Liban: L'élection d'un nouveau président demeure une priorité, déclare Najib Mikati

Le Premier ministre libanais sortant, Najib Mikati (Photo, AFP).
Le Premier ministre libanais sortant, Najib Mikati (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 28 février 2023

Liban: L'élection d'un nouveau président demeure une priorité, déclare Najib Mikati

  • Le patriarche maronite Béchara Raï a fortement réprouvé «le refus du Parlement d'élire un président, en raison d’intérêts personnels et partisans»
  • Les ministres ont approuvé lundi une allocation couvrant des frais d’essence pour les enseignants

BEYROUTH: Le Premier ministre libanais sortant, Najib Mikati, a rappelé lundi aux ministres du gouvernement leur devoir «de faciliter les questions de base des citoyens et de maintenir le fonctionnement des établissements publics», alors que le gouvernement se réunissait pour la troisième fois dans un contexte d'échec persistant à élire un nouveau président.
Il a souligné le fait que «l'élection d'un nouveau président demeurait une priorité, car ceci marquerait le début du retour à la normalité des travaux publics et accorderait au pays une période de grâce pour se reconstruire».
La vacance présidentielle dure depuis la fin du mandat de Michel Aoun à la fin du mois d’octobre. La légitimité des réunions du cabinet a été rejetée par le parti chrétien maronite du Courant patriotique libre, au motif que celles-ci portaient atteinte à la fonction du président alors que ce poste est vacant.
Au cours de son sermon dominical, le patriarche maronite, Béchara Raï, a déclaré que tout portait à croire qu'il y aura «un vide présidentiel prolongé» et a évoqué un «danger menaçant la nationalité et l'entité libanaise» à la suite du «refus du Parlement d’élire un président en raison d’intérêts personnels et partisans».
Les membres du gouvernement ont approuvé une allocation de cinq litres d’essence aux enseignants des écoles publiques qui sont en grève depuis plus de deux mois, leurs salaires ne pouvant plus couvrir leurs frais de transport, vu la crise financière dans le pays et la dévaluation importante de la monnaie.
Ils ont approuvé une demande du Comité supérieur de secours de poursuivre l'évaluation des bâtiments endommagés ou inhabitables au Liban à la suite des tremblements de terre qui ont frappé la Syrie et la Turquie ce mois-ci, ainsi que d'autres facteurs naturels. Ils ont également alloué 100 milliards de livres libanaises (1,1 million d’euros) en indemnités de logement pour les occupants des bâtiments dont les commissions de contrôle ont recommandé l’évacuation.
En outre, les ministres ont approuvé un crédit de 50 millions de dollars (1 dollar = 0,94 euro), avec un taux d'intérêt de 4%, pour le paiement des dettes dues aux organisations internationales.
Cependant, le gouvernement n'a pas abordé la question de la prolongation du mandat du directeur de la Sécurité générale, le général Abbas Ibrahim, qui expire dans quelques jours. Les ministres sont d'avis qu'une telle décision nécessite l'adoption d'une loi, mais le Parlement actuel n'est qu'un organe électoral et n'a pas autorité à légiférer. Une solution légale de prolongation de mandat, outrepassant le gouvernement et le Parlement, est à l'étude, et permettrait de le reconduire dans le cadre de la loi de mobilisation des réserves.
De nombreux autres postes officiels et militaires deviendront vacants dans les semaines et mois à venir, dont le poste de gouverneur de la banque centrale en juillet. Le gouverneur actuel, Riad Salamé, qui fait face à des accusations de blanchiment d'argent et de corruption, a affirmé qu'il ne solliciterait pas un autre mandat.
Le ministre de l'Information, Ziad Makary, a affirmé que les membres du gouvernement n'avaient pas approuvé une «augmentation de l'allocation de transport du personnel militaire, dans l'attente d'une étude à mener par le ministère des Finances, de sorte que l'augmentation inclurait tous les travailleurs du secteur public».
Après la réunion, Mikati a déclaré que les efforts pour «soulager les souffrances des gens nécessitaient la coopération de tous. Au cours de la réunion, nous avons demandé de reporter certaines décisions pendant une courte période, car nous attendons de recevoir des chiffres précis et le volume des importations du ministère des Finances.»
«Je promets aux employés que nous suivrons les dossiers dans un délai maximum de deux semaines, afin de prendre les bonnes décisions, car nous ne pouvons pas accorder des allocations et des augmentations uniquement à certaines catégories, sans prendre en considération les militaires retraités ainsi que les autres retraités.»
Béchara al-Asmar, le chef de l'Union générale du travail au Liban, avait précédemment affirmé à Arab News que les niveaux de pauvreté dans le pays augmentaient, et que «si 30% des Libanais se trouvaient dans une pauvreté extrême en 2019, ce pourcentage augmentait de jour en jour en raison du fait que les gens perdaient leur emploi».
Il a ajouté: «Les institutions ferment leurs portes, la valeur de la monnaie libanaise ne cesse de se dégrader, le pouvoir d'achat baisse chaque jour, la classe moyenne se réduit, alors que 20% de la population vit sur une autre planète», en référence à l'élite fortunée du pays.
Par ailleurs, le serveur des archives de l'Agence nationale de presse, gérée par l'État, a été volé lundi dans un bâtiment du ministère de l'Information dans le quartier de Hamra, à Beyrouth. Il n'aurait pas été correctement sécurisé.
Le ministre de l'Information, Ziad Makary, a décrit le vol comme un crime à l’échelle nationale et a déclaré: «Le personnel du ministère a été surpris ce matin de trouver la porte de la pièce défoncée et le contenu volé. Des enquêtes sécuritaires et judiciaires ont été lancées immédiatement.»
Sur un autre plan, le service a repris lundi dans les banques libanaises après une grève de plus de deux semaines. Elles ont rouvert leurs portes après que le ministère de l'Intérieur a pris des mesures pour empêcher toute action judiciaire intentée contre elles par la procureure générale du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, qui enquête sur les délits financiers.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les alliés excluent un rôle naval dans le détroit d'Ormuz alors que Trump cherche une coalition

