Migrants dans la Manche: pour l'ONU, «une approche uniquement répressive» pas la solution

La directrice adjointe de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) Amy Pope, lors d'un entretien avec l'AFP à Genève, le 13 mars 2023 (Photo, AFP).
La directrice adjointe de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) Amy Pope, lors d'un entretien avec l'AFP à Genève, le 13 mars 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 13 mars 2023

Migrants dans la Manche: pour l'ONU, «une approche uniquement répressive» pas la solution

  • Vendredi, le Premier ministre britannique Rishi Sunak et le président français Emmanuel Macron ont conclu un nouveau pacte, avec à la clé une contribution de Londres de plus de 500 millions d'euros, pour faire face à ce phénomène
  • Dans tous les cas où il y a un flux important de migrants, il est vital de s'attaquer à «ce qui pousse les gens à quitter leur foyer en premier lieu»

GENEVE: Une haute responsable de l'ONU a averti lundi qu'"une approche uniquement répressive" ne règlerait pas le problème des migrants clandestins, dans des commentaires sur le récent accord entre le Royaume-Uni et la France pour contrer les migrations illégales par la Manche.

Vendredi, le Premier ministre britannique Rishi Sunak et le président français Emmanuel Macron ont conclu un nouveau pacte, avec à la clé une contribution de Londres de plus de 500 millions d'euros, pour faire face à ce phénomène.

"Une approche uniquement répressive ne répondra pas aux défis auxquels ils sont confrontés", a réagi auprès de l'AFP Amy Pope, la directrice adjointe de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Mme Pope a souligné que sa longue expérience de travail sur les questions frontalières lui avait appris qu'"une approche uniquement répressive" ne fonctionnait "pas vraiment".

"Cela peut dissuader certaines personnes et réduire le nombre des personnes" souhaitant entrer clandestinement dans un autre pays "mais, en fin de compte, les personnes désespérées à la recherche d'opportunités trouveront des moyens" de parvenir à leurs fins, a-t-elle ajouté.

Dans tous les cas où il y a un flux important de migrants, il est vital de s'attaquer à "ce qui pousse les gens à quitter leur foyer en premier lieu", a poursuivi la responsable de cette agence de l'ONU.

"Il est essentiel que (...) tous les gouvernements reconnaissent qu'une approche globale est nécessaire", a martelé Mme Pope, relevant qu'il fallait faire davantage pour aider les gens avant leur départ et aussi pour créer de meilleures voies régulières de migration.

Rishi Sunak - qui est soumis à une très forte pression pour réduire le nombre des migrants pénétrant sur le sol britannique - a annoncé vendredi que, dans le cadre de l'accord signé avec Paris, il y aurait "un nouveau centre de détention dans le nord de la France, un nouveau centre de commandement réunissant pour la première fois nos équipes" et 500 agents supplémentaires "patrouillant sur les plages françaises".

Davantage de drones et d'autres technologies de surveillance complèteront le dispositif "pour augmenter le taux d'interception", a-t-il également révélé.

Le gouvernement britannique a par ailleurs présenté la semaine dernière un projet de loi contre l'immigration illégale qui prévoit d'empêcher les migrants arrivant par la Manche de demander l'asile au Royaume-Uni et de les expulser "en quelques semaines", un texte aux limites du droit international, de son propre aveu.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com