Quatre morts dans une province yéménite du Sud alors que la coalition arabe bombarde Sanaa

La fumée monte à la suite d'une frappe aérienne signalée par la coalition dans la capitale yéménite Sanaa, le 27 novembre 2020. (AFP)
La fumée monte à la suite d'une frappe aérienne signalée par la coalition dans la capitale yéménite Sanaa, le 27 novembre 2020. (AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 29 novembre 2020

Quatre morts dans une province yéménite du Sud alors que la coalition arabe bombarde Sanaa

  • Des avions militaires de la coalition arabe ont ciblé certains sites soupçonnés d’entreposer des missiles balistiques et des drones
  • Les combats ont fait rage vendredi et samedi sur les principaux champs de bataille du pays alors que les forces gouvernementales contraient les attaques des Houthis

AL-MUKALLA : Quatre personnes ont été tuées vendredi lors d’un échange de tirs de mortier entre les forces du gouvernement et les séparatistes dans la province d’Abyan au Sud du Yémen, ont déclaré des officiers militaires locaux à Arab News.

Vendredi soir,  les forces du gouvernement stationnées dans la région de Cheikh Salem ont bombardé les forces loyales au Conseil de transition du Sud (STC) pro-indépendance, tuant quatre combattants — dont deux officiers — selon un officier du gouvernement et les médias du STC. Les forces du STC ont répondu en bombardant des emplacements de l’armée à Abyan, sans faire de victimes. Le chef du STC, Aidarous Al-Zubaidi, a déploré les quatre combattants dans une lettre adressée à leurs familles, décrivant l’attaque du gouvernement contre ses forces comme étant une « opération terroriste perfide ».

Les médias du STC ont déclaré que l’attaque meurtrière avait été effectuée par un drone Bayraktar TB2 fabriqué en Turquie que les forces gouvernementales auraient obtenu récemment. Les commandants de l’armée locale ont fermement nié avoir reçu ou utilisé des drones turcs. « Non, non, nous n’avons pas utilisé de drones et nous n’en avons pas. Nous les avons bombardés avec des mortiers de 120mm », a expliqué l’officier du gouvernement, qui a requis l’anonymat, à Arab News.

Des affrontements sporadiques acharnés et un échange de tirs d’artillerie entre le gouvernement et le STC ont eu lieu au cours des derniers mois en dépit des engagements des deux parties à adhérer  à l’Accord de Riyad négocié par l’Arabie saoudite. Cet accord, qui vise à apaiser les tensions entre les deux parties, a commencé début 2018 en incluant le STC dans un gouvernement partagé en échange du retrait des forces d’Aden et d’autres zones contestées dans le Sud du Yémen.

Le Premier ministre désigné, Maeen Abdulmalik Saeed, n’a pas respecté de nombreuses dates butoir pour la formation d’un nouveau gouvernement car les forces politiques se disputent des ministères clés et tentent de s’entendre sur ce qui devrait être prioritaire : l’annonce du gouvernement ou le retrait des forces des zones contestées.

Dans la région de Sanaa contrôlée par les Houthis, des avions militaires de la coalition arabe ont ciblé vendredi certains sites soupçonnés d’entreposer des missiles balistiques et des drones, selon le ministère de la Défense yéménite. Ces avions militaires ont frappé les montagnes de Faj Attan et d’Ayban à l’ouest de la capitale, la base militaire d’Al-Sama dans le quartier d’Arhab, à l’extérieur de la capitale, ainsi que les rassemblements militaires de la milice houthie dans les bases militaires de Jarban et de Riymat Hamed au sud de Sanaa, a indiqué le ministère dans un communiqué sur son site d’information. De grandes explosions ont secoué Sanaa et une épaisse fumée s’échappait des sites ciblés.

Par ailleurs, les combats ont fait rage vendredi et samedi sur les principaux champs de bataille du pays alors que les forces gouvernementales contraient les attaques des Houthis dans les provinces de Taiz, Jouf, Marib et Sanaa. Les médias locaux ont rapporté samedi que les forces du gouvernement et les membres des tribus alliées se sont livrés à de violents combats avec les Houthis dans les zones contestées de la province centrale de Marib. Les avions militaires de la coalition arabe ont lancé de nombreuses frappes aériennes à Marib, ciblant des rassemblements militaires houthis et du matériel militaire, ce qui a permis aux forces du gouvernement de repousser les rebelles.

