Algérie: Souffrant d’un cancer, Rachid Nekkaz prie le président de le laisser quitter le territoire

L’homme d'affaires et politicien algérien Rachid Nekkaz (Photo, AFP).
L’homme d'affaires et politicien algérien Rachid Nekkaz (Photo, AFP).
Short Url

Algérie: Souffrant d’un cancer, Rachid Nekkaz prie le président de le laisser quitter le territoire

  • Rachid Nekkaz estime que l’aggravation de son état de santé est la conséquence directe de sa longue détention
  • Il explique qu'il est toujours «assigné à résidence par la police, interdit de sortie du territoire et privé de passeport»

ALGER: L’ancien candidat présidentiel et opposant politique algérien Rachid Nekkaz, libéré en janvier par grâce présidentielle et qui se disait atteint d'un cancer, a appelé le président Abdelmadjid Tebboune à l'autoriser à se rendre aux États-Unis, où se trouve sa famille, pour se faire soigner.

Samedi, Nekkaz a rendu publique sur Facebook une «troisième lettre adressée au président Abdelmadjid Tebboune, lui demandant d'intervenir personnellement afin qu'il puisse quitter le pays légalement et subir une intervention chirurgicale dès que possible». 

Dans un communiqué publié sur son compte officiel, on apprend qu'il souffre d'une grave maladie des yeux et d'un cancer de la prostate, «comme son défunt père El Hadj Larbi, un kyste biliaire de 21 mm».

«De plus, il ne respire pas du tout par le nez et il est presque sourd. Et maintenant, sa maladie du nez a détruit près de 20 % des nerfs optiques de ses deux yeux […] à moins qu'il ne puisse être transféré à l'étranger, il doit prendre des gouttes pour les yeux à vie pour éviter de devenir AVEUGLE en raison de la formation de glaucome », peut-on lire dans cette lettre. 

Ajoutant même que l’aggravation de son état de santé est la conséquence directe de sa longue détention et du manque de soins médicaux en Algérie depuis décembre 2019.

Au communiqué s'ajoutent une photo du visage boursouflé du quinquagénaire prouvant la gravité de son état de santé ainsi que de certificats médicaux pour appuyer ses allégations. 

Rachid Nekkaz explique avoir atteint le stade 4 «qui est le pire - sa polypose nasale risque non seulement de le rendre définitivement sourd, mais aussi de lui faire perdre la vue» .

Il a également écrit qu'il est toujours «assigné à résidence par la police, interdit de sortie du territoire et privé de passeport».

Grâce présidentielle

Nekkaz a été libéré le 18 janvier dernier par décret du président algérien après avoir été condamné à cinq ans de prison en juillet 2022 pour avoir appelé au boycott des élections présidentielles de 2019.

Sa libération est intervenue deux semaines après avoir annoncé qu’il renonçait à la vie politique dans une lettre écrite depuis sa cellule et remise à ses proches.

Dans ce message publié en janvier sur Facebook, il dit avoir écrit à Tebboune le 10 décembre pour l'informer officiellement de sa décision.

Il a par ailleurs indiqué vouloir «se consacrer au traitement de ses problèmes de santé, à l'écriture, et à sa famille abandonnée égoïstement aux États-Unis depuis 10 ans».

Avant son arrestation en mai 2021, Nekkaz a été incarcéré de décembre 2019 à février 2021, notamment pour «incitation à la violence via les réseaux sociaux».

L’homme d’affaire et ancien politicien a conclu le communiqué en rappelant avoir bénéficié à trois reprises de la grâce présidentielle et assure qu’il «n'a pas peur de la mort. Mais il refuse de se laisser mourir comme un rat, victime d'une bureaucratie administrative qui refuse d'appliquer la décision du président de la République qui lui a pourtant accordé le pardon «pour raisons médicales». 

Homme d'affaires né en France, Rachid Nekkaz, 51 ans, très présent sur les réseaux sociaux avait annoncé son intention de participer à l'élection présidentielle algérienne en 2014. 

Sa candidature a été rejetée car il possédait, à l’époque, la nationalité française. Or la loi prévoit notamment qu'un candidat ne doit jamais «avoir possédé une autre nationalité» qu'algérienne. Il renonce donc à la citoyenneté française. 

De nouveau candidat en 2019, il est frappé d’inéligibilité pour avoir appelé à tirer sur les députés qui voteraient la loi sur les hydrocarbures.

L
Rachid Nekkaz, le cousin de l'homme d'affaires et homme politique algérien répond à la presse au conseil constitutionnel, à Alger, le 03 mars 2019, le jour du dépôt des candidatures pour le scrutin du 18 avril 2019 (Photo, AFP).

Il avait trouvé une parade en présentant à sa place son cousin mécanicien, qui vit en Algérie et possède les mêmes nom et prénom que lui. 

Également connu en France, l’homme d’affaire algérien y avait provoqué une polémique en payant les amendes de femmes verbalisées pour port du niqab.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

Short Url
  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Short Url
  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Short Url
  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.