Le Sénat demande la reconnaissance de la République du Haut-Karabakh

Cette reconnaissance « n'est pas seulement un symbole c'est un devoir », a souligné Patrick Kanner (Photo,AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 26 novembre 2020

Le Sénat demande la reconnaissance de la République du Haut-Karabakh

  • Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a salué une « décision historique »
  • Christian Cambon (LR) y a vu un symbole de « l'amitié et de la solidarité » de la France avec le peuple arménien

PARIS : Le Sénat a demandé au gouvernement français, dans un texte voté mercredi, « la reconnaissance de la République du Haut-Karabakh », ou Nagorny Karabakh, région séparatiste d'Azerbaïdjan à majorité arménienne touchée par un conflit meurtrier cet automne.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a salué une « décision historique ». Le ministère des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan a en revanche dénoncé une « provocation, menée par un groupe de sénateurs ouvertement pro-arméniens ».

« Un exemple éclatant de l'islamophobie en France », a ajouté un conseiller en politique étrangère du président Ilham Aliyev, Hikmet Hajiyev.

Le projet de résolution du Sénat, qui n'a pas de valeur contraignante, a été voté par 305 voix pour, une seule contre et 30 abstentions. Il était co-signé par cinq des 8 présidents de groupe: Bruno Retailleau (LR), Hervé Marseille (centriste), Patrick Kanner (PS), Eliane Assassi (CRCE à majorité communiste) et Guillaume Gontard (écologiste).

Cette reconnaissance « n'est pas seulement un symbole c'est un devoir », a souligné Patrick Kanner, alors que le président de la commission des Affaires étrangères Christian Cambon (LR) y a vu un symbole de « l'amitié et de la solidarité » de la France avec le peuple arménien.  

Tout en partageant « les motivations » de la proposition de résolution, Alain Richard (RDPI à majorité en Marche) a jugé qu'une reconnaissance unilatérale, « dans cette région traversée de conflits, apparaît porteuse de difficultés supplémentaires ».

Selon le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne, elle ferait perdre à la France « toute capacité d'influence » et celle-ci « ne serait plus d'aucun secours pour ceux-là même auxquels vous voulez porter secours ».

L'Azerbaïdjan et l'Arménie s'accusent mutuellement de crimes de guerre durant les six semaines de combats meurtriers qui les ont opposé de fin septembre à début novembre pour le contrôle du Nagorny Karabakh.

Le texte voté au Sénat « condamne l'agression militaire de l'Azerbaïdjan, menée avec l'appui des autorités turques et de mercenaires étrangers et demande le retrait immédiat » de leurs forces armées des territoires pris depuis le 27 septembre dans la région du Haut-Karabakh.

Il « invite le gouvernement à reconnaître la République du Haut-Karabakh » et à « mettre tout en œuvre pour que des discussions en vue d'un règlement négocié et durable du conflit, assurant le rétablissement des frontières définies en 1994 (...) puissent reprendre sans délai dans le cadre du Groupe de Minsk ».

Il lui demande de défendre « la mise en œuvre immédiate de la protection des populations par le déploiement d'une force d'interposition internationale » et d' « apporter une aide humanitaire massive aux populations civiles ».

Le texte invite encore le gouvernement « à demander la conduite d'une enquête internationale sur les crimes de guerre commis au Haut-Karabakh » et « à tirer toutes les conséquences diplomatiques du rôle joué par les autorités turques ».

Bruno Retailleau, chef des sénateurs LR, a fustigé « la participation décisive et massive de la Turquie de M. Erdogan, au nom d'une politique nationale islamiste ».

D'autres collectivités, comme les villes de Paris et Marseille ou encore les régions PACA, Île-de-France et Hauts-de-France ont également voté des résolutions similaires.

Le ministre des Affaires étrangères du Karabakh, Masis Mayilyan, a exprimé sa « profonde gratitude aux sénateurs ».

Dans un communiqué, le Comité de défense de la cause arménienne a aussi salué ces résolutions, qui constituent « un désaveu cinglant de la stratégie opérée par le gouvernement français qui est désormais plus que jamais isolé dans sa posture criminelle et inefficace de neutralité », de « blanc-seing en faveur de l'extermination des Arméniens du Haut-Karabakh ».

Le président Emmanuel Macron a redit samedi son souhait d'une « supervision internationale » de l'accord signé le 10 novembre entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, parrainé par la Russie.

Les députés LREM et les sénateurs RDPI ont déposé parallèlement leur propre projet de résolution, appelant notamment « tous les acteurs régionaux, et surtout la Turquie, à s'abstenir de toute ingérence, déclaration ou action belliqueuse ».


