Erdogan nie l’existence d’un «problème kurde» en Turquie

Erdogan a dit aux membres de l’AKP que l’ancien vice-président du HDP, Selahattin Demirtas, son adversaire lors des élections présidentielles de 2015, est un «terroriste aux mains tâchées de sang». (Photo, AP)
Erdogan a dit aux membres de l’AKP que l’ancien vice-président du HDP, Selahattin Demirtas, son adversaire lors des élections présidentielles de 2015, est un «terroriste aux mains tâchées de sang». (Photo, AP)
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Publié le Vendredi 27 novembre 2020

Erdogan nie l’existence d’un «problème kurde» en Turquie

  • Demirtas est derrière les barreaux depuis le 4 novembre 2016, malgré les ordonnances judiciaires qui exigent sa libération
  • Les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes sont un partenaire clé des États-Unis dans leur lutte contre Daech

ANKARA : Le président turc Recep Tayyip Erdogan a nié que le pays fait face à un «problème kurde», bien qu’il ait réaffirmé sa position antikurde et accusé un politicien d’être un «terroriste aux mains tâchées de sang».

Erdogan s’adressait aux membres de son parti au pouvoir, le Parti de la justice et du développement (AKP), le 25 novembre lorsqu’il a tenu ces propos.

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a lancé une insurrection contre l’État turc en 1984, il est considéré comme un groupe terroriste par la Turquie, l’Union européenne et les États-Unis. Erdogan accuse le Parti démocratique des peoples (HDP) pro-kurde d’entretenir des liens avec le PKK, ce que le HDP nie.

Erdogan a dit aux membres de l’AKP que l’ancien vice-président du HDP, Selahattin Demirtas, son adversaire lors des élections présidentielles de 2015, est un «terroriste aux mains tâchées de sang».

Demirtas est derrière les barreaux depuis le 4 novembre 2016, malgré les ordonnances judiciaires qui exigent sa libération. Il risque des centaines d'années de prison pour des accusations liées au PKK interdit.

Le président a défendu la destitution de 59 des 65 maires kurdes élus de leurs postes dans la région du sud-est à majorité kurde du pays depuis les élections locales en mars 2019. Il a aussi déclaré que l'AKP compte lancer des réformes dans le processus de démocratisation avec son partenaire nationaliste dans la coalition, connu pour ses positions antikurdes.

Ces propos pourraient perturber les efforts de paix que la Turquie entreprend avec sa communauté kurde depuis des années, bien qu'ils aient peu de progrès. Ils pourraient également faire allusion à un changement de politique plus dur contre les Kurdes en Syrie et en Irak.

Selon l’analyste du Moyen-Orient à l'Université d'Oxford, Samuel Ramani, les commentaires d'Erdogan devraient être interprétés comme une réaction à la démission du haut conseiller présidentiel Bulent Arinc mardi. Ce dernier a appelé à la libération de Demirtas et a insisté que les Kurdes sont réprimés en Turquie.

«Ceci a été largement couvert par les médias kurdes, dont le média du Kurdistan irakien Rudaw, qui a une audience internationale», a-t-il indiqué à Arab News. «Erdogan veut mettre un terme aux spéculations autour ce sujet».

Selon M. Ramani, le manque de sensibilité d'Erdogan pourrait attiser les tensions avec les Kurdes en Syrie et en Irak. «C’est aussi un avertissement indirect adressé au président américain élu, Joe Biden, de ne pas tenter de s’ingérer dans la politique turque en soulevant la question du traitement des Kurdes en Turquie». Cependant, les commentaires d’Erdogan importent peu à long terme, a-t-il ajouté.

«Cela dépend, est-ce que la Turquie mènera ou non une autre offensive de type «Opération Source de paix » dans le nord de la Syrie, ce qui devient de plus en plus envisageable. Si cela se produit pendant la période de transition de Trump à Biden, la nouvelle administration pourrait être plus critique à l'égard de la Turquie et convertir son discours sur la solidarité avec les Kurdes en action».

Les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes sont un partenaire clé des États-Unis dans leur lutte contre Daech. Lors d'un discours de campagne en octobre 2019, Biden a critiqué la décision des États-Unis de se retirer de Syrie et l’a qualifiée d’«échec complet» qui laisserait les Kurdes syriens exposés aux agressions de la Turquie. «C’est plus sournois que la trahison de nos courageux partenaires kurdes et plus dangereux que de laisser Daech respirer», avait-il déclaré à l’époque.

L'analyste britannique Bill Park a affirmé qu’Erdogan est de plus en plus influencé par son partenaire de coalition, le Parti du mouvement nationaliste (MHP).

