L'année 2023 marquera un tournant dans les relations entre Rabat et Madrid

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (à gauche), le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) et le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita (à droite) se rencontrent à Rabat, le 2 février 2023. (Photo de l'AFP)
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (à gauche), le Premier ministre marocain Aziz Akhannouch (à droite) et le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita (à droite) se rencontrent à Rabat, le 2 février 2023. (Photo de l'AFP)
Short Url
Publié le Samedi 18 février 2023

L'année 2023 marquera un tournant dans les relations entre Rabat et Madrid

  • La réunion de haut niveau qui s’est tenue le 2 février dernier à Rabat, capitale du Maroc, a été une réussite sur tous les plans
  • Le renforcement des relations entre ces deux nations et leur renouvellement sur de bonnes bases est important non seulement ces pays, mais au-delà de leurs frontières

CASABLANCA: Un tournant historique est en train de se produire dans les relations entre le Maroc et l’Espagne. La Réunion de haut niveau (RHN) tenue le 2 février dernier à Rabat, capitale du Maroc, a été une réussite sur tous les plans. Elle marque un renouveau dans les relations entre les deux Royaumes, fortement entachées en raison d’une profonde crise diplomatique survenue lors de ces deux dernières années.

Cette 12e session tant attendue était coprésidée par le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, et le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. Elle réunissait des dizaines de ministres et de hauts responsables des secteurs public et privé des deux pays. Les divers travaux ont été sanctionnés par des dizaines d’accords et de partenariats dans tous les domaines: enseignement, économie, lutte contre le terrorisme, immigration clandestine, gestion de l’eau, agriculture, politique, sécurité, culture…

«Cette Réunion de haut niveau renforce l’adhésion des deux Royaumes à un processus renouvelé de coopération bilatérale qui répond à la forte aspiration du roi Mohammed VI et du roi Philippe VI à ancrer le partenariat stratégique bilatéral», affirme Aziz Akhannouch. Selon lui, cette rencontre constitue une opportunité de célébrer les relations historiques et les liens d’amitié maroco-espagnols et permet de traduire les grandes orientations du partenariat en une feuille de route claire au service des intérêts des deux peuples amis.

Le renforcement des relations entre ces deux nations et leur renouvellement sur de bonnes bases est important non seulement ces pays mais au-delà de leurs frontières, étant donné le rôle du Maroc dans le sud du bassin méditerranéen et en Afrique ainsi que celui de l’Espagne dans le nord du bassin et dans le continent européen.

La question du conflit autour du Sahara a également été au menu du jour.

«C’est la Réunion de haut niveau qui a eu le plus de résultats concrets dans l’histoire des deux pays, avec un nombre record d’une vingtaine d'accords. Une feuille de route a été mise en place avec une dynamique et une volonté nouvelles, ce qui est mutuellement bénéfique dans des secteurs importants comme l'économie, la gestion des migrations, mais aussi l'éducation et la culture», déclare le ministre espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, lors d’une émission de la télévision espagnole TVE. Il ajoute: «Le Maroc est un partenaire stratégique et la priorité de la politique extérieure de l'Espagne. Le Maroc est fondamental pour l'Espagne, et l'Espagne pour le Maroc.»

La question du conflit autour du Sahara a également été discutée. L'Espagne a saisi cette occasion pour réitérer sa position exprimée dans la déclaration conjointe adoptée le 7 avril 2022 lors de la rencontre entre le roi Mohammed VI et Pedro Sanchez. C’est ce qu’indique une déclaration conjointe rendue publique à l'issue des travaux de la 12e session de cette RHN.

Dans la déclaration du 7 avril dernier, l’Espagne considère l’initiative marocaine d’autonomie, présentée en 2007, comme la base la plus sérieuse, la plus réaliste et la plus crédible pour la résolution du différend autour du Sahara. Madrid reconnaît également dans sa déclaration «l’importance de la question du Sahara pour le Maroc ainsi que les efforts sérieux et crédibles du Maroc dans le cadre des Nations unies pour trouver une solution mutuellement acceptable».


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Short Url
  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
Short Url
  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.


Israël confirme au Pentagone vouloir rester dans des «zones de sécurité» au Liban, en Syrie et à Gaza

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. (AFP)
Short Url
  • Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes
  • Le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël"

JERUSALEM: Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé dans la nuit de jeudi à vendredi à son homologue américain Pete Hegseth la "détermination d'Israël" à maintenir ses forces déployées dans des "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Cette déclaration intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé que les négociations menées mardi et mercredi à Rome entre Israël et le Liban avaient été "positives" et que le processus de mise en œuvre de "zones pilotes", d'où les troupes israéliennes doivent se retirer, commencerait "dans les prochains jours".

Le président américain Donald Trump avait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de retirer les forces israéliennes de Syrie et du Liban, selon un article publié mardi par le média américain Axios.

Les dirigeants israéliens évoquent régulièrement ces "zones de sécurité" dont les contours restent flous mais que les autorités israéliennes placent le long des frontières israéliennes.

Dans un communiqué, le bureau de M. Katz a indiqué avoir fait part à son homologue américain de "la détermination d'Israël à rester dans les zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban afin de protéger les frontières d'Israël et les communautés situées près de la frontière contre les menaces que représentent les forces jihadistes".

"Nous n'avons jamais demandé aux Etats-Unis d'opérer à notre place le long de nos frontières", ajoute le communiqué du cabinet de M. Katz.

Au Liban et à Gaza, les forces israéliennes sont présentes sur le terrain, où elles mènent quotidiennement des opérations contre le Hezbollah et le Hamas.

Au Liban, les forces israéliennes restent déployées dans ce que l'armée décrit comme une "zone de sécurité" s'étendant sur environ 10 kilomètres à l'intérieur du territoire libanais et poursuit des frappes limitées dans le sud.

A Gaza, l'armée israélienne contrôle 60% du territoire. Elle est notamment présente sur l'ensemble du périmètre extérieur du territoire palestinien, le long des frontières entre Israël et l'Egypte.

Après le renversement, en décembre 2024, de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon surveillée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.