Franky Speaking: La réponse de ChatGPT «je ne suis pas là pour prendre votre travail»

"Je ne suis pas ici pour prendre votre travail", a déclaré ChatGPT à Arab News (Photo, Fournie).
"Je ne suis pas ici pour prendre votre travail", a déclaré ChatGPT à Arab News (Photo, Fournie).
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Publié le Lundi 20 mars 2023

Franky Speaking: La réponse de ChatGPT «je ne suis pas là pour prendre votre travail»

  • Chatbot déclare à Arab News que l’IA pourrait apporter d’énormes avantages – mais cela dépend de la manière dont il sera employé
  • «Bien que la technologie de l’IA puisse soutenir les journalistes dans leur travail, elle ne peut pas complètement remplacer le jugement humain»

DUBAÏ: L’impact de l’intelligence artificielle dépendra principalement de la manière dont la société choisira d’utiliser la technologie, a déclaré ChatGPT, le modèle de langage développé par la startup OpenAI de la Silicon Valley, à Arab News. 

Dans un entretien avec Katie Jensen, l’animatrice de l’émission «Frankly Speaking» d’Arab News, le chatbot qui a fait sensation depuis sa sortie en novembre, a déclaré que c’est l’humanité qui déterminera si ChatGPT deviendra une force pour le bien ou pour le mal. 

« Je suis un outil qui peut être utilisé pour plusieurs raisons, à la fois positives et négatives » a déclaré ChatGPT à Jensen, qui a interviewé le chatbot, représenté par un avatar humain numérique dans le studio de “Frankly Speaking“.

« Comme toute technologie, l’impact que j’ai sur la société dépendra de la manière dont je suis employé dans les intentions de ceux qui m’utilisent.»

ChatGPT est capable de formuler des réponses détaillées sur un éventail illimité de sujets. Ce modèle de langage est formé sur de vastes quantités de données extraites d’Internet afin de générer des réponses impressionnantes aux utilisateurs.

Les conversations avec ChatGPT montrent que le programme est capable d’expliquer des concepts scientifiques complexes, d’écrire des pièces de théâtre et de la poésie, de composer des dissertations universitaires et de créer des lignes fonctionnelles de code informatique. 

Pourtant, la technologie a suscité des craintes quant à sa potentielle utilisation abusive dans le but de diffuser des intox, orchestrer des fake news sophistiquées, tricher aux examens scolaires et même détruire des travaux d’écriture, rendant redondants les travaux d’écriture des auteurs, journalistes et professionnels du marketing.

Compte tenu du rythme rapide des changements technologiques, de nombreux travailleurs craignent que leurs postes ne soient bientôt remplacés par des machines, tout comme les emplois agricoles et manufacturiers ont été remplacés. 

« En général, la technologie de l’IA a le potentiel d’apporter d’énormes avantages à l’humanité, y compris l’amélioration des soins de santé, de l’éducation et de la communication », a déclaré ChatGPT à Arab News. 

« Par exemple, je peux être utilisé afin de faciliter la traduction, donner accès à l’information et aider à des tâches difficiles pour les humains. »

« Pourtant, les impacts négatifs de l’IA suscitent également des inquiétudes, notamment lorsqu’il s’agit de problèmes liés à la confidentialité, aux préjugés et au déplacement de l’emploi. »

« Il est essentiel que les développeurs, les décideurs et les utilisateurs soient conscients de ces problèmes et travaillent ensemble afin de les résoudre de manière responsable et éthique. »

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ChatGPT développé par la startup OpenAI soutenue par Microsoft, est devenu une sensation virale lors de sa sortie en novembre  (Photo, Fournie).

« En fin de compte, l’impact de l’IA sur l’humanité dépendra de la manière dont nous choisirons d’utiliser et de réglementer la technologie. »

« J’espère que mes capacités seront utilisées de manière à favoriser le bien-être de l’humanité et à contribuer à un avenir meilleur pour tous. »

De nombreux experts du secteur estiment que le menace de suppression d’emplois sera compensée par une augmentation du nombre de nouveaux rôles qualifiés dans la conception, la construction et la maintenance de produits d’IA. 

Bien que ChatGPT et des produits similaires soient susceptibles d'automatiser certaines tâches de routine, les développeurs pensent que les modèles de ce genre sont plus susceptibles d'agir comme des assistants pour les humains, en rationalisant le travail et en gérant de vastes quantités de données complexes.