Un jeune homme tué par arme à feu en banlieue de Toulouse

La police judiciaire de Toulouse, en charge de plusieurs affaires de règlements de comptes, a été saisie du dossier (Photo, AFP).
Short Url
  • Les faits se sont produits vers 01h45, les pompiers, rapidement sur place, n'ont pas pu réanimer la victime, ont-ils précisé
  • Ce responsable syndical réclame une nouvelle fois la «fin de l'impunité, peines sévères et dissuasives, respect de l'autorité»

TOULOUSE: Un homme âgé 26 ans a été tué par arme à feu dans la nuit de samedi à dimanche à Blagnac dans la banlieue de Toulouse, a-t-on appris auprès du SDIS 31.

Les faits se sont produits vers 01h45 sur une place de Blagnac, non loin de l'aéroport de Toulouse. Les pompiers, rapidement sur place, n'ont pas pu réanimer la victime, ont-ils précisé.

La police judiciaire de Toulouse, en charge de plusieurs affaires de règlements de comptes, a été saisie du dossier.

En 2020, plusieurs hommes ont été blessés par arme à feu à Toulouse dans des règlements de comptes sur fond de trafic de stupéfiants et cinq hommes sont morts, notamment dans le quartier des Izards, une cité du nord de Toulouse.

Une situation qui s'apparente de plus en plus aux pratiques marseillaises, selon les syndicats de police.

Pour Didier Martinez, le secrétaire régional du syndicat Unité SGP Police Occitanie il faut que «les responsables politiques et gouvernementaux prennent toute la mesure de la dérive de notre société». 

Ce responsable syndical réclame une nouvelle fois la «fin de l'impunité, peines sévères et dissuasives, respect de l'autorité».


Nouvelle-Calédonie: Lecornu pour un nouveau statut en cas de non au référendum sur l'indépendance

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu (Photo, AFP).
Short Url
  • Le 3e référendum sur l'indépendance de l’île devrait se tenir d'ici septembre 2022
  • «Si, par trois fois, la Nouvelle-Calédonie confirmait son souhait de rester française, il conviendrait alors de lui donner un nouveau statut dans la République», a affirmé le ministre

PARIS: Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu se dit favorable à un « nouveau statut » pour la Nouvelle-Calédonie en cas de non au 3e référendum sur l'indépendance qui devrait se tenir d'ici septembre 2022, dans une tribune publiée dans le JDD.

« Le statu quo n'est pas possible, ni politiquement, ni juridiquement, ni même économiquement », assure le ministre qui prévient que les conséquences d'une « indépendance sèche, sans préparation », seraient « désastreuses ».

« Si, par trois fois, la Nouvelle-Calédonie confirmait son souhait de rester française, il conviendrait alors de lui donner un nouveau statut dans la République », a affirmé le ministre alors que les deux branches de la coalition indépendantiste du FLNKS sont en conflit pour désigner le président du gouvernement collégial.

Ces dissensions interviennent alors que les indépendantistes sont majoritaires au gouvernement pour la première fois depuis le début de l'accord de Nouméa (1998) et que la Nouvelle-Calédonie est confrontée à une crise économique et budgétaire, en partie due aux déboires de la filière nickel.

« L'État a engagé, en janvier, une grande consultation de la société civile » pour répondre aux « aspirations profondes des Calédoniennes et des Calédoniens », rappelle Lecornu pour lequel « l'horloge continue de tourner et les prochains jours seront décisifs ». 

L'indépendance, « personne ne la réclame », estime le ministre selon lequel « les indépendantistes s'accordent à souhaiter un partenariat avec la France. Encore faudrait-il pouvoir en discuter. Ceux qui appellent à voter oui doivent expliquer leur vision de l'avenir à ceux qui appellent à voter non et, pour cela, revenir à la table des discussions », réclame le ministre.

Les deux premiers référendum, le 4 novembre 2018 et le 4 octobre 2020, ont été gagnés par les partisans de la France, mais leur score s'est tassé en deux ans de 56,7% à 53,3%.

L'explosif dossier de la reprise de l'usine métallurgique du groupe Brésilien Vale est à l'origine de la chute du gouvernement le 2 février, provoquée par la démission en bloc des cinq « ministres » indépendantistes.

Le FLNKS et les chefferies kanak s'opposent au rachat par un consortium comprenant le négociant en matières premières suisse, Trafigura.


Covid-19: hospitalisations stables, toujours sur un plateau élevé

Une soignante traite un patient atteint du virus dans un hôpital de Nice (Photo, AFP).
Short Url
  • Les hôpitaux français accueillaient 24 995 patients atteints par le coronavirus samedi, contre 25 130 la veille. Une semaine auparavant, ils étaient 25 269
  • La barre des 3 millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin sera bientôt franchie

PARIS: Le nombre de patients à l'hôpital pour cause de Covid-19 se maintenait autour des 25 000, dont quelque 3 400 en service de réanimation, selon les données hospitalières publiées samedi par Santé publique France, des chiffres stables par rapport à la veille.

Les hôpitaux français accueillaient 24 995 patients atteints par le coronavirus, contre 25 130 vendredi. Une semaine auparavant, ils étaient 25 269.