A Téhéran, rencontre probable entre le chef de l'AIEA et Raïssi

Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique Behrouz Kamalvandi accueille le chef de l'AIEA Rafael Grossi à Téhéran le 4 mars 2023. (AFP)
Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique Behrouz Kamalvandi accueille le chef de l'AIEA Rafael Grossi à Téhéran le 4 mars 2023. (AFP)
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Publié le Samedi 04 mars 2023

A Téhéran, rencontre probable entre le chef de l'AIEA et Raïssi

  • Arrivé vendredi pour une visite de deux jours, M. Grossi espère créer les conditions d'une coopération entre l'AIEA sur le dossier du nucléaire iranien
  • Une conférence de presse entre le patron de l'AIEA et Mohammad Eslami, directeur de l'OIEA, doit aussi se tenir samedi

TEHERAN: Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, devrait rencontrer samedi à Téhéran le président iranien Ebrahim Raïssi sur fond d'inquiétude concernant la découverte en Iran de particules d'uranium enrichi proches du niveau pour fabriquer une bombe atomique.

Arrivé vendredi pour une visite de deux jours, M. Grossi espère créer les conditions d'une coopération entre l'Iran et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le dossier du nucléaire iranien.

Une source diplomatique a affirmé à l'AFP à Vienne que le patron de l'AIEA rencontrerait M. Raïssi pour "relancer le dialogue" sur le dossier nucléaire iranien et "relancer la relation au plus haut niveau" entre l'Agence et la République islamique.

Une conférence de presse entre le patron de l'AIEA et Mohammad Eslami, directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), doit aussi se tenir samedi en journée.

Selon un rapport confidentiel de l'AIEA consulté mardi par l'AFP, des particules d'uranium enrichies à 83,7%, soit un peu moins des 90% nécessaires pour produire une bombe atomique, ont été détectées dans l'usine souterraine de Fordo, à une centaine de kilomètres au sud de la capitale Téhéran.

L'Iran, qui nie vouloir se doter de l'arme nucléaire, s'est justifié en faisant état "de fluctuations involontaires" au cours du processus d'enrichissement et en assurant "n'avoir pas fait de tentative pour enrichir au-delà de 60%".

La France a jugé jeudi qu'il s'agissait d'"un développement sans précédent et extrêmement grave".

M. Grossi tentera d'obtenir "un accès renforcé au site (de Fordo) et d'augmenter le nombre d'inspections" de l'AIEA permises par le gouvernement iranien, a précisé la source diplomatique.

La visite de M. Grossi est destinée à permettre des "rencontres de haut niveau sur invitation du gouvernement iranien", avait indiqué jeudi l'AIEA sur Twitter.

«Fenêtre de tir»

Un accord, connu sous l'acronyme de JCPOA et conclu en 2015 à Vienne entre Téhéran et les grandes puissances, devait limiter les activités nucléaires de l'Iran en échange d'une levée des sanctions internationales contre le pays.

Mais ce texte est moribond depuis le retrait des Etats-Unis décidé en 2018 par le président Donald Trump et la République islamique s'est dans la foulée progressivement affranchie de ses engagements, avec des négociations pour le relancer au point mort.

Récemment, les inquiétudes n'ont cessé de se renforcer aux Etats-Unis, en Europe et dans certains pays du Moyen-Orient comme Israël, sur les avancées de l'Iran vers la maîtrise de l'arme atomique.

Ainsi, son stock total d'uranium enrichi s'élevait à 3.760,8 kg à la date du 12 février (contre 3.673,7 kg en octobre), soit plus de 18 fois la limite autorisée par le JCPOA, selon les estimations de l'AIEA.

Surtout, l'Iran enrichit toujours plus à des niveaux élevés, loin de la limite fixée par l'accord à 3,67%: il dispose ainsi de 434,7 kg d'uranium à 20% (contre 386,4 kg auparavant) et de 87,5 kg à 60% (contre 62,3 kg).

"La fenêtre de tir pour un accord (...) existe encore mais cette fenêtre ne sera pas là pour toujours", a prévenu mercredi sur CNN le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian.

"Il existe l'espoir que cette visite sera la base pour une plus grande coopération et un horizon plus clair entre l'Iran et l'AIEA", a estimé le porte-parole de l'OIEA Behrouz Kamalvandi, peu avant d'accueillir vendredi M. Grossi à l'aéroport de Téhéran.

La visite de M. Grossi intervient près d'un an après le dernier déplacement en date du diplomate argentin à Téhéran, en mars 2022, à un moment où un accord semblait possible pour une reprise des interminables négociations entre les grandes puissances et l'Iran sur le dossier nucléaire.

Selon les avancées permises par cette visite, Washington, Londres, Berlin et Paris décideront de soumettre ou non une proposition de résolution blâmant Téhéran lors du Conseil des Gouverneurs de l'AIEA, qui doit se tenir la semaine prochaine à Vienne.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.