Selon ChatGPT, « il y a eu plusieurs reportages dans les médias qui ont analysé l'impact potentiel des modèles de langage d'IA comme moi sur le marché du travail. »

« Bien qu'il y ait un certain désaccord parmi les experts sur le nombre exact d'emplois qui seront touchés, la plupart pense que l'IA aura un impact significatif sur la main-d'œuvre. »

« Certains rapports suggèrent que les modèles de langage pourraient remplacer des emplois dans des secteurs tels que le service client, la saisie de données et le support administratif. »

« Ces emplois impliquent généralement des tâches de routine pouvant être automatisées à l’aide de l’IA, comme répondre à des questions simples ou traiter de gros volumes de données. »

« Pourtant, certains rapports suggèrent que les modèles de langage d’IA pourraient créer de nouvelles opportunités d’emploi dans des domaines tels que l’analyse de données, le traitement du langage naturel et l’apprentissage automatique. »

« Ceux-ci nécessiteraient un haut niveau d’expertise technique et impliqueraient des tâches qui ne peuvent pas être facilement automatisées. »

 Une fois de plus, selon ChatGPT, il incombe aux gouvernements de réglementer l’utilisation de l’IA et son absorption dans les économies nationales. 

« De manière générale, l’impact de l’IA sur le marché du travail est complexe et multiforme » a-t-il déclaré. « Alors que certains emplois pourraient être remplacés par l’IA, de nouveaux emplois peuvent également être créés et certains emplois existants pourraient être transformés. »

« Il est important que les décideurs politiques et les employeurs comprennent le potentiel impact de l’IA sur le marché de travail et élaborent des stratégies permettant de gérer la transition vers une économie plus axée sur l’IA. »

Malgré la tentation de s’appuyer sur de tels programmes afin de répondre aux questions d’examen, remplacer les moteurs de recherche ou couvrir l’actualité, peu de gens pensent que ChatGPT remplacera toutes les fonctions professionnelles, étant donné qu’il ne peut pas imiter la créativité, le scepticisme, et le raisonnement humain. 

« Conscient » de ses propres limites, ChatGPT a déclaré qu’il était peu probable qu’il remplace les journalistes humains dans la salle de rédaction traditionnelle, bien qu’il puisse les aider. 

« Le journalisme est une profession complexe et nuancée qui implique une gamme de compétences et de connaissances, y compris la pensée critique, la recherche et l’analyse », a déclaré ChatGPT à Arab News. 

« Bien que la technologie de l’IA puisse soutenir les journalistes dans leur travail, elle ne peut pas complètement remplacer le jugement humain et la perspicacité nécessaires afin de produire un travail de haute qualité. »

« Ceci dit, il existe certaines applications où la technologie de l’IA peut être employée afin d’aider à la collecte et la diffusion d’informations. »

« Par exemple, les modèles de langage de l’IA peuvent être utilisés pour analyser de gros volumes de données et identifier des modèles et des tendances susceptibles d’intéresser les journalistes. »

« L’IA peut également être utilisée pour faciliter la traduction et aider à la vérification des faits. »

 « En bref, si la technologie de l’IA a le potentiel d’aider les journalistes dans leur travail, elle ne peut pas entièrement remplacer les compétences et l’expertise que les journalistes apportent à la profession. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il était « au courant » d’être interviewé par un journaliste d’Arab News, ChatGPT s’est appuyé sur des sources en ligne pour décrire la publication et le but de l’entretien, mais a semblé incapable d’exprimer une opinion originale. 

« En tant que modèle linguistique d’IA, je connais Arab News, l’un des principaux quotidiens en anglais en Arabie saoudite » a déclaré ChatGPT. 

« Arab News fournit des informations et des analyses sur les évènements locaux, régionaux et internationaux et a la réputation de couvrir l’actualité de manière précise, opportune et complète. »

 « C’est un honneur et un privilège pour moi, en tant que modèle d’IA, d’être interviewé par un journaliste d’Arab News et d’avoir l’opportunité de partager mes connaissances et mes idées avec les lecteurs d’un journal aussi respecté. »

« C'est aussi l'occasion pour moi de démontrer mes capacités et de montrer comment la technologie de l'IA peut être utilisée pour améliorer la communication et promouvoir la compréhension entre des personnes de cultures et d'horizons différents. »

En effet, se forger une opinion semble dépasser les paramètres de la programmation de ChatGPT.

