Les talibans pakistanais mettent en garde contre de nouvelles attaques visant la police

Des soldats de l'armée pakistanaise montent la garde devant l'enceinte du bureau de police de Karachi un jour après une attaque des talibans pakistanais à Karachi le 18 février 2023. (AFP)
Des soldats de l'armée pakistanaise montent la garde devant l'enceinte du bureau de police de Karachi un jour après une attaque des talibans pakistanais à Karachi le 18 février 2023. (AFP)
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Publié le Samedi 18 février 2023

Les talibans pakistanais mettent en garde contre de nouvelles attaques visant la police

  • Vendredi soir, un commando suicide taliban s'est emparé du tentaculaire complexe de la police de Karachi, capitale économique et financière du sud du pays
  • Deux policiers, un ranger (paramilitaire) et un agent d'entretien sont morts dans l'attaque, selon des responsables

KARACHI: Les talibans pakistanais ont mis en garde samedi contre de nouvelles attaques visant les forces de l'ordre au lendemain de celle revendiquée contre un bâtiment de la police, à Karachi, qui a fait quatre morts.

"Les policiers doivent se tenir à l'écart de notre guerre contre l'armée (...) sinon les attaques contre les lieux abritant des hauts responsables de la police se poursuivront", a déclaré samedi le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) dans un communiqué, en anglais.

"Nous voulons avertir une fois de plus les agences de sécurité de cesser de martyriser des prisonniers innocents lors de faux affrontements, sinon l'intensité des futures attaques sera plus forte", poursuit-il.

Le TTP a revendiqué l'assaut commis vendredi contre des policiers à Karachi, intervenu moins de trois semaines après un attentat suicide dans une mosquée située à l'intérieur d'un bâtiment de la police de Peshawar (nord-ouest) qui a tué plus de 80 agents.

"Des moujahidines ont attaqué le bureau de la police de Karachi", a déclaré sans plus de détails un porte-parole du TTP, dans un message WhatsApp transmis à l'AFP.

Vendredi soir, un commando suicide taliban s'est emparé du tentaculaire complexe de la police de Karachi, capitale économique et financière du sud du pays.

Deux policiers, un ranger (paramilitaire) et un agent d'entretien sont morts dans l'attaque, selon des responsables.

Bataille féroce 

Pendant plus de trois heures, de violents échanges de coups de feu et des explosions de grenades ont été entendus, avant que les forces de sécurité ne parviennent à reprendre le contrôle de l'immeuble, l'attaque se soldant par la mort des assaillants.

Les cages d'escalier criblées de balles témoignent de la féroce bataille armée qui s'y est déroulée.

Le complexe, étroitement surveillé, qui est situé au cœur de la ville, abrite des dizaines de bâtiments administratifs et résidentiels ainsi que des centaines d'officiers et leurs familles.

Le ministre de l'Intérieur, Rana Sanaullah, a déclaré à Samaa TV que les assaillants étaient entrés dans le complexe après avoir tiré une roquette sur la porte, puis se sont emparés du bâtiment principal de cinq étages et réfugiés sur le toit.

Au Pakistan, la police est souvent utilisée en première ligne dans la lutte contre les talibans et est fréquemment la cible des extrémistes qui l'accusent d'exécutions extrajudiciaires.

Le 30 janvier, plus de 80 policiers ont été tués lorsqu'un assaillant a déclenché sa veste explosive dans une mosquée située à l'intérieur d'un bâtiment de la police de Peshawar, dans le nord-ouest du pays.

L'attaque a suscité les critiques de certains jeunes officiers qui ont déclaré qu'ils devaient faire le travail de l'armée.

Le TTP, qui est distinct des talibans afghans mais partage une idéologie islamiste fondamentaliste, est apparu au Pakistan en 2007.

Il a tué en moins d'une décennie des dizaines de milliers de civils pakistanais et membres des forces de sécurité avant d'être chassé des zones tribales par une opération militaire lancée en 2014.

Mais les attaques - visant principalement les forces de sécurité - sont de nouveau en hausse depuis que les talibans afghans ont pris le contrôle de Kaboul en août 2021 et qu'un cessez-le-feu précaire de plusieurs mois entre le TTP et Islamabad a pris fin en novembre 2022.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif a promis d'éradiquer la violence. "Le Pakistan ne se contentera pas de déraciner le terrorisme, il tuera les terroristes en les traduisant en justice", a-t-il tweeté vendredi.

"Cette grande nation est déterminée à mettre fin à ce mal pour toujours", a-t-il ajouté.

Condamnant l'attaque, le porte-parole du département d'État, Ned Price, a déclaré que les États-Unis se tenaient "fermement aux côtés du peuple pakistanais face à cette attaque terroriste. La violence n'est pas la réponse, et elle doit cesser".

L'attaque du 30 janvier dans les locaux de la police de Peshawar a été imputée à un groupe affilié aux talibans pakistanais.

Les provinces du pays ont annoncé qu'elles étaient en état d'alerte après cette attaque, avec des points de contrôle renforcés et des forces de sécurité supplémentaires déployées.

"Il y a une menace générale dans tout le pays, mais il n'y avait pas de menace spécifique à cet endroit", a déclaré le ministre de l'Intérieur, M. Sanaullah, au sujet de l'attentat de vendredi à Karachi.

Dans leur déclaration, les talibans ont qualifié le raid de "martyre béni" et ont prévenu qu'il y en aurait d'autres.

"Cette attaque est un message à toutes les agences de sécurité anti-islamiques du Pakistan... l'armée et la police seront prises pour cible dans chaque endroit important jusqu'à ce que la voie de la mise en œuvre du système islamique dans le pays soit ouverte", ont-ils déclaré.


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
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  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.