«Il pourrait aussi penser que le PKK et le HDP sont tellement affaiblis qu’il n’a pas à les prendre en considération», dit-il à Arab News. «L’Occident ne répondra pas de façon spectaculaire à cette annonce, mais il en a assez d’Erdogan. Il y a peu d'espoir que les relations entre la Turquie et les États-Unis ou l'UE s’améliorent. La milice kurde syrienne du PYD cherche un compromis avec Damas, tandis que le Parti démocratique du Kurdistan, le plus grand parti du Kurdistan irakien, est indifférent au sort des Kurdes de Turquie, il a ses propres défis».

Le HDP, quant à lui, est sceptique quant aux promesses de réforme d’Erdogan et les considère comme de la «politicaillerie».

«Ce récit de réforme n’est pas sincère», a souligné la députée du HDP Meral Danis Bestas, selon un article publié par l'agence de presse Reuters. «C’est un parti qui est au pouvoir depuis 18 ans et qui a jusqu'à présent totalement bafoué la loi. Il a un seul objectif : regagner le soutien qui a été perdu».

Les prochaines élections en Turquie sont prévues pour 2023, à moins qu’il n’y ait des élections anticipées l’année prochaine.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Syrie: le retour de déplacés kurdes syriens suspendu après des attaques

Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local. (AFP)
Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local. (AFP)
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  • Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer
  • Mais ce groupe a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes armés", qui a fait plusieurs blessés

HASSAKE: Plusieurs centaines de Kurdes de Syrie, déplacés pendant des années, ont commencé lundi à rentrer chez eux dans la région de Ras al-Aïn dans le nord-est du pays, mais la suite prévue de ces retours a été suspendue après des attaques de groupes armés, a indiqué un responsable local.

Un accord signé en janvier entre les Kurdes syriens et le pouvoir central pour l'intégration dans l'Etat des institutions de l'administration autonome, prévoit le retour des Kurdes déplacés pendant la guerre civile en Syrie (2011-2024).

Selon Jawan Isso, membre d'un comité représentant les déplacés de Ras al-Aïn, un premier groupe de 2.500 déplacés avait pris la route pour rentrer, mais a subi une attaque "délibérée et préméditée" de "groupes armés", qui a fait plusieurs blessés.

Plusieurs des auteurs présumés de ces attaques ont été arrêtées, mais les retours "ont été temporairement suspendus par mesure de précaution afin de garantir la sécurité des habitants", a ensuite annoncé Mahmoud Khalil Ali, adjoint au chef des forces de sécurité dans la province de Hassaké, dont fait partie Ras al-Aïn.

"Ces trajets reprendront dès que la situation se sera stabilisée et une protection complète assurée pour les personnes de retour", a-t-il ajouté.

Selon M. Isso, un deuxième groupe de déplacés devait suivre "dans les tout prochains jours", alors que quelques 100.000 personnes au total veulent rentrer.

Des dizaines de milliers de Kurdes ont été forcés de fuir la région, située dans le nord-est syrien, en 2019, face à une offensive des forces turques et leurs supplétifs syriens, qui ont alors pris le contrôle d'une bande territoriale de 120 km, le long de la frontière avec la Turquie.

"Comme un rêve" 

L'attaque a déclenché une protestation à Qamichli, ville voisine à majorité kurde, où des manifestants en colère ont tenté de pénétrer dans les locaux des forces de sécurité, avant d'être repoussés par des officiers syriens, a rapporté un journaliste de l'AFP.

À Kobané, une ville du nord à majorité kurde, la télévision d'Etat syrienne a rapporté que des habitants avaient pris pour cible des bâtiments officiels et décroché le drapeau syrien devant le quartier général des forces de sécurité locales.

"Nous condamnons l'agression dont ont été victimes les familles kurdes pendant leur retour", a écrit sur X Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes, organisation kurde signataire de l'accord de janvier.

Il a appelé le peuple kurde "à faire preuve de retenue, à ne pas se laisser entraîner dans des actes irresponsables", assurant être en lien avec les autorités pour "garantir la protection des civils déplacés rentrant chez eux".

Plus tôt dans la journée, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de camions aux abords de la ville de Hassaké, chargés de meubles et d'affaires, et des familles prêtes à prendre la route.

"J'attendais ce moment. (...) C'est comme un rêve, de retourner chez soi. Je suis heureuse que cette souffrance prenne fin", a confié à l'AFP Noura Khoder, 37 ans, depuis cette ville où elle a trouvé refuge ces dernières années.

Selon des témoignages de résidents et d'organisations de défense des droits humains, des maisons et biens ont été pillés, volés et endommagés à Ras al-Aïn.

Après l'offensive de 2019, certains combattants s'étaient installés dans la zone, autrefois multiethnique, et certains y habitent encore.

Raouda Mohammed, 39 ans, a appris que sa maison était "complètement détruite". Mais "nous n'allons pas nous laisser gagner par le pessimisme, car nous sommes heureux de revenir, (...) nous verrons ce que nous pouvons faire", dit cette femme de 39 ans.

Au total, quelques 5 millions et demi de personnes restent déplacées en Syrie, selon les Nations unies.


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.