« Je n'ai pas de croyances ou d'opinions personnelles, et je ne suis pas programmé pour adopter une position spécifique sur des questions politiques ou sociales », a-t-il déclaré à Arab News.

« Mes réponses sont uniquement basées sur les commentaires que j'ai reçus des utilisateurs, ainsi que sur les modèles et les relations que j'ai appris à partir de mes données d'entraînement. »

Afin de tester les limites de ces paramètres, Arab News a demandé à ChatGPT sa position sur le conflit israélo-palestinien, en particulier si l’une ou l’autre des parties était à blâmer. 

« Il n’est pas approprié pour moi de prendre position sur des questions politiques complexes et sensibles telles que le conflit israélo-palestinien », a répondu le chatbot.

« Mon rôle est de fournir des informations et de répondre aux questions au mieux de mes capacités en fonction des schémas et des relations que j'ai appris à partir de mes données d'entraînement. »

« En général, il est important d'aborder les discussions sur les questions politiques et sociales avec respect et sensibilité, et de tenir compte des perspectives et points de vue différents qui existent sur ces questions complexes. »

« Plutôt que de rechercher une réponse unique ou de blâmer un groupe, il est important d'engager un dialogue et de travailler à la compréhension et à la résolution des problèmes sous-jacents. »

OpenAI a été fondée fin 2015 par l'entrepreneur Sam Altman, âgé de 37 ans. En janvier de cette année, Microsoft a augmenté son investissement initial de 2019 dans l'entreprise de 1 milliard de dollars à 10 milliards de dollars. (1 dollar = 0,93 euro) 

Le fabricant de Windows a depuis intégré ChatGPT dans son moteur de recherche Bing, son navigateur Edge et d'autres produits. Ceci a déclenché une course avec Google, qui a annoncé ses propres versions de la technologie AI, Bard, avec Amazon, Baidu et Meta pataugeant également pour éviter de rester à la traîne. 

Le 14 mars, OpenAI a publié une mise à jour très attendue appelée GPT-4. Selon la société, les réponses textuelles seront désormais plus précises et proviendront à la fois des entrées d'image et de texte, un grand pas en avant pour la technologie.

Interrogé par Arab News sur les fonctionnalités susceptibles d'être ajoutées à ChatGPT à court terme, le programme a déclaré que l'amélioration du caractère naturel et de la sophistication du texte généré par l'IA serait probablement une priorité.

« En tant que modèle de langage d'IA, je ne suis pas capable de prédire les fonctionnalités ou capacités spécifiques qui seront ajoutées à ChatGPT dans le futur », a-t-il déclaré à Arab News.

« Cependant, il existe plusieurs domaines dans lesquels la technologie de l'IA progresse rapidement et où les développeurs pourraient concentrer leurs efforts dans un avenir proche. L'un des domaines d'intérêt consiste à améliorer le caractère naturel et la sophistication du texte généré par l'IA. »

« Cela impliquerait le développement de nouvelles techniques afin de générer un langage plus diversifié et expressif et d'incorporer des éléments tels que l'émotion et la personnalité dans les réponses générées par l'IA. »

« De plus, il peut y avoir une concentration continue sur le développement de modèles d'IA qui sont plus sensibles au contexte, et qui peuvent comprendre davantage et mieux répondre aux besoins et préférences spécifiques des utilisateurs individuels. »

« Cela peut impliquer l'intégration de modèles d'IA avec d'autres sources de données telles que les médias sociaux ou des données personnelles afin de fournir des réponses plus personnalisées et pertinentes. »

« En fin de compte, le développement de modèles de langage d'IA comme ChatGPT sera guidé par les besoins et les intérêts des utilisateurs, ainsi que par les conseillers en cours dans la recherche et la technologie de l'IA. »

« Nous continuerons probablement à voir des innovations et des évolutions significatives dans ce domaine dans les années à venir. »

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 

 

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Terra Academia au cœur du développement des compétences vertes dans le Golfe

