Les Palestiniens consternés par la réaction «timide» face aux meurtres de Naplouse

Une grève générale a été décidée dans les territoires palestiniens jeudi, en signe de deuil, après la mort de onze Palestiniens tués par les forces armées israéliennes lors de l’opération de Naplouse. (Photo AN/Mohammed Najib)
Une grève générale a été décidée dans les territoires palestiniens jeudi, en signe de deuil, après la mort de onze Palestiniens tués par les forces armées israéliennes lors de l’opération de Naplouse. (Photo AN/Mohammed Najib)
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Publié le Samedi 25 février 2023

Les Palestiniens consternés par la réaction «timide» face aux meurtres de Naplouse

  • Le ministre affirme que les ambassadeurs devraient exiger des réponses mondiales et des mesures efficaces afin qu’Israël cesse son agression généralisée contre les Palestiniens
  • Le ministre Ibrahim Melhem, porte-parole du gouvernement palestinien, déclare à Arab News que d’autres meurtres seraient inévitables tant que les Israéliens continueront d’agir avec un sentiment d’impunité

RAMALLAH: Le ministère palestinien des Affaires étrangères a exprimé son profond mécontentement face à la faible réaction internationale à ce qu’il a décrit comme un «massacre odieux» perpétré par le gouvernement israélien et son armée à Naplouse mercredi.

Une grève générale a été décidée dans les territoires palestiniens jeudi, en signe de deuil, après la mort de onze Palestiniens tués par les forces armées israéliennes lors de l’opération de Naplouse.

Le ministère des Affaires étrangères a qualifié la réponse internationale de «réactions et déclarations timides et faibles» et de «formules générales répétitives et routinières».

Le ministre des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, a chargé les ambassadeurs de l’Autorité palestinienne de s’adresser d’urgence aux ministères des Affaires étrangères, aux centres de décision et à l’opinion publique des pays hôtes et de l’Organisation des nations unies (ONU) pour exercer la plus grande pression internationale possible sur le gouvernement israélien afin qu’il mette fin à ses mesures unilatérales illégales.

M. Al-Maliki affirme que les ambassadeurs devraient exiger des réponses mondiales et des mesures efficaces afin qu’Israël cesse son agression généralisée contre les Palestiniens.

La grève de jeudi a entraîné la fermeture des magasins, des écoles et des banques, tandis que certaines rues principales des villes de Cisjordanie étaient vides.

La grève initiée par les forces palestiniennes s’est étendue à Jérusalem-Est et à la bande de Gaza.

Les forces palestiniennes ont appelé à des manifestations et à la résistance contre les forces armées israéliennes en Cisjordanie pour condamner fermement les massacres de Naplouse.

Les forces armées et de police israéliennes ont renforcé l’état d'alerte et de préparation aux représailles palestiniennes contre des cibles israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem.

Par ailleurs, l’Autorité palestinienne a renouvelé sa volonté de poursuivre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le ministre Ibrahim Melhem, porte-parole du gouvernement palestinien, déclare à Arab News que d’autres meurtres seraient inévitables tant que les Israéliens continueront d’agir avec un sentiment d’impunité.

Les États-Unis et l’ONU doivent intervenir immédiatement pour mettre fin aux assassinats ciblés de Palestiniens par Israël, insiste-t-il.

L’éminent analyste politique palestinien Ghassan al-Khatib indique à Arab News que le nombre de victimes palestiniennes et le moment choisi pour l’opération mettent l’Autorité palestinienne dans un grand embarras, en particulier après avoir reporté la soumission d’un projet au Conseil de sécurité de l’ONU contre Israël en réponse à la pression et à la médiation américaines.

Les résultats de l’opération militaire israélienne à Naplouse ont porté atteinte au statut et à la crédibilité de l’Autorité palestinienne aux yeux des Palestiniens, déclare M. Al-Khatib.

«Il semble évident qu’Israël ne se soucie nullement de l’Autorité palestinienne et ne tient pas compte de sa présence ou de son absence sur le terrain lorsque le pays décide de mener des opérations militaires en Cisjordanie», explique-t-il à Arab News.


Il accuse la coalition dirigée par le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, de tenter d’exporter ses crises internes en créant une autre arène de conflit dans laquelle elle pourrait remporter des victoires.

M. Netanyahou considère manifestement que le fait de tuer des Palestiniens ainsi que d’affaiblir et d’embarrasser l’Autorité palestinienne est la meilleure façon d’y parvenir, précise-t-il.

Esmat Mansour, un expert palestinien des affaires israéliennes, déclare à Arab News que le gouvernement israélien assène constamment des coups à l’Autorité palestinienne, malgré les efforts de médiation et d’accords sous l’égide des États-Unis.

«Benjamin Netanyahou essaie de faire passer un message clair: tout accord doit permettre à l’armée israélienne de faire ce que bon lui semble à tout moment et en tout lieu, et les Palestiniens sont la seule partie qui doit respecter les accords, pas Israël», ajoute M. Mansour.

La situation en Cisjordanie est devenue compliquée, souligne-t-il à Arab News.

