A Antakya après le séisme, quand il faut tout laisser derrière soi

L'opticien turc Cuneyt Eroglu, 45 ans, réagit alors qu'il se tient devant son magasin à Antakya, le 18 février 2023. Un séisme de magnitude 7,8 a frappé près de Gaziantep, en Turquie, aux premières heures du 6 février, suivi d'une autre secousse de magnitude 7,5 juste après midi. (AFP).
L'opticien turc Cuneyt Eroglu, 45 ans, réagit alors qu'il se tient devant son magasin à Antakya, le 18 février 2023. Un séisme de magnitude 7,8 a frappé près de Gaziantep, en Turquie, aux premières heures du 6 février, suivi d'une autre secousse de magnitude 7,5 juste après midi. (AFP).
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Publié le Dimanche 19 février 2023

A Antakya après le séisme, quand il faut tout laisser derrière soi

  • La maison de Bilal est toujours debout, mais est-elle assez fiable pour y demeurer? Avec sa femme et ses deux filles, il a trouvé refuge sous les orangers qui jouxtent leur propriété
  • Comme lui, des millions des personnes dont les localités ont été touchées mais les maisons épargnées sont confrontées à ce dilemme: faut-il tenter de rentrer chez soi ou partir s'installer ailleurs

ANTAKYA : Bilal Jawir termine d'entasser les affaires de la famille dans la camionnette, prêt à quitter Antakya, sa ville effondrée par le violent séisme du 6 février.

"Nous n'avons pas de travail, pas de vie, comment pourrions-nous revenir vivre ici?" lâche-t-il. "Ca fait mal au cœur".

La maison de Bilal est toujours debout, mais est-elle assez fiable pour y demeurer? Avec sa femme et ses deux filles, il a trouvé refuge sous les orangers qui jouxtent leur propriété.

Comme lui, des millions des personnes dont les localités ont été touchées mais les maisons épargnées sont confrontées à ce dilemme: faut-il tenter de rentrer chez soi ou partir s'installer ailleurs.

Plus de 44 000 personnes ont trouvé la mort dans cette catastrophe qui a frappé le sud de la Turquie et la Syrie.

"C'est dur de partir, on a énormément de souvenirs ici, mes filles sont nées ici, on s'est marié ici", soupire cet ouvrier du bâtiment en arrimant solidement son chargement.

Bilal Jawir va se rendre chez son oncle Hadi, 63 ans, à Adana, à moins de 200 km plus au nord, épargnée par la secousse de 7,8.

'Rien à sauver'

Dans la rue, ses voisins se préparent à faire de même. Adnan et sa fille Dilay chargent de gros sacs de vêtements à bord du pick-up.

"Nous n'avons aucune idée de ce qu'il adviendra de la maison, si elle sera détruite", indique Adnan qui refuse de donner son nom complet.

Comme la famille Jawir, il refuse de spéculer sur la solidité de son immeuble et des fondations.

Contemplant sa cuisine, la mère de Dilay se lamentent sur les verres et la vaisselle cassée qui jonchent le sol. "Je n'ai plus rien à sauver ici", dit-elle.

Réveillés par la secousse qui a frappé à 4H00 du matin, la famille s'est jetée au dehors en pyjama. Elle va maintenant emménager dans un appartement à  Mersin, sur la côte, à 270 kilomètres d'Antakya.

Une rue plus loin, une voiture blanche a été complètement aplatie par les chutes des bâtiment tout autour et se retrouve ensevelie sous les décombres et les derniers restes de vie quotidienne.

Au milieu du désastre, certains ne perdent toutefois pas le sens des affaires.

Ainsi, un conducteur d'engin élévateur, accouru du nord de la ville, indique à l'AFP qu'il a relevé ses tarifs à 75 euros de l'heure et facture 47 euros par déménageur et par camion, pendant que sa plate-forme, hissée jusqu'au cinquième étage, redescend un tapis, des cadres de photos et un batteur de cuisine manuel.

"Nous avons augmenté nos prix à cause du danger", justifie l'entrepreneur qui se garde de donner son nom.

'Nous reconstruirons'

Dans la vieille ville, l'opticien Cuneyt Eroglu, 45 ans, dont la famille s'est sortie saine et sauve du séisme, fouille le chaos de sa boutique et tente d'en rire.

"Madame Hacer, si vous m'entendez, vos lunettes sont prêtes" dit-il en mettant de côté les paquets sortis de la poussière qui enveloppe le bâtiment de pierre de l'époque ottomane.

"On va rester vivre ici" affirme-t-il, en racontant qu'avoir retrouvé son diplôme du lycée lui a procuré ue vraie joie.

Contrairement à de nombreuses autres artères, la rue devant sa boutique a été déblayée des murs effondrés et fers à béton tordus qui l'encombraient.

Pour le moment M. Eroglu et les siens vivent sous une tente dans un village proche d'Antakya.

"Partir c'est facile, mais rester, c'est important" tranche-t-il. "Moi je veux vivre ici pour le restant de mes jours".

"Après tout, cette ville a été détruite dix-sept fois dans son histoire, nous la construirons une dix-huitième".


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

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  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".