Avec l'inflation à des sommets, la Suède redécouvre la pauvreté

Un homme achète de la nourriture à prix réduit dans une succursale de la Croix-Rouge, où des produits alimentaires sont donnés par des supermarchés deux fois par semaine, le 14 mars 2023, à Stockholm, en Suède. (Photo, AFP)
Un homme achète de la nourriture à prix réduit dans une succursale de la Croix-Rouge, où des produits alimentaires sont donnés par des supermarchés deux fois par semaine, le 14 mars 2023, à Stockholm, en Suède. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 mars 2023

Avec l'inflation à des sommets, la Suède redécouvre la pauvreté

  • Frappée par une inflation record depuis plus de trente ans et guettée par la récession, la Suède voit se multiplier les signes apparents de pauvreté sur fond de montée des inégalités ces dernières années
  • Dans les familles monoparentales suédoises modestes, près d'un foyer sur huit dit avoir du mal à nourrir ses enfants et expérimenté la faim, selon un sondage

STOCKHOLM: Il est à peine six heures devant la gare de Stockholm et ils sont déjà des dizaines de SDF à faire la queue pour quelques pâtisseries à la cannelle et une tasse de café, soit une affluence inédite selon les associations d'aide aux démunis.

Frappée par une inflation record depuis plus de trente ans et guettée par la récession, la Suède voit se multiplier les signes apparents de pauvreté sur fond de montée des inégalités ces dernières années.

"Comme vous le voyez, beaucoup de gens sont venus pour un petit déjeuner", explique Kavian Ferdowsi, à l’initiative de la distribution alimentaire. "Depuis treize ans que je m'occupe de cette association pour sans-abris, je n'ai jamais eu autant de monde, je vois de plus en plus de gens qui cherchent juste un peu d'aide", dit-il à l'AFP.

Les répercussions de la guerre en Ukraine conjuguées à une montée des taux d'intérêt et une chute des prix de l'immobilier qui met sous pression les finances de nombreux ménages endettés font de l'économie suédoise une de celles qui suscitent le plus l'inquiétude en Europe.

Après une flambée des prix de l'électricité en début d'hiver, ce sont désormais les prix de l'alimentation qui s'affolent avec une hausse de 20% sur un an, du jamais vu depuis les années 1950.

Le gouvernement a annoncé mercredi une réunion prochainement avec les trois grandes chaînes de supermarchés en Suède pour leur dire que toute hausse injustifiée est "inacceptable".

Après avoir culminé à 12,3% en décembre, l'inflation générale peine à ralentir malgré la hausse brutale des taux de la banque centrale. Après avoir freiné légèrement en janvier, elle a même remonté en février de façon inattendue, à 12%, selon des statistiques publiées mercredi.

"La première vague d'inflation c'était juste les prix de l'énergie et quelques denrées d'importation. Mais là ça s'est étendu à toute l'économie", note Annika Alexius, économiste à l'Université de Stockholm.

Les foyers les plus modestes dans le pays sont les plus touchés, mais aussi les classes moyennes parmi les plus endettées d'Europe et confrontées à une hausse subite de leurs traites immobilières, dit-elle à l'AFP.

Dans un local de la Croix Rouge de la capitale suédoise, des invendus de supermarchés sont proposés à la vente à prix cassés.

Marianne Örberg, une retraitée de 73 ans, vient ici deux fois par semaine. Dans son panier du jour, une botte de radis, quelques morceaux de pain. Si elle tient à préciser qu’elle n’est pas la plus à plaindre, elle explique aussi qu’elle cherche à ne pas grever ses économies.

Récession en 2023

"Les gens ont changé leurs habitudes pour se nourrir. On mange différemment aujourd'hui pour tenir les comptes et les initiatives comme celles-ci sont très, très, appréciables", dit cette ancienne juriste.

Les responsables de la Croix Rouge, eux, voit le visage des personnes qui viennent évoluer.

"Avant, on ne voyait essentiellement que des gens vivant à la marge, maintenant ça a changé. Ce sont aussi des familles avec enfants, des personnes âgées ou en arrêt maladie, tous ont du mal à joindre les deux bouts", explique à l'AFP son secrétaire général en Suède, Martin Ärnlöv.

Dans les familles monoparentales suédoises modestes, près d'un foyer sur huit dit avoir du mal à nourrir ses enfants et expérimenté la faim, selon un sondage commandé par l'organisation.

Longtemps un des pays les plus égalitaires du monde, la Suède a vu les écarts de richesse fortement augmenter depuis trois décennies, fruit de réformes qui ont redressé les comptes publics et fait émerger des nouveaux champions de l'économie européenne, mais fragilisé de nombreux Suédois.

D'après l'office statistique national, près de 15% des Suédois sont à risque de pauvreté, soit sous les 60% du revenu médian qui avoisine les 33.200 couronnes (2.950 euros) par mois.

Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, la Suède serait le seul pays de l'UE à connaître une récession en 2023.

La devise, la couronne, est en souffrance sur le marché des changes et les appels se multiplient pour renforcer les aides sociales dans un pays où l'Etat providence reste un filet de sécurité.

Mais pour l'économiste Annika Alexius, le pays pourrait surtout préfigurer une année rude partout en Europe.

"Disons qu'on est un peu en avance par rapport aux autres pays européens dans cette récession. Les autres pays européens vont aussi être confrontés à une situation qui empire", dit-elle.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.