Des pétroliers sont ancrés à Mascate, à Oman, le 7 mars 2026, alors que l'Iran promet de fermer le détroit d'Ormuz, dans le cadre du conflit américano-israélien avec l'Iran. (Photo d'archives Reuters)
Des pétroliers sont ancrés à Mascate, à Oman, le 7 mars 2026, alors que l'Iran promet de fermer le détroit d'Ormuz, dans le cadre du conflit américano-israélien avec l'Iran. (Photo d'archives Reuters)
Short Url
  • M. Trump a déclaré que Washington avait contacté sept pays pour participer à l'effort naval, mais il ne les a pas identifiés
  • Dans un message publié sur les réseaux sociaux au cours du week-end, il a déclaré qu'il espérait que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne participeraient à l'opération

Le détroit d'Ormuz achemine environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, ce qui fait de toute perturbation un risque majeur pour les marchés mondiaux de l'énergie.
Le Japon, l'Australie et plusieurs alliés européens ont déclaré lundi qu'ils ne prévoyaient pas d'envoyer des navires de guerre pour escorter des bateaux dans le détroit d'Ormuz, après que le président américain Donald Trump a appelé ses partenaires à former une coalition pour rouvrir cette voie d'eau stratégique.

Cette demande intervient alors que la guerre américano-israélienne contre l'Iran entre dans sa troisième semaine, perturbant le trafic maritime et ébranlant les marchés mondiaux de l'énergie. M. Trump a fait valoir que les pays fortement dépendants du pétrole du Golfe devraient contribuer à sécuriser le détroit, par lequel transite environ 20 % de l'approvisionnement énergétique mondial.

"Je demande à ces pays de venir protéger leur propre territoire, car c'est leur territoire", a déclaré M. Trump aux journalistes à bord d'Air Force One, dimanche, alors qu'il se rendait de Floride à Washington. "C'est l'endroit d'où ils tirent leur énergie.

M. Trump a déclaré que Washington avait contacté sept pays pour participer à l'effort naval, mais il ne les a pas identifiés. Dans un message publié sur les réseaux sociaux au cours du week-end, il a déclaré qu'il espérait que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne participeraient à l'opération.

Cependant, plusieurs gouvernements se sont empressés lundi de prendre leurs distances avec tout déploiement militaire potentiel.

Le premier ministre japonais, Sanae Takaichi, a déclaré que Tokyo n'avait pas pris la décision d'envoyer des navires d'escorte, citant les contraintes de la constitution pacifiste du Japon.

"Nous n'avons pris aucune décision concernant l'envoi de navires d'escorte", a déclaré M. Takaichi au parlement.

L'Australie a également indiqué qu'elle ne fournirait pas de forces navales.

"Nous savons à quel point c'est important, mais ce n'est pas quelque chose qui nous a été demandé ou auquel nous contribuons", a déclaré Catherine King, ministre du gouvernement du Premier ministre Anthony Albanese, à la chaîne ABC.

Les gouvernements européens ont également fait part de leur réticence à participer à une nouvelle mission navale dans le Golfe.

Le premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré que la sécurisation du détroit d'Ormuz ne serait pas une mission de l'OTAN.

La Grèce a déclaré qu'elle ne participerait pas aux opérations militaires dans le détroit, le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, affirmant qu'Athènes ne contribuerait qu'à la mission navale de l'Union européenne Aspides en mer Rouge.

Le ministre de la défense, Boris Pistorius, a déclaré que l'extension de la mission Aspides de l'UE au détroit d'Ormuz nécessiterait un nouveau cadre juridique et un mandat parlementaire à Berlin.

Le porte-parole du gouvernement allemand a ajouté que l'on ne savait pas si Washington avait formulé une demande officielle d'assistance.

L'Italie a adopté un ton similaire, le ministre des affaires étrangères Antonio Tajani déclarant qu'il ne voyait pas de mission navale existante pouvant être étendue au détroit et soulignant que la diplomatie restait la réponse appropriée à la crise.

Une mission navale de l'UE à l'étude

Les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne devraient discuter des mesures possibles pour aider à protéger les routes maritimes dans la région, et notamment de la possibilité pour la mission navale de l'Union européenne en mer Rouge de jouer un rôle.

Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l'UE, a déclaré que l'extension de l'opération Aspides, lancée en 2024 pour protéger les navires commerciaux des attaques des Houthis du Yémen, pourrait être le moyen le plus rapide de renforcer la sécurité maritime.

"Il est dans notre intérêt de garder le détroit d'Ormuz ouvert, a déclaré Mme Kallas à des journalistes à Bruxelles.

Toutefois, des diplomates ont indiqué qu'il était peu probable que les États membres de l'UE élargissent immédiatement le mandat de la mission.

Aspides déploie actuellement trois navires de guerre français, grecs et italiens en mer Rouge.

Pression sur la Chine et ses alliés

M. Trump a également exhorté la Chine à rétablir le trafic maritime dans le détroit et a laissé entendre qu'il pourrait reporter une visite prévue à Pékin si le soutien n'était pas au rendez-vous.

"Je pense que la Chine devrait aussi aider parce qu'elle tire 90 % de son pétrole du détroit", a déclaré M. Trump au Financial Times. "Nous pourrions retarder notre visite".

Le ministère chinois des affaires étrangères n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

Bien que certains navires iraniens aient continué à emprunter la voie navigable et qu'un nombre limité de navires étrangers l'aient traversée, la majeure partie du trafic de pétroliers a été interrompue depuis que les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardement à grande échelle contre l'Iran le 28 février.


Le prince héritier saoudien et le président des Émirats arabes unis mettent en garde contre une escalade régionale dangereuse

Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman, à gauche, et le président des Émirats arabes unis Cheikh Mohamed bin Zayed Al-Nahyan. (AFP)
Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman, à gauche, et le président des Émirats arabes unis Cheikh Mohamed bin Zayed Al-Nahyan. (AFP)
Short Url
  • Les deux dirigeants ont affirmé que les pays du CCG ne ménageraient aucun effort pour défendre leurs territoires et mobiliser toutes les capacités disponibles pour préserver la stabilité régionale
  • Cet appel a eu lieu alors que l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a cherché à détourner la responsabilité de Téhéran

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et le président des Émirats arabes unis Mohamed bin Zayed Al-Nahyan se sont entretenus par téléphone lundi, condamnant la poursuite des attaques iraniennes contre les États du Golfe comme une escalade dangereuse menaçant la sécurité régionale, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

Les deux dirigeants ont affirmé que les pays du CCG ne ménageraient aucun effort pour défendre leurs territoires et mobiliser toutes les capacités disponibles pour préserver la stabilité régionale.

Cet appel a eu lieu alors que l'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a cherché à détourner la responsabilité de Téhéran, affirmant dans un billet X que "l'ennemi" - une référence aux États-Unis et à Israël - déployait des drones déguisés en drones Shahed de fabrication iranienne sous le nom de "drone Lucas".

M. Enayati a insisté sur le fait que l'Iran ne visait que les intérêts américains et israéliens dans la région, niant toute responsabilité dans les attaques contre les États du Golfe. Son message a suscité un scepticisme généralisé, les critiques soulignant que les dirigeants militaires iraniens avaient ouvertement menacé les pays du Golfe et que même les frappes visant les installations militaires américaines mettaient en danger les zones civiles avoisinantes.

Les autorités régionales affirment que des milliers de missiles et de drones iraniens ont été lancés en direction du Golfe depuis le début du conflit, fin février, frappant des aéroports, des ports, des infrastructures énergétiques et des zones civiles dans toute la région.

La semaine dernière, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution - soutenue par 13 de ses 15 membres et coparrainée par 135 pays - condamnant les attaques de l'Iran et exigeant l'arrêt immédiat des hostilités.


Israël dit avoir lancé des «opérations terrestres limitées» contre le Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban. (AFP)
Short Url
  • "Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone"
  • L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi avoir lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" contre le mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban.

"Ces derniers jours, des soldats israéliens de la 91e division ont commencé des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban, visant à renforcer la zone de défense avancée" en territoire libanais, le long de la frontière entre le nord d'Israël et le sud du Liban, a déclaré l'armée dans un communiqué.

"Ces activités s'inscrivent dans le cadre des efforts défensifs plus larges visant à établir et à renforcer une posture défensive avancée, qui comprend le démantèlement de l'infrastructure terroriste et l'élimination des terroristes opérant dans la zone, afin de (...) créer une couche supplémentaire de sécurité pour les habitants du nord d'Israël", ajoute le communiqué.

L'armée a précisé qu'avant l'entrée de ses soldats dans ce secteur, elle avait "mené des frappes d'artillerie et aériennes contre de nombreuses cibles terroristes".

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en riposte à l'assassinat du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février par une frappe israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en riposte des frappes aériennes massives sur le Liban, qui ont déjà fait 850 morts, tout en menant des incursions dans les zones frontalières du sud du Liban, assurant vouloir ainsi protéger les populations du nord d'Israël.

Lors du précédent conflit entre Israël et le Hezbollah, en 2023 et 2024, 60.000 habitants du nord d'Israël avaient été déplacés par les combats. Le gouvernement israélien a promis cette fois d'éviter de tels déplacements de population.