La marge de manœuvre de l’Autorité palestinienne est inexistante après ce qui s’est passé à Naplouse mercredi, poursuit Esmat Mansour.

Il affirme que l’armée israélienne était consciente que ses offensives à Naplouse occasionneraient de lourdes pertes aux Palestiniens.

«Mais tant que les pertes sont uniquement du côté palestinien, l’armée israélienne considère leurs effets secondaires comme quelque chose de normal et d'attendu.»

Hazem Qassem, le porte-parole du Hamas, indique que «la vaillante résistance dans la bande de Gaza sera toujours présente pour défendre notre peuple et lui servir de bouclier».

M. Qassem soutient que le mouvement surveille chaque détail des crimes israéliens contre le peuple palestinien, ajoutant que sa patience était à bout.

Tarik Selmi, porte-parole du mouvement Djihad islamique, souligne: «Notre peuple a le droit de se défendre et de défendre sa terre. Il a le droit de faire face à l’agression et à la terreur de l’occupation.»

M. Selmi avertit que la situation pourrait exploser et conduire à une escalade si l’occupation ne mettait pas fin à ses agressions.

Des responsables palestiniens ont déclaré que près de cinq cents personnes avaient été blessées lors du raid israélien.

«Nos équipes ont soigné quatre cent quatre-vingt-huit blessés lors de l’invasion de Naplouse par les forces d’occupation. Cent trois blessés par balles réelles ont été transportés dans les hôpitaux de Naplouse», informe le Croissant-Rouge palestinien.

D’autres blessures ont été provoquées par l’inhalation de gaz lacrymogène et des éclats d’obus.

Le ministère palestinien de la Santé a confirmé ces statistiques.

Le raid, qui, selon les Forces de défense israéliennes, visait trois militants, a fait au moins onze morts palestiniens, ont indiqué des responsables palestiniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'accord sur le Liban est un "premier pas" vers la restauration de sa souveraineté, dit le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
  • Le président libanais Joseph Aoun a qualifié l'accord-cadre signé avec Israël de « première étape » vers le rétablissement de la pleine souveraineté du Liban
  • Il a affirmé son engagement à mettre fin à toute occupation, à obtenir la libération des prisonniers et à garantir un Liban sans subordination ni tutelle

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré vendredi que l'accord cadre signé avec Israël était "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté de son pays sans "occupation", "subordination" ni "tutelle".

"L'accord-cadre signé aujourd'hui est une première étape" qui doit permettre aux Libanais "de revenir sur leurs terres entièrement libérées et dans leurs maisons qui seront assurément reconstruites (...) sous la souveraineté de l'Etat libanais, qui n'a aucun partenaire dans l'exercice de sa souveraineté sur sa terre et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué de la présidence.

"Nous jurons de continuer à oeuvrer jusqu'à ce que cela soit accompli. Il n'y aura plus d'occupation, de prisonniers, de subordination ni de tutelle", a-t-il promis.


Accord-cadre entre Liban et Israël, qui laisse deux "zones pilotes" à l'armée libanaise

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio assiste à la signature d'un accord-cadre entre Israël et le Liban par le conseiller du département d'État Daniel Holler, l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis Yechiel Leiter et l'ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh, au département d'État à Washington. (Reuters)
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio assiste à la signature d'un accord-cadre entre Israël et le Liban par le conseiller du département d'État Daniel Holler, l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis Yechiel Leiter et l'ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh, au département d'État à Washington. (Reuters)
  • Israël, le Liban et les États-Unis ont signé un accord-cadre pour avancer vers une paix durable, incluant le désarmement progressif du Hezbollah
  • Israël maintiendra ses troupes dans le sud du Liban jusqu'au désarmement du Hezbollah, tandis que Washington promet un soutien humanitaire et sécuritaire

WASHINGTON: Israël, le Liban et les Etats-Unis ont signé vendredi à Washington un accord-cadre visant à trouver "une paix durable" entre les deux pays du Proche-Orient, Israël assurant que son armée resterait au Liban jusqu'au désarmement du Hezbollah pro-iranien.

"Nous sommes heureux d'annoncer un accord-cadre entre le gouvernement souverain du Liban et le gouvernement d'Israël, avec la médiation et le soutien des Etats-Unis", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio avant la signature.

Ce texte pose la première pierre d'"un cadre pour une paix et une sécurité durables", a-t-il estimé.

Il s'agit d'un "premier pas" vers la restauration de la souveraineté du Liban, sans "occupation", "subordination", ni "tutelle", a déclaré de son côté le président libanais Joseph Aoun.

Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a lui estimé que le texte faisait courir un risque de "guerre civile" en cas d'application par les autorités libanaises.

L'un des points clés est le "désarmement vérifié des groupes armés non étatiques et du démantèlement des infrastructures qui leur sont associées", dont le Hezbollah pro-Téhéran qui s'est toujours opposé aux négociations.

Après l'annonce de l'accord, des partisans du mouvement ont manifesté dans les rues de Beyrouth, notamment dans les quartiers proches du Parlement et le long d'une route menant à l'aéroport, et ont bloqué au moins une route avec des pneus enflammés, selon l'ANI, une agence officielle.

