Malgré l'inflation, les Français continuent à donner aux associations

Malgré l'inflation, les Français ont continué d'envoyer de l'argent aux associations caritatives en 2022, une hausse des dons liée notamment à la crise en Ukraine. (AFP)
Malgré l'inflation, les Français ont continué d'envoyer de l'argent aux associations caritatives en 2022, une hausse des dons liée notamment à la crise en Ukraine. (AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 19 mars 2023

Malgré l'inflation, les Français continuent à donner aux associations

  • La plupart des organismes contactés se félicitent que leurs donateurs ne les aient pas abandonnés, sauf peut-être les plus modestes d'entre eux
  • En écartant la particularité ukrainienne, «la hausse des dons ne compense pas l'inflation», ce qui peut inquiéter pour 2023, résume la directrice des études et de la communication

PARIS: Malgré l'inflation, les Français ont continué d'envoyer de l'argent aux associations caritatives en 2022, une hausse des dons liée notamment à la crise en Ukraine. Mais les principaux collecteurs restent inquiets car les besoins explosent pour aider les plus démunis.

S'il est trop tôt pour obtenir des chiffres consolidés pour l'ensemble de l'année 2022, la plupart des organismes  se félicitent que leurs donateurs ne les aient pas abandonnés, sauf peut-être les plus modestes d'entre eux.

"Avec l'inflation, nous avons eu une défection des petits donateurs, ceux qui donnaient 20 ou 50 euros par an", résume Samantha Millar-Hoppe, responsable de la générosité du grand public au Secours catholique.

Mais à l'inverse, d'autres donateurs plus aisés "ont été plus généreux que d'habitude", poursuit-elle: "certains nous ont dit +je fais un chèque plus important cette année car je sais que pour vous c'est plus compliqué que jamais+".

Les statistiques de 2022 doivent de toute façon être analysées avec prudence, en raison de la crise ukrainienne qui a suscité un élan de générosité exceptionnel, mais pas forcément reconductible.

Ainsi au premier semestre 2022, les dons ont augmenté de 10,7% par rapport à la même période de l'année précédente, a calculé France Générosités, le syndicat professionnel qui rassemble 136 associations et fondations.

L'Ukraine 

Mais sans les montants spécifiquement fléchés vers l'Ukraine, la hausse n'aurait atteint que 1,6%, soit "l'une des plus faibles augmentations constatées par rapport aux autres années", s'inquiète Nadège Rodrigues, directrice des études et de la communication.

Autrement dit, en écartant la particularité ukrainienne, "la hausse des dons ne compense pas l'inflation", ce qui peut inquiéter pour 2023, résume Mme Rodrigues.

"Sans l'Ukraine, on aurait eu une baisse de 10 à 12%", estime Samuel Coppens, porte-parole de l'Armée du Salut, qui anticipe une baisse des dons de 5% en 2023. "Certains donateurs nous ont dit +cette année je ne peux pas vous aider, car je dois aider d'abord mes petits-enfants+", témoigne-t-il.

Cependant "la France reste généreuse", grâce à "un fonds de donateurs qui ont un vrai sens du bien commun, qui continuent à faire cet effort", témoigne M. Coppens.

Et heureusement, car "la société va mal, très clairement", et les besoins augmentent pour aider les plus pauvres: "Dans nos distributions alimentaires, on voit de plus en plus de nouveaux bénéficiaires, notamment des étudiants, ou des retraités qui touchent une toute petite pension". "Là où on servait 400 repas il y a deux ou trois ans, maintenant c'est 600", ajoute ce responsable.

Pour Jacques Malet, président du réseau d'experts et d'universitaires "Recherches et solidarités", les associations caritatives peuvent s'appuyer sur la "grande fidélité" de leurs donateurs les plus généreux.

«Anxieuses pour la suite»

Quelque 80% des montants apportés le sont par environ 20% des donateurs, lesquels s'intéressent souvent de près, et sur le long terme, aux projets menés avec leur argent, "un peu comme des investisseurs", selon lui.

Nombre de ces soutiens fidèles versent d'ailleurs leur obole par prélèvement mensuel, un mode de règlement "moins lié aux aléas de la crise", observe Sophie Rieunier, professeure en sciences de gestion à Marne-la-Vallée et spécialiste de la collecte de fonds.

En outre, beaucoup de donateurs restent "à l'aise financièrement": "l'inflation les touche aussi, mais pour eux le don n'est pas une variable d'ajustement", ajoute Mme Rieunier.

Pour autant, les associations sont "anxieuses pour la suite" et cherchent en permanence de nouvelles méthodes pour attirer des donateurs ou augmenter leur collecte, relève cette spécialiste.

Ainsi, en décembre dernier, les bénévoles du Secours populaire qui emballaient les cadeaux de Noël en échange d'un petit don se sont équipés de terminaux de carte bancaire, raconte Thierry Robert, le secrétaire national de l'association.

Bien leur en a pris: les gens ayant de moins en moins d'espèces sur eux, "la générosité passe de l'argent liquide à l'argent dématérialisé". Et au final, au lieu de quelques pièces, les utilisateurs de carte bleue "vont donner facilement jusqu'à cinq euros", se réjouit M. Robert.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
Short Url
  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Short Url
  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
Short Url
  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.