L'accord entre Riyad et Téhéran pourrait renforcer le soutien à la cause palestinienne

L'accord entre Riyad et Téhéran aura sans aucun doute un effet positif sur la sécurité et la stabilité de la région, ainsi que sur la cause palestinienne (Photo, AFP).
L'accord entre Riyad et Téhéran aura sans aucun doute un effet positif sur la sécurité et la stabilité de la région, ainsi que sur la cause palestinienne (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 22 mars 2023

L'accord entre Riyad et Téhéran pourrait renforcer le soutien à la cause palestinienne

  • De nombreux analystes estiment que l'accord entre l’Arabie saoudite et l’Iran aidera la Palestine et affaiblira Israël
  • Le politicien palestinien Nabil Amr a peu d’espoir quant aux chances de réconciliation entre le Fatah et le Hamas

RAMALLAH: L'accord entre l'Arabie saoudite et l'Iran visant à rétablir les relations diplomatiques pourrait contribuer à mobiliser le soutien à la cause palestinienne et pourrait même ouvrir la voie à une éventuelle réconciliation entre le Fatah et le Hamas, selon des sources palestiniennes.

Les hommes politiques et les analystes ont qualifié l'accord d’étape positive susceptible de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région, améliorant ainsi la capacité des pays arabes et islamiques à répondre collectivement et efficacement aux menaces et aux défis, à défendre les intérêts du peuple palestinien et à soutenir sa cause.

Le 10 mars, à l'issue de pourparlers organisés à Pékin sous l'égide de la Chine, l'Arabie saoudite et l'Iran ont annoncé la reprise de leurs relations diplomatiques et la réouverture de leurs ambassades dans un délai de deux mois. De nombreux analystes politiques et experts ont indiqué que l'accord est susceptible d'avoir un impact négatif sur Israël en affaiblissant sa position et en renforçant la cause palestinienne.

Selon Jibril Rajoub, secrétaire général du comité central du Fatah, interrogé par Arab News, le rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran représente une étape stratégique qui affectera de manière significative la sécurité, la stabilité et d'autres intérêts et problèmes régionaux, en particulier la cause palestinienne.

Au début de la session hebdomadaire du Conseil des ministres de l'Autorité palestinienne à Ramallah, le Premier ministre, Mohammed Chtayyeh, s'est félicité de cet accord.

Selon Ahmed Majdalani, ministre palestinien du Développement social, l'accord entre Riyad et Téhéran aura sans aucun doute un effet positif sur la sécurité et la stabilité dans la région, ainsi que sur la cause palestinienne. Il pourrait également contribuer à améliorer les relations entre le Fatah et le Hamas, a-t-il expliqué à Arab News.

Nasser al-Kidwa, ancien représentant de l'Organisation de libération de la Palestine auprès des Nations unies, a estimé lui aussi que l'accord aidera la cause palestinienne en affaiblissant Israël.

Pour Islam Chahwan, un expert en sécurité et en affaires politiques de Gaza, «l'effet de l'accord entre l'Iran et l'Arabie saoudite se concentrera sur le renforcement du soutien à la cause palestinienne.»

L'influence du Royaume sur l'Autorité palestinienne et celle de l'Iran sur le Hamas et le Djihad islamique pourraient, à leur tour, amener le Hamas à accepter une trêve à long terme en Cisjordanie, a-t-il souligné à Arab News.

L'Arabie saoudite pourrait également être plus ouverte à traiter avec le Hamas et le Djihad islamique, contribuer davantage aux projets qui soutiennent les Palestiniens à Jérusalem-Est et, d'une manière générale, renforcer le rôle et l'image de l’Arabie saoudite en tant que le plus important pays islamique, a ajouté Chahwan.

L'analyste politique Majdi Halabi a spécifié que le rapprochement saoudien pourrait persuader Téhéran de soutenir une solution à deux États afin de mettre fin à l'occupation du territoire palestinien, plutôt que d'appeler à l'élimination d'Israël.

«La perspective adoptée par l'Arabie saoudite, représentée dans l'initiative de paix arabe de 2002, est plus proche de la résolution du conflit israélo-palestinien que l'Iran, qui parle de libérer Jérusalem et d'effacer Israël de l'existence, mais ces slogans creux ne profitent pas à la cause palestinienne», a souligné Halabi à Arab News.

Constatant l’immense colère des Israéliens face à l'accord, il a ajouté que le l’Arabie saoudite est l'un des rares pays capables de persuader Israël de revenir à la table des négociations avec les Palestiniens, grâce à son influence politique régionale et internationale.

Toutefois, Halabi est moins optimiste quant à la capacité de l'Arabie saoudite ou de l'Iran à parvenir à une réconciliation entre le Fatah et le Hamas, soulignant que l'Arabie saoudite a déjà essayé d'encourager une telle réconciliation, mais en vain.

Mukhaimer Abou Saada, professeur de sciences politiques à l'université Al-Azhar de Gaza, reconnaît qu'il y a encore peu de chances que le Fatah et le Hamas résolvent leurs différends. Il a cependant assuré à Arab News qu'il n'y avait aucune chance que le Royaume normalise ses relations avec Israël, comme l'ont fait d'autres pays arabes ces dernières années, tant que la question palestinienne ne serait pas résolue.

Le politicien palestinien Nabil Amr a également signalé au quotidien qu'il ne pensait pas que l'accord entre l'Arabie saoudite et l'Iran améliorerait les chances de réconciliation entre le Fatah et le Hamas.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
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  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.