Deux Israéliens tués dans une attaque en Cisjordanie

Les forces de sécurité israéliennes se déploient dans la ville de Huwara en Cisjordanie occupée le 26 février 2023, suite à la mort de deux Israéliens lors d'une attaque par balles. (Photo, AFP)
Les forces de sécurité israéliennes se déploient dans la ville de Huwara en Cisjordanie occupée le 26 février 2023, suite à la mort de deux Israéliens lors d'une attaque par balles. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 27 février 2023

Deux Israéliens tués dans une attaque en Cisjordanie

  • Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967
  • Le Conseil régional Shomron a identifié les deux victimes comme étant deux frères, Hillel et Yagel Yaniv, habitants de la colonie de Har Bracha, proche du lieu de l'attaque, âgés respectivement de 22 et 20 ans

HUWARA: Deux jeunes Israéliens habitant une colonie juive en Cisjordanie occupée ont été tués par balles dimanche dans une attaque contre leur voiture, qualifiée d'"attentat terroriste palestinien" par le gouvernement israélien.

L'attaque survient au moment où une rencontre entre responsables palestiniens et israéliens s'est tenue dimanche en Jordanie pour tenter de mettre un terme à la spirale de violences observées depuis le début de l'année, après l'entrée en fonctions fin décembre du gouvernement formé par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu (droite), avec des alliés d'extrême droite et de formations juives ultraorthodoxes.

Elle s'est produite sur la route principale à Huwara, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, où un photographe de l'AFP a vu des  soldats israéliens déployés pour des opérations de recherche.

Sans revendiquer l'attaque, le groupe armé palestinien Jihad islamique l'a qualifiée d'"opération héroïque".

"Deux Israéliens ont été tués dans un attentat terroriste palestinien", peut-on lire dans un communiqué conjoint de M. Netanyahu et de son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. "Notre réponse au terrorisme est de le combattre avec force et de renforcer nos racines sur notre terre".

Avant cela, le Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge, avait déclaré à l'AFP que les deux jeunes Israéliens blessés à Huwara avaient succombé à leurs blessures.

L'armée israélienne a indiqué qu'un "terroriste (avait) ouvert le feu sur un véhicule israélien" et que des soldats avaient ensuite bouclé le secteur pour des opérations de recherche.

Le Conseil régional Shomron, qui gère les colonies juives dans cette zone, a identifié les victimes comme étant deux frères, Hallel et Yagel Yaniv, habitants de la colonie de Har Bracha, proche du lieu de l'attaque, âgés respectivement de 22 et 20 ans.

Des heurts entre colons et Palestiniens se déroulaient dans la soirée sur la route qui traverse Huwara, tentant d'incendier des maisons et appelant à la vengeance, selon les médias israéliens.

La Croix-Rouge palestinienne a annoncé que 98 personnes avaient été soignées dans ces incidents, la majorité de suffocation à la suite d'inhalation de gaz lacrymogène, alors que les services de secours israéliens faisaient état de trois blessés israéliens après des jets de pierres.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé au calme dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Je vous demande même si le sang est encore chaud et les esprits échauffés de ne pas faire justice vous-mêmes mais de laisser les forces de sécurité accomplir leur mission", a déclaré M. Netanayhu.

Le bureau du président  palestinien Mahmoud Abbas a publié un communiqué accusant Israël de "protéger les actes terroristes perpétrés par des colons" dans cette zone de Cisjordanie.

«Peine de mort»

Dans leur communiqué, MM. Netanyahu et Ben Gvir annoncent qu'un comité ministériel a voté en faveur d'une "proposition de loi ouvrant la possibilité pour un tribunal d'infliger la peine de mort aux terroristes", une loi controversée avant même sa promulgation.

Cette proposition est très controversée en Israël, où la peine de mort n'a été appliquée qu'une fois par la justice civile, à l'encontre du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, en 1962.

Orit Strock, ministre des Missions nationales et figure du mouvement des colons, a appelé sur Twitter "au retour immédiat de la délégation israélienne" participant à la rencontre d'Aqaba.

Dans un communiqué affirmant, comme d'autres groupes palestiniens, son opposition aux discussions en Jordanie, le Jihad islamique a qualifié l'attaque de Huwara de "message fort au sommet d'Aqaba pour dire que notre résistance est active".

Cette attaque survient dans un contexte de montée des violences, notamment dans le nord de la Cisjordanie, où l'armée multiplie depuis près d'un an ses opérations.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Mercredi, onze Palestiniens ont été tués à Naplouse dans le raid le plus meurtrier mené par l'armée israélienne en Cisjordanie depuis 2005 au moins.

Depuis le début de l'année, le conflit israélo-palestinien a coûté la vie à 62 Palestiniens (parmi lesquels des membres de groupes armés et des civils incluant des mineurs) et à onze civils (dont trois mineurs) et un policier israélien ainsi qu'une Ukrainienne, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de sources officielles israéliennes et palestiniennes.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.