'ensemble des produits à marque dite "nationale" (Danone, Lu, Mondelez...). Les produits de marques de distributeur (Marque Repères, Produits U ou Carrefour...) ne sont pas concernés. 

Ces négociations, qui doivent être conclues au plus tard le 1er mars, sont traditionnellement tendues, mais le sont d'autant plus cette année dans un contexte inflationniste (énergie, transports ou matières premières) qui pèse sur les marges de l'ensemble des acteurs. 

Arguant que leurs coûts de production ont grimpé, les industriels ont demandé aux supermarchés d'acheter leurs produits plus cher. Mais les hausses demandées sont "délirantes", à hauteur de 20%, a fustigé dans une interview au Figaro mardi soir Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, qui a publié au même moment des résultats financiers confortables. 

La distribution assure ne pas pouvoir absorber seule ces hausses de tarifs et devra les répercuter sur ses clients. Le panéliste NielsenIQ, formulant l'hypothèse d'une hausse des prix alimentaires de 15% en juin 2023 par rapport à 2021, estime que cette augmentation engendrerait, pour un ménage avec deux enfants, un surcoût de l'ordre de 800 euros pour les mêmes achats qu'en 2021. En 2022, ce surcoût était de 280 euros. 

Risque réél ou exagéré? 

Les supermarchés ont intérêt à agiter cette menace alors que les négociations sont toujours en cours. Toutefois, ils ne sont pas les seuls à anticiper des hausses en rayons. "Il y aura sur mars et juin des hausses qui seront dues aux renégociations", estime Clément Genelot, spécialiste du secteur de la distribution chez Bryan, Garnier & Co. 

Mardi soir, c'est le ministre de l'Economie Bruno Le Maire qui a reconnu sur LCI que la hausse des prix des denrées alimentaires était un sujet "grave, très préoccupant". 

L'inquiétude quant à la hausse des prix est exacerbée par une proposition de loi sur laquelle le Sénat se penche à partir de mercredi. Si elle est votée et promulguée avant la fin du mois de février, elle redonnerait dès cette année "du pouvoir de négociation aux marques stars" face aux supermarchés, "ce qui pourrait recréer de l'inflation" supplémentaire, observe Clément Genelot. 

La perspective est toutefois très incertaine. Après le vote du Sénat, députés et sénateurs devront encore tenter de s'accorder sur un texte commun, qui sera  à nouveau soumis au vote des deux assemblées. Et le Parlement est en congé la semaine prochaine. 

Quelles conséquences possibles? 

Les ménages français s'adaptent déjà à la hausse des prix, mesurée par l'Insee sur le seul secteur alimentaire et sur un an à plus de 12% en décembre. Deux phénomènes s'observent: la descente en gamme, c'est-à-dire la recherche de produits équivalents mais moins chers, des premiers prix par exemple. Et un report des achats vers les enseignes jugées moins chères. 

Mais l'étape suivante est redoutée par l'ensemble de la chaîne agro-alimentaire: les clients "déconsomment". En d'autres termes ils se privent de produits devenus trop chers. 

Une baisse des volumes vendus, "tout le monde en pâtit, le producteur à qui on va demander moins de blé, le transformateur qui aura moins de commandes et nous qui aurons moins de ventes", expliquait début février le président de Système U Dominique Schelcher. 

"Nous essayons de trouver des solutions avec les distributeurs pour que ceux qui sont les plus modestes puissent avoir accès à des produits alimentaires, des produits de consommation à des prix les plus bas possible", a déclaré Bruno Le Maire mardi soir sur LCI, se donnant "jusqu'au 15 mars pour trouver avec les distributeurs une solution à cette angoisse". 


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.