Dépôt pétrolier, ports, routes: nouvelles actions de blocage à travers le pays contre la réforme des retraites

Un membre du syndicat de la CGT tient une torche de fumée devant une voiture brûlée et renversée lors d'un blocus du port de Marseille, dans le sud de la France, le 22 mars 2023. (AFP)
Un membre du syndicat de la CGT tient une torche de fumée devant une voiture brûlée et renversée lors d'un blocus du port de Marseille, dans le sud de la France, le 22 mars 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 22 mars 2023

Dépôt pétrolier, ports, routes: nouvelles actions de blocage à travers le pays contre la réforme des retraites

  • Des palettes brûlent sur la voie générant beaucoup de fumée, à l'entrée de Marseille, l'autoroute est fermée et le trafic dévié
  • Le port de Marseille-Fos, l'un des plus importants de France, était totalement bloqué dans le cadre d'une journée d'action «ports morts» à l'appel du syndicat CGT

PARIS: Plusieurs actions de blocage contre la réforme des retraites, touchant dépôt pétrolier, ports, routes, le secteur électrique et une université se sont déroulées mercredi matin à travers le pays.

Dépôts pétroliers

Le dépôt pétrolier de Puget-sur-Argens, dans le Var, est bloqué depuis 08h00 par des manifestants, a indiqué la Préfecture du Var à l’AFP.

Deux actions simultanées de "blocage" sur deux ronds-points desservant deux dépôts pétroliers de la société Docks des pétroles d’Ambès (DPA), ont été menées à Saint-Vincent-de-Paul et à Bassens, au nord de Bordeaux, entraînant des perturbations dans la circulation.

"On est là depuis ce matin 5h00, on est 200 camarades qui bloquons en espérant que ce gouvernement comprenne qu'il faut retirer cette réforme injuste", a déclaré le secrétaire général FO Transports, Luc Ligey, au site DPA de Bassens.

Patientant dans sa voiture bloquée au rond-point, une automobiliste, Monica Stranszky, estimait que ce "mouvement est légitime vu que la démocratie n'est pas respectée par le passage en force de ce projet de loi".

Ports

Le port de Marseille-Fos, l'un des plus importants de France, était totalement bloqué dans le cadre d'une journée d'action "ports morts" à l'appel du syndicat CGT.

"Tous les accès sont bloqués, les navires à quai ne peuvent pas être déchargés ni chargés et doivent attendre", a indiqué à l'AFP Alain Mistre, président de l'Union maritime et fluviale, qui regroupe les entreprises du port. "Ceux qui sont en mer restent en rade".

Dans la zone portuaire de Capécure à Boulogne-sur-Mer, un groupe de syndicalistes menait depuis 5H00 une action "coup de poing", selon Sébastien Merlin, de la CGT Cheminots. Le groupe, très mobile, a allumé des brasiers sur la rocade menant au port, puis successivement sur trois rond-point dans Capécure, disparaissant à chaque fois à l’arrivée des forces de l’ordre, a constaté un correspondant de l’AFP.

Routes

Des feux de palettes ont conduit à la fermeture de l'autoroute A55 dans un sens à Marseille, causant des difficultés pour entrer dans la deuxième ville de France, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les automobilistes entrant à Marseille à cette heure de pointe doivent emprunter des rues entre l'autoroute et le port, ce qui crée un trafic ralenti sur cet itinéraire bis.

En Savoie, une centaine de manifestants ont mené deux opérations "péage gratuit" mercredi entre 7h00 et 9h00 sur l'A43 et l'A430 au niveau des péages de Chambéry Nord (sans Lyon-Chambéry) et de celui de Saint-Hélène-sur-Isère.

"Ca vient de se terminer, on a eu un très bon accueil des automobilistes et la gendarmerie était présente mais elle a laissé faire. La décision de lever l’opération a été prise par l’intersyndicale", a rapporté à l’AFP Eric Granata, secrétaire général de l’Union départementale CGT Savoie.

Electricité

A Montbéliard (Doubs), le blocage du bureau d’exploitation Enedis pour l’Alsace et la Franche Comté a été reconduit ce matin, par une cinquantaine de manifestants. Le blocage n’empêche pas la distribution d’électricité, mais empêche les travaux sur les réseaux en Alsace Franche-Comté.

"Ce mouvement, c’est une manière pour nous d’interpeller notre direction et notre ministère de tutelle pour dire qu’on ne veut pas de cette réforme des retraites. On ne lâchera rien. Face aux blocages, le président Chirac avait retiré le CPE, donc c’est possible", a déclaré un élu CGT-FNME (fédération nationale des mines et de l’énergie CGT), préférant garder l'anonymat.

Université

Le site de Bron de l’Université Lyon 2 était bloqué mercredi par des étudiants. La direction de la faculté a annoncé qu’aucune activité n’aurait lieu ce mercredi sur le site, car "les conditions d’accueil des étudiants et personnels ne sont pas réunies".


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.