«La France c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère»

L'humoriste français Jamel Debbouze sur scène (Photo, AFP)
L'humoriste français Jamel Debbouze sur scène (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 30 novembre 2020

«La France c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère»

  • En 1998, Jamel fait des sketches à la télévision et rejoint ensuite le casting de la série culte H, avec Éric et Ramzy
  • Jamel est arabe de France avant tout, et fier de l’être

Sa mère, sa source d’inspiration. Elle accompagne d’ailleurs souvent son fils, l’humoriste Jamel Debbouze, au spectacle. «Elle ne quitte pas complètement l'arabe», confie-t-il. «Vingt-cinq ans qu'elle est en France, et elle garde l'accent! Mettre du henné, porter la djellaba, parler arabe, c'est ce qui lui reste du Maroc», explique-t-il. 

Français et Marocain, musulman et républicain, Jamel grandit à Trappes, dans la région Île-de-France. 

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Sa bonne humeur explosive et lui s’invitent souvent dans le top 50 des personnalités préférées des Français, réalisé par l'Ifop pour le Journal du dimanche (Photo, AFP)

Un parcours exceptionnel

Il débute sa carrière sur Radionova où il invite un ami de son quartier, l’acteur français Omar Sy, qui se fait alors passer pour un footballeur professionnel. À partir de là, les événements se précipitent. En 1998, Jamel fait des sketches à la télévision et rejoint ensuite le casting de la série culte H, avec Éric et Ramzy. Les épisodes sont aujourd’hui disponibles sur la plate-forme de streaming Netflix.

Il connaît le succès au cinéma avec Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre en 2002, devenu un classique du genre pour les amateurs du grand écran. 

Jamel sait tout faire. Ses spectacles sillonnent la France et passent même de l’autre côté de l’Atlantique. À travers son Jamel Comedy Club, créé en 2008, il a pour objectif de donner leur chance à de jeunes artistes issus de milieux différents.

 En 2010, Jamel lance le «Marrakech du rire» qui réunit les têtes d'affiche de l'humour ainsi que des jeunes talents.

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Dans son spectacle Tout sur Jamel, l'acteur et humoriste parle de sa femme, Mélissa Theuriau, et de leur union (Photo, AFP)

Multiculture

Aîné d’une fratrie de six enfants, il est très réservé quand il s’agit de parler de sa foi. Lors de la marche républicaine du 11 janvier 2015 pour défendre la France et ses valeurs fondamentales, Jamel a déclaré être fier d'être «Français, musulman, artiste, et marié à une chrétienne».

Le pays «de la différence, de la multiculture, de l'amour, de la tolérance, de la paix, un pays avec des valeurs nobles», c’est ce que la France représente pour lui. «La France, c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère» ajoute-t-il. Une phrase choc dont il a d’ailleurs soigneusement choisi les termes. 

«La France n'est pas raciste»

Jamel Debbouze

Dans son spectacle Tout sur Jamel, l'acteur et humoriste parle de sa femme, Mélissa Theuriau, et de leur union. Union de deux cultures, de deux religions, de deux traditions. Il raconte le mariage, la tradition musulmane au Maroc, et met l’accent sur cette union mixte, riche de d’enseignement dans un monde de préjugés.

Néanmoins, dans tous les thèmes qu’il aborde, il ne rate pas une occasion de projeter ses spectateurs dans un univers qui lui ressemble, peuplé d’images plus positives de la France. On retiendra surtout son admiration pour le joueur de foot d’origine algérienne, Zinédine «zimzim zimdane» Zidane, ainsi que ses expressions arabes telles que «hamdoullah, comme on dit chez moi» («grâce à Dieu»). 

Jamel est arabe de France avant tout, et fier de l’être. Il n'a pas oublié d'où il vient. À ses enfants, Léon et Lila, il ne manque pas de transmettre toute la richesse de leur double culture. «Ma mère veut apprendre l'arabe à nos enfants», précise-t-il lors d’une interview.

Nombreux sont ceux qui s’identifient à l’enfant de Trappes, lui qui, en vingt ans, a bouleversé l’image des Arabes en France. 

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On retiendra surtout son admiration pour le joueur de foot d’origine algérienne, Zinédine «zimzim zimdane» Zidane (Photo, AFP)

Intégration

Entre la scène, la télévision et le cinéma, Jamel a conquis le cœur des Français. Sa bonne humeur explosive et lui s’invitent souvent dans le top 50 des personnalités préférées des Français, réalisé par l'Ifop pour le Journal du dimanche

De quoi faire des cauchemars de désocialisation et de marginalisation. «La France n'est pas raciste», assure Jamel Debbouze, à l'affiche du film La Marche.

Mais alors l'intégration, ça marche ou pas? «Dis-moi pas que c'est pas vrai!».

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Ces portraits ont été choisis et rédigés pour mettre l’accent sur des parcours remarquables de citoyens français d’origine arabe dans le cadre de l’enquête Arab News en Français / YouGov intitulée «Comprendre la minorité marginalisée de France». Quelques exemples parmi des dizaines de milliers qui viennent prouver que l’ampleur d’un débat stigmatisant souvent surchargé de préjugés ne change rien au fait qu’un brassage de cultures peut servir d’outil enrichissant pour une meilleure intégration.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.


Le décès de Loana pourrait être dû à une chute, selon le parquet

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours. (AFP)
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  • Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies
  • "A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur

NICE: Le décès de Loana, première vedette de la télé-réalité en France, retrouvée morte mercredi à son domicile à Nice, pourrait être dû à une chute, sans intervention d'un tiers, a annoncé jeudi le procureur de Nice, Damien Martinelli.

Agée de 48 ans, l'ex-star a été retrouvée sans vie mercredi vers 18h à son domicile près de la gare de Nice par les pompiers, prévenus par un voisin inquiet de ne plus la voir depuis plusieurs jours.

La porte de l'appartement étant fermée à clé de l'intérieur, les pompiers sont entrés par une fenêtre. Loana était "manifestement décédée depuis plusieurs jours", et son chien a également été retrouvé mort, selon le communiqué du procureur.

Une plaie à l'arrière du crâne et des ecchymoses dans la région lombaire laissent envisager que le décès puisse être lié à une chute en arrière.

Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée à la police judiciaire, et le corps a été transporté à l'institut médico-légal en vue d'une autopsie et d'analyses toxicologiques et de recherches d'éventuelles pathologies.

"A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d'envisager l'intervention d'un tiers en lien avec le décès", a ajouté le procureur.

La France avait découvert Loana Petrucciani (de son nom complet) en avril 2001 lorsqu'elle a vécu avec d'autres anonymes dix semaines durant 24 heures sur 24 sous l'oeil des caméras de M6.

Le succès du "Loft" a été immédiat et phénoménal et l'émission, considérée comme culte, a inspiré une série pour la plateforme de streaming d'Amazon, Prime Video, en 2024.

Mais Loana a quitté peu à peu le monde du show business et entamé un long déclin personnel, entre violences subies, problèmes de santé, tentatives de suicide, overdoses et épisodes psychiatriques.

"On peut dire que nous avons vécu un conte de fées. Une vie que jamais nous n'aurions osé imaginer. Un rêve éveillé, intense. Et puis, je t'ai vue tomber, te redresser, te battre, lutter, céder... Tu as tout donné, jusqu'au bout", a témoigné sur Instagram le chroniqueur Steevy Boulay, autre "lofteur" de la première édition.