Turquie: Des supporters de foot appellent à la démission du gouvernement

Les supporters de Besiktas, l'un des clubs majeurs du pays, sont réputés être plutôt proches de l'opposition (Photo, AFP).
Les supporters de Besiktas, l'un des clubs majeurs du pays, sont réputés être plutôt proches de l'opposition (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 27 février 2023

Turquie: Des supporters de foot appellent à la démission du gouvernement

  • «Gouvernement, démission!», ont scandé dimanche soir des milliers de supporters de l'équipe stambouliote
  • Tentant de faire taire les critiques, Ankara a temporairement bloqué l'accès à Twitter le 8 février

ANKARA: Des supporters de l'équipe de football turc Besiktas ont lancé dimanche à Istanbul un rare appel à la démission du gouvernement, rejoignant ceux du club de Fenerbahçe, près de trois semaines après le séisme dévastateur dans le sud-est de la Turquie.

"Gouvernement, démission!", ont scandé dimanche soir des milliers de supporters de l'équipe stambouliote de Besiktas dans le stade Inonu à l'occasion de la rencontre de championnat contre Antalyaspor.

Ils ont également lancé des peluches sur la pelouse en hommage aux enfants victimes du tremblement de terre du 6 février qui a fait plus de 44.000 morts en Turquie et touché aussi la Syrie voisine.

La veille, des supporters de Fenerbahçe avait chanté "Mensonges, tricheries, ça fait 20 ans, démission!" lors d'une rencontre contre Konyaspor.

Depuis le séisme d'une magnitude de 7,8, le gouvernement turc est vivement critiqué par l'opposition et des médias indépendants pour son manque de réaction durant les premiers jours dans des zones dévastées.

À l'approche des élections présidentielles et législatives prévues le 14 mai, la popularité du président turc Recep Tayyip Erdogan, déjà entamée par la crise économique, en pâtit encore un peu plus.

Le Croissant rouge turc critiqué pour avoir vendu des tentes

L'organisation d'aide humanitaire Croissant rouge turc a été vivement critiquée dimanche par l'opposition et des médias turcs pour avoir vendu et non pas donné des tentes pour des rescapés du séisme du 6 février qui a dévasté le sud-est de la Turquie.

Selon le quotidien Cumhuriyet qui a révélé cette affaire, le Croissant rouge turc a vendu 2.050 tentes destinées à des rescapés à l'ONG caritative Ahbap pour 46 millions de livres turques (2,4 millions de dollars).

Ces tentes ont été acheminées et installées dans les régions touchées par le séisme, a affirmé dimanche l'ONG sur Twitter.

Le président du Croissant rouge turc Kerem Kinik a confirmé sur Twitter que Kizilay Cadir, une filiale de son organisme chargée de la production des tentes, avait fourni à Ahbap des abris "au prix coûtant". "La coopération du Croissant Rouge avec Ahbap est morale, raisonnable et éthique", a affirmé M. Kinik.

Tentant de faire taire les critiques, Ankara a temporairement bloqué l'accès à Twitter le 8 février.

Le Haut conseil turc de l'audiovisuel (RTUK) a également sanctionné trois chaînes de télévision ayant critiqué le gouvernement.

"Le séisme ne détruit pas seulement les maisons, mais aussi l'empire de la peur. Même si on interdit Twitter ou les chaînes TV (...), des voix trouvent une faille et s'élèvent. Comme cela a été le cas dans les tribunes de Fenerbahçe", a estimé samedi un journaliste turc, Mustafa Hos, sur Twitter.

Les supporters de Besiktas, l'un des clubs d'Istanbul, sont réputés être plutôt proches de l'opposition.

Les appels ouverts à la démission des autorités sont rares en Turquie depuis le durcissement du pouvoir par le président Erdogan après la tentative de putsch contre lui en 2016.

"Alors que notre pays lutte contre la plus grande catastrophe du siècle, lancer des slogans de démission lors du match Fenerbahçe-Konyaspor est irresponsable et insensé", a réagi sur Twitter Devlet Bahceli, le leader du parti de l'Action nationaliste, partenaire de coalition du parti AKP de M. Erdogan.

M. Bahceli a même appelé les clubs à prendre "les mesures urgentes et nécessaires" pour que les matches soient joués sans supporters.


Le ministre saoudien des Affaires étrangères arrive au Caire pour rencontrer le président égyptien

 Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
Le prince Faisal bin Farhan, ministre saoudien des Affaires étrangères. (SPA)
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  • Le Prince Faisal bin Farhan discutera des développements régionaux avec les responsables égyptiens
  • Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne


LONDRES : Le prince Faisal ben Farhane, ministre saoudien des Affaires étrangères, est arrivé dimanche soir au Caire pour une visite officielle.

Il devrait rencontrer le président Abdel Fattah El-Sisi lundi et son homologue égyptien Badr Abdelatty, selon l'agence de presse saoudienne.

Le prince Fayçal discutera des moyens de renforcer les relations saoudo-égyptiennes dans divers secteurs, et les discussions porteront également sur les développements régionaux, a ajouté l'agence de presse saoudienne.


