Russie: Ruée vers les cours de chinois, en plein rapprochement avec Pékin

Des adultes assistent à un cours de chinois au centre de langue chinoise, dans la ville de Reutov, à l'extérieur de Moscou, vendredi (Photo, AFP).
Des adultes assistent à un cours de chinois au centre de langue chinoise, dans la ville de Reutov, à l'extérieur de Moscou, vendredi (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 20 mars 2023

Russie: Ruée vers les cours de chinois, en plein rapprochement avec Pékin

  • Face aux sanctions occidentales qui la frappent, la Russie est de plus en plus dépendante de la Chine pour écouler ses hydrocarbures
  • Conséquence : en un an, le nombre de postes nécessitant la maîtrise du chinois a presque triplé en Russie

MOSCOU: Le dimanche, Kirill Bourobine commence à enseigner le chinois à l'aube et ne s'arrête qu'à minuit : en plein rapprochement de la Russie avec Pékin sur fond de conflit en Ukraine, le nombre de ses élèves a triplé en un an.

"Dimanche est le jour le plus chargé : j'enchaîne seize heures de cours sans pause ou presque", raconte à l'AFP ce jeune enseignant qui fait désormais fortune avec ses leçons privées en ligne.

L'explosion de la demande pour les cours de chinois illustre le tournant, durable, pris par la Russie vers l'Asie, alors que Moscou est désormais isolé en Occident à cause de son offensive contre l'Ukraine.

La visite en Russie du président chinois Xi Jinping, de lundi à mercredi, vise à approfondir ce partenariat plus que jamais vital pour Moscou, sur le plan diplomatique, et surtout économique. 

Face aux sanctions occidentales qui la frappent, la Russie est en effet de plus en plus dépendante de la Chine pour écouler ses hydrocarbures et s'approvisionner en produits divers.

Conséquence : en un an, le nombre de postes nécessitant la maîtrise du chinois a presque triplé en Russie dans les secteurs énergétique et industriel, indique à l'AFP Natalia Danina, experte en ressources humaines à HeadHunter, principale plateforme d'offres d'emplois.

Sur la même période, le nombre d'emplois pour les sinophones a doublé dans les ventes-achats et la logistique de transports, selon l'experte, qui l'explique par "un passage accéléré de Moscou vers les moyens de production chinois".

«Que le début»

Pour Kirill Bourobine, parfait sinophone de 20 ans qui étudie par ailleurs les civilisations orientales dans une prestigieuse université moscovite, ce phénomène sera durable.

"Les Russes se mettent au chinois parce que Pékin devient notre principal partenaire pour les décennies à venir", explique-t-il, content d'ouvrir "un tout autre monde" à ses élèves qui s'attaquent à cette langue. "Et ce n'est que le début !", lance-t-il.

En août, le site de petites annonces Avito avait rapporté une augmentation de 138% des requêtes à Moscou pour des cours de chinois en un an. Et de 350% à Vladivostok, en Extrême-Orient.

Le chinois commence même à rattraper l'anglais, assure Alina Khamlova, 26 ans, qui enseigne les deux langues et dit n'avoir cette année que trois élèves d'anglais contre 12 nouveaux sinophones en herbe.

Parmi ces derniers se trouve Maria, une designer de 22 ans qui rêve d'aller en Chine pour y fabriquer ses habits, car c'est "moins cher qu'en Russie".

Ou encore Ivan, entraîneur dans un club de gym moscovite de 25 ans, qui veut travailler en Chine où, pense-t-il, les Européens "sont très bien payés".

Autre facteur, selon Mme Khamlova : de nombreux jeunes "espèrent entrer dans une université chinoise, alors que les établissements européens leur sont devenus inaccessibles".

Si l'anglais garde toujours une position dominante, le nombre de lycéens ayant choisi le chinois comme langue étrangère à l'examen du baccalauréat a doublé en un an pour s'établir à 17.000, selon Rosobrnadzor, un service fédéral de supervision dans le secteur de l'enseignement.

Bilingues recherchés 

L'isolement croissant de la Russie en Occident a déjà poussé nombre d'écoles de langues à réviser leurs programmes en invitant des lecteurs sinophones.

Fondé en 2017, le centre linguistique ChineseFirst a enregistré cette année deux fois plus d'inscriptions, indiquent à l'AFP ses cofondateurs, les professeurs de chinois Wang Yinyu, 38 ans, et sa femme russe Natalia, une parfaite sinophone de 33 ans.

Dans les entreprises, on s'arrache les candidats parlant chinois, raconte Wang Yinyu dans un très bon russe.

"Nombre de compagnies russes se ruent vers les usines chinoises pour y commander des produits devenus introuvables en Russie à cause des sanctions occidentales", dit-il.

Et les entrepreneurs chinois qui veulent exporter en Russie leurs produits sont, eux aussi, à la recherche de cadres bilingues russe-chinois.

Face à cette demande, le couple Wang s'apprête à ouvrir deux nouveaux centres et une école maternelle à Moscou. De quoi réjouir M. Wang qui salue "les nouvelles relations amicales sans précédent historique" entre Moscou et Pékin.

Il rêve désormais d'"une véritable fusion entre la puissante industrie chinoise et les richissimes ressources énergétiques russes".

"Si on se tient côte à côte, on sera invincibles", conclut le professeur.


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

 

 


Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires

Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires
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  • Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte
  • Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.

"Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n'a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi", a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans une publication sur X.

Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d'hydrocarbures, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.

Faute d'accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit, l'armée américaine a annoncé dimanche imposer son propre blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens" depuis lundi, à 14H00 GMT.