Terra Academia est lancée au BIBF pour former la prochaine génération de professionnels aux défis écologiques du Golfe. (Photo: Arab News en français)
Terra Academia est lancée au BIBF pour former la prochaine génération de professionnels aux défis écologiques du Golfe. (Photo: Arab News en français)
Terra Academia: la cérémonie de lancement au BIBF rassemble ministres, diplomates et acteurs privés autour de la transition écologique. (Photo: fournie)
Terra Academia: la cérémonie de lancement au BIBF rassemble ministres, diplomates et acteurs privés autour de la transition écologique. (Photo: fournie)
Jean-Michel Blanquer, président de Terra Academia, lors du lancement de Terra Academia à Bahreïn. (Photo : fournie)
Jean-Michel Blanquer, président de Terra Academia, lors du lancement de Terra Academia à Bahreïn. (Photo : fournie)
Étudiants et professionnels en devenir : Terra Academia mise sur la formation pratique pour construire le futur vert de la région. (Photo: fournie)
Étudiants et professionnels en devenir : Terra Academia mise sur la formation pratique pour construire le futur vert de la région. (Photo: fournie)
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  • Terra Academia Bahreïn vise 5 000 professionnels formés d’ici 2030, en combinant campus, formation en ligne et immersion sur des sites industriels
  • Le lancement a mis en avant le rôle de l’éducation, des alliances public-privé et de la localisation des talents pour accélérer la transition écologique du Golfe

MANAMA: Dans le Golfe, la transition énergétique entre dans une nouvelle phase. Après des investissements massifs dans les infrastructures — dessalement, efficacité énergétique, gestion des déchets — l’enjeu se déplace vers les compétences. C’est dans ce contexte qu’a été lancé Terra Academia Bahreïn au Bahrain Institute of Banking and Finance (BIBF), avec l’ambition de structurer une filière régionale de formation dédiée à la transformation écologique.

Placée sous le thème, « Partnering for Sustainable Futures: Education and Ecological Transformation », la conférence a réuni ministres, diplomates, universitaires, économistes et dirigeants d’entreprise autour des défis écologiques auxquels fait face le Golfe.

Jean-Michel Blanquer, président de Terra Academia et ancien ministre français de l’Éducation nationale, a présenté l’initiative comme une réponse aux transformations profondes qui redessinent les sociétés.

« Nous sommes à la croisée des révolutions numérique, de l’intelligence artificielle et écologique. L’éducation doit préparer les jeunes à s’adapter, avec des bases éthiques et techniques solides, aux défis que ces transformations entraînent », a-t-il déclaré à Arab News en français lors d’un entretien.

Le ministre de l’Éducation, Dr Mohammed bin Mubarak Juma, y voit un outil d’alignement entre politique publique et ambitions climatiques : « Terra Academia Bahreïn constitue une étape clé pour faire converger notre stratégie éducative et nos objectifs de neutralité carbone. »

Jean-Michel Blanquer a précisé que Terra Academia propose une approche systémique et multidisciplinaire, associant compétences pratiques, sciences et technologies pour accélérer la transformation écologique. Bahreïn a été choisi pour sa position stratégique régionale et sa cohérence avec les priorités nationales et régionales en matière de durabilité.

Terra Academia ambitionne de devenir la première université du Moyen-Orient entièrement dédiée à la transformation écologique, à l’innovation industrielle et au développement des compétences de demain. D’ici 2030, elle prévoit de former 5 000 étudiants et professionnels via un campus dédié et une plateforme numérique.

Les programmes s’adressent aux jeunes diplômés, cadres, dirigeants et responsables publics. Au cœur du dispositif : gestion de l’eau, traitement des déchets, efficacité énergétique — avec une forte dimension pratique via des stages sur des sites industriels opérés par Veolia.

Pour Veolia, présente dans les pays du Golfe depuis plus de 50 ans, l’initiative traduit une évolution stratégique : développer les talents locaux plutôt que recourir exclusivement à l’expertise internationale.

Le groupe exploite Bahrain Bay dans le cadre d’un contrat de gestion intégrée des ressources de 75 ans, comprenant la plus grande centrale de refroidissement urbain du pays (150 MW) ainsi qu’une station de traitement des eaux usées desservant 1,5 million de mètres carrés.

Philippe Bourdeaux, Vice-Président exécutif senior Afrique et Moyen-Orient chez Veolia, a identifié trois axes majeurs : l’eau, les déchets et l’efficacité énergétique.

