UBS/Credit Suisse: deux patrons condamnés à s'entendre sur un rachat

Un logo de la banque Credit Suisse est vu derrière un logo de la banque suisse UBS à Zurich le 18 mars 2023. (Photo par Fabrice Coffrini / AFP)
Un logo de la banque Credit Suisse est vu derrière un logo de la banque suisse UBS à Zurich le 18 mars 2023. (Photo par Fabrice Coffrini / AFP)
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Publié le Dimanche 19 mars 2023

UBS/Credit Suisse: deux patrons condamnés à s'entendre sur un rachat

  • Qualifié de «technocrate» dans la presse suisse lors de sa nomination, le patron discret de Credit Suisse Ulrich Körner, 60 ans, est connu comme un spécialiste des restructurations
  • Sergio Ermotti avait passé à Ralph Hamers, en novembre 2020, les clés d'une banque saine, lui laissant le champ libre pour lancer le virage d’UBS vers le numérique, l'un de ses grands succès chez ING

GENÈVE : A la tête de la première banque de Suisse, la priorité de Ralph Hamers, directeur général d'UBS était jusqu'à présent d'investir dans le numérique. Son homologue au Credit Suisse s'était donné pour mission de restructurer sa banque, pour la remettre sur les rails.

Les deux hommes sont désormais sous une énorme pression pour conclure avant lundi le rachat à contrecœur de Credit Suisse, deuxième banque du pays, par sa grande rivale UBS et tenter d'apaiser des marchés au bord de la crise de nerf.

- Ralph Hamers, l'homme du numérique -

Aux commandes d'UBS depuis novembre 2020, le Néerlandais Ralph Hamers, 56 ans, est l'ancien patron d'ING, où il s'était bâti une solide réputation en prenant la direction au moment où la banque se trouvait dans une situation difficile pour rembourser les 10 milliards d'euros d'aides publiques accordées durant la crise financière.

Sous sa houlette, ING avait finalement remboursé ses emprunts sept mois avant l'échéance. Son mandat au sein du groupe néerlandais avait cependant été marqué par une affaire d'usage frauduleux de comptes qui avait conduit à la démission du directeur financier.

En 2020, il avait repris la suite de Sergio Ermotti, désormais président du réassureur Swiss Re, qui avait passé neuf ans à redorer l'image d'UBS après son sauvetage par l'Etat et la banque centrale en 2008 et les pertes d'un courtier en 2011 qui avait coûté 2,3 milliards de dollars à la banque.

M. Ermotti lui avait passé les clés d'une banque saine, laissant à Ralph Hamers le champ libre pour lancer le virage vers le numérique, l'un de ses grands succès chez ING.

Ce banquier qui s'affiche volontiers sans cravate et col de chemise ouvert, loin de l'uniforme austère des banquiers zurichois, a bien essuyé quelque revers. L'an passé, UBS avait dû renoncer au rachat de Wealthfront, une plateforme californienne de services automatisés dans la gestion de fortune pour laquelle la banque était prête à débourser 1,4 milliard de dollars.

L'opération avait capoté mais la priorité de M. Hamers, à la tête d'une banque qui a généré un bénéfice de 7,6 milliards de dollars en 2022, restait d'investir dans le numérique, et non de racheter une banque en difficultés.

- Ulrich Körner, le spécialiste des restructurations -

Le patron de Credit Suisse, Ulrich Körner, 60 ans, s'est vu confier les commandes en août 2022 après avoir été appelé à la rescousse en 2021 pour redresser la gestion d'actifs à la suite de la faillite de la société financière britannique Greensill dans laquelle 10 milliards de dollars avaient été engagés par le biais de quatre fonds.

Qualifié de «technocrate» dans la presse suisse lors de sa nomination, ce discret banquier est connu comme un spécialiste des restructurations.

Déjà chez UBS où il a travaillé pendant 11 ans, il avait transformé les fonctions centrales au siège «comme une machine», avait commenté le quotidien Tages-Anzeiger lorsque le conseil d'administration de Credit Suisse lui avait confié la lourde tâche de mettre au point un plan de restructuration pour redresser la banque.

Docteur en économie, ce ressortissant Germano-suisse a fait un aller-et-retour au fil de sa carrière entre Credit Suisse et UBS, et connait donc bien les deux établissements. En 2007, alors qu'il travaillait chez Credit Suisse, il faisait partie des cadres pressentis pour reprendre la direction. Mais le poste lui avait échappé, le poussant à partir chez UBS.

Revenu chez Credit Suisse depuis deux ans, M. Körner a dévoilé fin octobre un plan de restructuration qui prévoit de séparer la banque d'investissement pour recentrer le groupe sur des activités plus stables comme la gestion de fortune avec 9.000 suppressions de postes d'ici 2025 à la clé, soit plus de 17% des effectifs.

Mardi, à la veille de la pire séance de son histoire en Bourse, M. Körner appelait encore les investisseurs à lui laisser trois ans, comme prévu, pour que cette restructuration porte ses fruits.

Mais avec une perte annuelle de 7,3 milliards de francs suisses (7,4 milliards d'euros) en 2022, et d'autres pertes encore à venir en 2023, l'inquiétude des marchés a prévalu.


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.