La crise bancaire consacre les actions technologiques comme improbable valeur refuge

La décélération de la Fed, dont le message prudent, mercredi, a poussé les opérateurs à tabler sur un arrêt immédiat du resserrement monétaire et une série de baisses de taux d'ici la fin de l'année. (AFP)
La décélération de la Fed, dont le message prudent, mercredi, a poussé les opérateurs à tabler sur un arrêt immédiat du resserrement monétaire et une série de baisses de taux d'ici la fin de l'année. (AFP)
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Publié le Dimanche 26 mars 2023

La crise bancaire consacre les actions technologiques comme improbable valeur refuge

  • Meta, Alphabet et Microsoft ont tous gagné plus de 10% à Wall Street depuis les prémices de la tempête qui a balayé le secteur bancaire américain, début mars
  • A la différence du tournant des années 2000, le monde numérique est désormais ancré dans nos vies

NEW YORK: Longtemps vues comme risquées et trop chères, les actions du secteur technologique ont brillé depuis le début de la crise bancaire, au point d'être désormais considérées comme une valeur refuge pour les investisseurs.

Meta, Alphabet et Microsoft ont tous gagné plus de 10% à Wall Street depuis les prémices de la tempête qui a balayé le secteur bancaire américain, début mars, alors que, dans le même temps, l'indice Dow Jones lâchait plus de 2%.

"Les investisseurs voient ces grandes capitalisations technologiques comme une destination sûre en ce moment", observe Angelo Zino, de CFRA Research.

Le label tranche avec l'image longtemps véhiculée par la tech depuis l'explosion de la bulle internet, en 2000, celle d'un secteur souvent surévalué, aux perspectives financières très incertaines, propice aux mauvaises surprises.

"Beaucoup crient +au feu+" depuis des mois "à propos du secteur technologique, mais le Nasdaq est en hausse d'environ 13% cette année", souligne Dan Ives, de Wedbush Securities, dans une note. "Nombre d'investisseurs qui pariaient à la baisse cherchent à comprendre."

"Une part importante des plus grandes entreprises du monde viennent de la tech", rappelle Scott Kessler, de Third Bridge, leurs capitalisations massives les protégeant partiellement de la volatilité ambiante. "Et elles ont une flexibilité financière et des réserves de cash énormes", ce qui leur donne une assise considérable en période agitée sur les marchés.

En outre, à la différence du tournant des années 2000, le monde numérique est désormais ancré dans nos vies.

"Les gens ne vont pas se passer de Windows ou d'AWS (la filiale d'Amazon dédiée au cloud) d'un seul coup, ou arrêter de faire des recherches sur internet", fait valoir l'analyste. Désormais, les services qu'offrent les mastodontes du net et de l'informatique "sont vus comme fondamentaux et nécessaires".

«Un énorme nuage»

A ces éléments structurels, s'ajoutent des facteurs conjoncturels qui ont offert aux actions de la nouvelle économie un alignement des astres inattendu.

Parmi les acteurs qui ont convergé vers ces valeurs, selon Dan Ives, un nombre important ont choisi de déserter le secteur financier, "ne sachant pas quelle banque était en crise ou quelle nouvelle allait tomber un dimanche soir" sur des mesures d'urgence.

Les Etats-Unis restent, en effet, fragilisés par la chute de trois banques en quelques jours, ce qui a érodé la confiance des marchés dans le système financier, même si la panique a été contenue.

Ceux qui ont fait le déplacement ont trouvé des valorisations attractives, dues à la brutale correction qui a marqué la tech en 2022, provoquée par la sortie de la pandémie de coronavirus et un cycle de resserrement monétaire à marche forcée.

Par ailleurs, depuis la fin de l'année dernière, "les investisseurs ont droit à ce qu'ils attendent (de la part des géants technologiques), c'est-à-dire des plans d'économies", souligne Angelo Zino.

Amazon a encore annoncé, cette semaine, 9 000 suppressions de postes, qui s'ajoutent aux 18 000 lancées en janvier. Quelques jours plus tôt, Meta avait frappé beaucoup plus fort encore, en portant à 24% la réduction de ses effectifs depuis novembre.

"Le sentiment général vis-à-vis de ces grands noms a changé, du fait de l'accent qu'ils ont mis sur l'efficience" et la rationalisation de leurs coûts, juge Scott Kessler, un paramètre qui n'apparaissait pas, jusqu'ici, comme un impératif du fait de leur croissance irrésistible.

Dernière carte dans le jeu des valeurs technologiques, la décélération de la banque centrale américaine (Fed), dont le message prudent, mercredi, a poussé les opérateurs à tabler sur un arrêt immédiat du resserrement monétaire et une série de baisses de taux d'ici la fin de l'année.

Le scénario serait idéal pour ceux qu'on appelait naguère les "Gafam", avant que Facebook ne devienne Meta et que Google ne soit chapeauté par Alphabet, car ces groupes, comme tout le secteur technologique, dépendent des conditions de crédit pour financer leur développement rapide.

"Les hausses de taux ont l'air terminées, ce qui dissipe un énorme nuage au-dessus de l'industrie", confirme Dan Ives.

Toutes les valeurs du milieu n'ont pas les mêmes perspectives, prévient néanmoins Angelo Zino, pour qui "certaines capitalisations plus modestes vont avoir plus de mal à digérer le durcissement de l'accès au crédit" lié aux turbulences qui traversent le système bancaire. La crise a démarré avec la faillite de Silicon Valley Bank (SVB), grand argentier des start-up technologiques.

Pour ces sociétés moins établies, dit-il, "il va falloir être plus sélectif".


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.