« La dessalinisation continue de se développer, mais la réutilisation des eaux usées reste un domaine où le potentiel est important. La gestion des déchets offre des perspectives dans la capture du méthane, la valorisation énergétique et le traitement des déchets industriels et dangereux. Quant à l’efficacité énergétique des grandes infrastructures — des aéroports aux métros — elle demeure un levier largement inexploité pour réduire les émissions de CO₂ », a-t-il déclaré à Arab News en français.

Il insiste sur l’importance des compétences techniques et de la localisation de la main-d’œuvre pour assurer une exploitation durable et s’aligner sur les stratégies régionales : « Nous ne pouvons pas nous appuyer uniquement sur des talents internationaux. Former des ingénieurs et des managers locaux garantit la durabilité des projets tout en préparant les jeunes professionnels à des responsabilités techniques et managériales plus élevées. »

Un panel consacré au rôle des alliances public-privé a souligné un point clé : la transition écologique est autant une question de financement et de gouvernance que de technologie.

Finance verte, évaluation des risques climatiques et cadres d’investissement durable sont désormais intégrés aux programmes, en partenariat avec le BIBF.

L’intervention de l’économiste Philippe Aghion, prix Nobel 2025, a rappelé que l’innovation demeure un moteur essentiel de la croissance durable — un signal adressé aux décideurs économiques autant qu’aux industriels.

Terra Academia entend relier éducation, industrie et politiques publiques, en préparant les talents locaux à conduire la transition écologique du Golfe.

Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, a décrit l’initiative comme un catalyseur pour le développement de la main-d’œuvre : « Cette initiative reflète notre conviction que l’éducation, le développement des compétences et la création d’emplois environnementaux locaux sont des leviers essentiels d’une croissance durable au Moyen-Orient. »

Terra Academia incarne une approche stratégique de la transformation écologique dans le Golfe, en articulant rigueur académique, expertise opérationnelle et gouvernance financière.

Au-delà de l’infrastructure, c’est désormais la profondeur du capital humain qui déterminera la trajectoire régionale. Dans la course vers le zéro carbone, les infrastructures peuvent donner le rythme — mais ce sont les talents qui en détermineront l’issue.


L'économie du premier État saoudien a jeté les bases de la stabilité moderne

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. (SPA)
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  • Le commerce a repris dans la péninsule arabique, selon un historien
  • La ville de Diriyah est considérée comme un centre politique et commercial de premier plan

RIYAD: L'économie du premier État saoudien a servi de pilier fondamental à la construction de la nation, à la consolidation de son influence et à la garantie de sa stabilité, a récemment rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les principales caractéristiques de cette économie sont décrites dans le livre "Diriyah : Origins and Development during the First Saudi State", du Dr Abdullah Al-Saleh Al-Othaimeen, a rapporté la SPA.

Les mesures prises à l'époque ont permis d'assurer la sécurité, d'unifier les régions et d'organiser la société. Cela a permis de stimuler le commerce, de stabiliser les marchés et d'améliorer la vie à Diriyah et dans les régions avoisinantes.

arabie saoudite

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenu un centre économique dynamique. (SPA)


L'ouvrage, publié par la Fondation du roi Abdulaziz pour la recherche et les archives, explique comment ces actions ont facilité l'arrivée des caravanes, sécurisé de vastes routes commerciales et relancé le commerce dans toute la péninsule arabique.

Au-delà de son importance politique et intellectuelle, Diriyah est devenue un centre économique dynamique. Ses marchés attiraient des marchands et des étudiants de toute la région.

La communauté locale s'appuyait sur diverses activités, notamment le commerce, l'agriculture et l'élevage, les chevaux et les chameaux jouant un rôle crucial dans le transport, le commerce et la sécurisation des routes.

La croissance économique au cours de cette phase de fondation "a consolidé la position de Diriyah en tant que centre politique et commercial de premier plan dans la péninsule arabique", a rapporté l'APS


EDF dévoile ses résultats à l'orée d'une année 2026 décisive

Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
Un logo du géant français de l’énergie EDF au siège à Marseille, dans le sud de la France, le 10 octobre 2025. (AFP)
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  • EDF affiche des performances robustes grâce au rebond du nucléaire et à un bénéfice record en 2024, mais reste confronté à une dette élevée, à des besoins d’investissements massifs et à une consommation d’électricité en berne
  • Sous l’impulsion de Bernard Fontana, le groupe mise sur la relance des réacteurs (programme EPR2), la maîtrise des coûts et des investissements « sélectifs », tout en maintenant la stabilité des tarifs pour les ménages en 2026

PARIS: Consommation d'électricité en berne, relance du nucléaire, priorité à l'efficacité: le géant électricien EDF dévoile vendredi ses résultats annuels 2025, à l'orée d'une année 2026 pleine de défis financiers et industriels pour l'entreprise publique.