Un correspondant de l'AFP a également vu des postes de contrôle temporaires de l'armée libanaise être mis en place dans plusieurs rues.

- "Zones pilotes" -

Le Liban et Israël avaient entamé mi-avril des discussions directes à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays techniquement toujours en état de guerre. Cette session de pourparlers était la cinquième.

L'accord-cadre prévoit notamment de confier progressivement à l'armée libanaise le contrôle de deux "zones pilotes", qui ont vocation à se multiplier jusqu'à ce que les forces étatiques aient la main sur tous les secteurs concernés, devant y permettre à terme le retour des civils.

L'une des deux premières zones est située au sud et l'autre au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Le retrait israélien devrait être limité puisque Benjamin Netanyahu a répété que son armée resterait dans le sud du Liban jusqu'à ce que le Hezbollah "soit désarmé".

La disparition de cette menace" éliminera toute nécessité future d'une intervention militaire ou d'une présence des Forces de défense d'Israël au Liban", et "le gouvernement israélien déclare n'avoir aucune ambition territoriale au Liban", dispose ainsi l'accord.

- "Début du début" -

A Washington, Marco Rubio a décrit le texte comme "le début du début". Il a annoncé dans un communiqué une "aide humanitaire immédiate de 100 millions de dollars, en coordination avec les Nations unies", ainsi qu'un versement de "plus de 30 millions de dollars" aux Forces armées libanaises "en faveur d'une paix durable au Liban".

Le chef de l'aide humanitaire à l'ONU, Tom Fletcher, a ainsi plaidé pour un accès "sûr, continu et libre" des organisations aux personnes dans le besoin, un déminage et la réparation prioritaire des infrastructures essentielles.

Selon l'accord-cadre, les Etats-Unis soutiendront plus généralement le gouvernement libanais pour la reconstruction du pays, la relance économique et les "perspectives de prospérité". De son côté, Beyrouth s'engage à s'assurer que les fonds n'atterrissent pas entre les mains de groupes armés et d'entités liées.

Les hostilités sur le front libanais ont repris début mars après des tirs du Hezbollah pro-iranien vers Israël, déclenchés en soutien à Téhéran visé par une offensive militaire israélo-américaine.

L'armée israélienne a mené de vastes frappes aériennes au Liban et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4.200 morts selon les autorités libanaises. Elle occupe une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de sa frontière, censée protéger les habitants du nord d'Israël.

Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée mais les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont largement diminué depuis la signature mi-juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran ayant exigé qu'une cessation des combats au Liban en fasse partie.


Le président libanais salue les efforts de Paris et Rome pour former une coalition succédant à la Finul

Photo prise près de la frontière israélo-libanaise montrant un véhicule blindé de la Finul circulant devant des bâtiments détruits dans le sud du Liban, le 22 juin 2026. (AFP)
Photo prise près de la frontière israélo-libanaise montrant un véhicule blindé de la Finul circulant devant des bâtiments détruits dans le sud du Liban, le 22 juin 2026. (AFP)
  • Le Liban soutient le projet franco-italien de coalition multinationale pour remplacer la Finul après 2026 et renforcer sa souveraineté
  • Les tensions persistent dans le sud malgré une accalmie, tandis que l'ONU défend le maintien d'une présence internationale

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a salué vendredi les efforts de la France et de l'Italie pour former une coalition multinationale appelée à succéder à la force de maintien de la paix de l'ONU dans son pays, dont le mandat expire fin 2026.

Sous pression américaine, le Conseil de sécurité de l'ONU avait décidé en août dernier de fixer à décembre la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Rome et Paris, importants contributeurs à cette mission, veulent préparer un relais.

Dans un communiqué, M. Aoun a qualifié cette initiative d'"expression sincère de l'engagement international en faveur du soutien à la souveraineté et à la stabilité du Liban, et une reconnaissance réelle du rôle joué par l'(armée libanaise) dans le maintien de la sécurité et l'extension de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble de son territoire", en particulier dans le sud du pays, actuellement occupé en partie par l'armée israélienne.

Le Liban, a-t-il ajouté, est disposé à adopter "toute formule internationale qui renforce les capacités de ses forces armées et préserve son intégrité territoriale".

Le président français Emmanuel Macron et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, ont annoncé jeudi vouloir mettre en place une "coalition" multinationale sous leur direction, pour renforcer la "souveraineté au Liban" et empêcher que le pays ne devienne "une base pour une escalade régionale".

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays.

Ils sont déployés dans le sud du Liban, le long de la Ligne bleue qui s'étend sur 120 kilomètres, traçant une frontière de facto entre le Liban et Israël.

Depuis le 2 mars, le conflit entre Israël et le mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah, fortement implanté dans cette région, a repris après l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

L'armée israélienne a entrepris son incursion militaire la plus profonde au Liban depuis l'an 2000.

Malgré une accalmie sur le terrain, les frappes israéliennes se sont poursuivies ces derniers jours, faisant au moins sept morts depuis mardi, selon les autorités libanaises.

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU.

Il a proposé trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme pour permettre notamment de surveiller le cessez-le-feu et soutenir les forces armées libanaises.