Soudan: plus de 100 morts dans des combats en une semaine au Darfour

Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales. (AFP)
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  • L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements
  • Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes

PORT-SOUDAN: Plus de 100 civils ont été tués en une semaine dans la province du Darfour-Nord, dans l'ouest du Soudan, où les combats entre l'armée et les paramilitaires se sont récemment intensifiés, ont indiqué dimanche à l'AFP deux sources médicales.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l'armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui contrôlent notamment les cinq capitales de la vaste région du Darfour.

Les FSR ont ensuite concentré leur offensive sur la région voisine du Kordofan mais des combats continuent sporadiquement au Darfour.

"51 civils ont été tués (samedi) dans des frappes de drones de l'armée sur el-Zurq", a indiqué une source médicale de l'hôpital de cette ville, précisant que l'attaque avait visé un marché et des zones civiles.

Cette ville de l'Etat du Darfour-Nord abrite la résidence de certains membres de la famille du général Mohamed Daglo, le chef des paramilitaires.

L'attaque a conduit à la mort des chefs militaires Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, selon un témoin qui a assisté aux enterrements.

Ce témoin qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le chef de l'administration locale, Bachir Barma Berkah, comptait également parmi les victimes.

Centrale électrique bombardée 

Une autre source médicale a fait état de 63 civils tués et 57 blessés à Kernoi dans des attaques attribuées cette fois aux FSR.

Située à environ 170 km à l'ouest d'El-Zurq, Kernoi est tenue par des forces alliées à l'armée.

Des sources locales ont indiqué que 17 personnes étaient également portées disparues à l'issue de ces attaques.

Depuis fin décembre, plus de 7.500 personnes ont fui les localités de Kernoi et la loclité proche d'Oum Barou, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Nombreux d'entres elles font partie de l'ethnie Zaghawa, ciblée par les FSR et dont certains membres ont combattu dans les rangs des forces alliées à l'armée.

Fin octobre, les FSR se sont emparées d'El-Facher, la dernière capitale du Darfour qui leur échappait encore, asseyant leur domination sur l'ensemble du Darfour. Elles ont alors été accusées par des ONG et témoins de nombreuses exactions.

Depuis, les paramilitaires ont mené des attaques près la frontière tchadienne où se trouve notamment Kernoi. Ils ont surtout dirigé leur offensive au Kordofan voisin, région centrale stratégique qui se trouve sur l'axe entre le Darfour et la capitale Khartoum, que l'armée a reprise en mars.

Les FSR encerclent notamment la ville d'el-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, où le courant a été coupé dimanche après une frappe de drone qui a visé sa centrale électrique, selon la compagnie d'électricité nationale.

"La centrale d'el-Obeid a été la cible à l'aube d'une attaque de drones qui a provoqué un incendie (...) entraînant l'interruption de l'alimentation électrique", a déclaré l'entreprise Soudan Electricité, précisant que la défense civile tentait de maîtriser l'incendie. Elle a imputé l'attaque à la "milice", en référence aux FSR.

Le 31 décembre, des forces alliées à l'armée avaient annoncé la reprise aux FSR de plusieurs villes situées au sud d'el-Obeid.

Selon une source militaire, cette progression pourrait ouvrir la route entre el-Obeid et Dilling", une ville assiégée par les FSR du Kordofan-Sud, tout comme la capitale Kadougli.

Depuis mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui les régions du Kordofan-Sud et Kordofan-Nord "en raison d'une recrudescence des violences", selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le conflit au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné des millions de personnes et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire au monde".

Les différentes tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué.

 


Liban: deux morts dans une frappe israélienne 

Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah. (AFP)
Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah. (AFP)
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  • Le ministère de la Santé libanais a précisé que les deux personnes avaient été tuées dans une "frappe de l'ennemi israélien sur leur véhicule" près de la ville de Jmaijmeh, à 10 kilomètres de la frontière avec Israël
  • L'armée israélienne a de son côté déclaré dans un communiqué avoir "frappé" un membre du Hezbollah dans la zone, "en réponse à la violation continue du cessez-le-feu par le Hezbollah", qu'elle accuse de se réarmer

BEYROUTH: Deux personnes ont été tuées dimanche dans un bombardement israélien sur le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises, Israël indiquant de son côté avoir visé un membre du Hezbollah.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le mouvement islamiste pro-iranien.

Le ministère de la Santé libanais a précisé que les deux personnes avaient été tuées dans une "frappe de l'ennemi israélien sur leur véhicule" près de la ville de Jmaijmeh, à 10 kilomètres de la frontière avec Israël.

L'armée israélienne a de son côté déclaré dans un communiqué avoir "frappé" un membre du Hezbollah dans la zone, "en réponse à la violation continue du cessez-le-feu par le Hezbollah", qu'elle accuse de se réarmer.

Sous forte pression américaine et la crainte d'une intensification des bombardements israéliens, Beyrouth s'est engagé à désarmer le Hezbollah, sorti très affaibli de la guerre meurtrière avec Israël.

L'armée libanaise s'était engagée à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 les structures militaires du Hezbollah - qui s'y oppose - entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Une réunion gouvernementale est prévue jeudi pour un point sur la situation. Une autre est aussi prévue dans la semaine du comité de surveillance du cessez-le-feu, qui comprend en plus du Liban et d'Israël, les Etats-Unis, la France et l'ONU.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a salué dimanche sur X les "efforts" du gouvernement et de l'armée libanaise, ajoutant toutefois qu'ils étaient "loin d'être suffisants".

Au moins 350 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les chiffres du ministère libanais de la Santé.