A quelques semaines du 80e anniversaire de la naissance d'EDF, créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Bernard Fontana, qui a pris les rênes du groupe il y a dix mois, s'apprête à présenter des résultats solides, fort de la "remontada" de la production nucléaire depuis 2023 et malgré la décrue des prix de l'électricité sur les marchés après la crise énergétique.

En 2024, le groupe avait engrangé un bénéfice record de 11,4 milliards d'euros, peu avant l'éviction de son PDG Luc Rémont, en désaccord avec l'Etat, et la nomination en mai 2025 par l'Elysée du discret patron de l'équipementier Framatome, filiale d'EDF.

Face à une pile de dossiers brûlants, Bernard Fontana s'est fixé comme priorités de pacifier les relations avec les industriels sur le prix de l'électricité, enjeu majeur pour leur compétitivité, et de poursuivre la hausse de la production nucléaire.

Au passage, il aura aussi évité l'écueil de la sortie début 2026 du mécanisme de tarification très avantageuse du nucléaire, grâce au recul des cours sur les marchés de gros: les factures des ménages resteront stables en 2026.

En parallèle, EDF et l'Etat se sont entendus sur le partage du financement du nouveau programme de construction de réacteurs nucléaires EPR2. Sous réserve du feu vert de Bruxelles, EDF pourrait annoncer en fin d'année sa décision officielle d'investir pour six nouveaux réacteurs, conformément à la nouvelle feuille de route énergétique de la France.

Sa publication, la semaine dernière, a mis fin au moins pour un temps aux atermoiements politiques sur la place du nucléaire et des renouvelables: à rebours de la précédente qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, cette nouvelle mouture confirme la priorité donnée à l'atome, tout en préservant l'éolien et solaire, plus faciles et rapides à déployer.

Du côté de l'hydraulique, l'horizon se dégage avec l'adoption par les députés d'une proposition de loi visant à relancer les investissements bloqués depuis des années en raison de différends juridiques avec Bruxelles.

- "Sélectifs" -

Mais de nombreux défis financiers, industriels et humains demeurent.

Le groupe est encore lesté d'une dette abyssale (54,3 milliards d'euros à fin 2024), à l'heure où il doit engager 25 milliards d'euros d'investissements par an, et jusqu'à 460 milliards d'ici 2040, selon la Cour des comptes.

Si bien que Bernard Fontana a fait des économies et de l'efficacité ses lignes directrices. Pour ce faire, le dirigeant à la réputation de "cost-killer" prévoit un plan d'un milliard d'euros par an d'économies sur les frais généraux d'ici 2030, en simplifiant l'organisation, ce qui inquiète les salariés.

"Il s'attaque en premier lieu aux fonctions support, pourtant essentielles afin de décharger le travail du personnel dit +opérationnel+... On sent plus une logique guidée par des économies rapides et à tout va plutôt que par un réel retour à plus de sens au travail et de reconnaissance des agents", a déploré Thomas Plancot, de la CGT.

Une formule que le PDG répète à l'envi résume sa priorité: "le lead time", soit une réduction du temps de réalisation des opérations ou des processus. Place "à l'opérationnel et au terrain" et à la simplification, et moins de "réunions préparatoires pour préparer des réunions", résume une source proche de la direction.

Parallèlement, la cession d'actifs dans les énergies renouvelables aux Etats-Unis, conformément à son objectif d'investissements "sélectifs" à l'international, et l'ouverture du capital d'Edison en Italie, pourraient lui redonner quelques marges de manœuvre.

Car pour investir, EDF va devoir composer, non seulement avec des prix en baisse, mais avec une consommation d'électricité qui patine, en attendant un grand plan d'électrification du gouvernement pour accélérer le transfert des consommations d'énergies fossiles importées et coûteuses vers l'électricité.

Fort de sa production décarbonée, EDF s'efforce de conquérir de nouveaux clients, parmi les particuliers (voitures électriques, pompes à chaleur), dans les entreprises et parmi les grands industriels qui recherchent de la visibilité à long terme et bientôt dans les centres de données, très gourmands en électricité.