Dans la province de Sanaa, un missile balistique tiré par les Houthis samedi depuis une région au nord de la capitale n’est pas arrivé à destination et a atterri dans un village peu après son lancement. Yemen Today TV et d'autres médias locaux anti-Houthis ont rapporté que les Houthis avaient bouclé la zone où le missile avait atterri, empêchant les habitants de sortir de leurs maisons ou d'y entrer.

Le conflit actuel au Yémen a commencé fin 2014, lorsque les Houthis ont pris d’assaut la capitale, Sanaa, et se sont ensuite rapidement répandus dans le pays, déclenchant de violents combats avec les forces du gouvernement.


Désarmement du Hezbollah: le Liban demande à l'Iran "une nouvelle approche"

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
Short Url
  • Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a appelé l’Iran à adopter une nouvelle approche pour le désarmement du Hezbollah et a insisté sur le monopole des armes par l’État libanais
  • L’armée libanaise a achevé le désarmement dans le Sud du pays, mais Israël juge les efforts insuffisants, tandis que Beyrouth renforce sa vigilance face aux pressions et ingérences iraniennes

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie libanaise a appelé vendredi son homologue iranien, en visite au Liban, à trouver "une nouvelle approche" pour régler l'épineux problème du désarmement du Hezbollah financé par Téhéran.

Beyrouth est soumis à une intense pression des Etats-Unis pour désarmer le Hezbollah, affaibli par une guerre avec Israël, alors que l'Iran, comme la formation islamiste, ont affiché leur opposition à cette mesure.

"La défense du Liban est de la responsabilité de l'Etat libanais (...) qui doit avoir le monopole des armes", a déclaré le ministre Youssef Raggi à son homologue iranien Abbas Araghchi, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Il a demandé à son interlocuteur "si Téhéran accepterait l'existence d'une formation armée illégale sur son territoire".

Dans ces conditions, le ministre a exhorté l'Iran à "discuter avec le Liban afin de trouver une nouvelle approche concernant les armes du Hezbollah, en s'appuyant sur sa relation avec le parti, afin que ces armes ne soient pas un prétexte pour affaiblir le Liban".

En décembre, M. Raggi avait décliné une invitation de son homologue à se rendre en Iran, et proposé une rencontre dans un pays tiers.

L'armée libanaise a annoncé jeudi avoir mené à terme le désarmement du Hezbollah dans la partie sud du pays proche d'Israël, qui a cependant jugé les efforts du Liban "loin d'être suffisants" et de nouveau frappé son voisin vendredi.

Le ministre iranien, arrivé jeudi au Liban, a également été reçu par le président Joseph Aoun vendredi matin et devait rencontrer plusieurs autres hauts dirigeants libanais.

Il s'était rendu jeudi après-midi au mausolée de Hassan Nasrallah, l'ancien chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth en septembre 2024.

Depuis la guerre entre le Hezbollah et Israël, les responsables libanais se sont montrés plus critiques envers l'Iran.

En août, le Liban avait signifié à un haut responsable iranien, Ali Larijani, en visite à Beyrouth, son refus catégorique de "toute ingérence" dans ses affaires internes, après des critiques par Téhéran de la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah.


Le ministre saoudien de la Défense : Riyad engagé pour une solution juste pour le Sud, la dissolution du STC est une décision courageuse

« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
Short Url
  • Riyad affirme son engagement en faveur d’une solution juste pour le Sud, soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad
  • Le ministre saoudien de la Défense salue la dissolution du STC comme une décision courageuse favorisant une participation plus inclusive des acteurs du Sud.

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a déclaré que l’annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud (STC) allait dans le sens de l’intérêt général. Dans son premier commentaire depuis cette annonce, il a affirmé que « la question du Sud dispose désormais d’une véritable voie, parrainée par le Royaume et soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad, visant à rassembler nos frères du Sud afin d’élaborer une vision globale de solutions justes répondant à leur volonté et à leurs aspirations ».

Dans un message publié sur la plateforme X, le ministre de la Défense a ajouté : « Le Royaume constituera un comité préparatoire, en concertation avec des personnalités du Sud, afin d’organiser la conférence, laquelle réunira des participants de tous les gouvernorats du Sud, sans exclusion ni discrimination. Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence afin qu’ils puissent être présentés dans le cadre du dialogue sur une solution politique globale au Yémen. »

Il a conclu en déclarant : « La décision prise par des figures et des dirigeants du Sud de dissoudre le Conseil de transition est une décision courageuse, motivée par la préoccupation pour l’avenir de la cause du Sud et visant à encourager une participation plus large des forces du Sud à la Conférence de Riyad, au service de leur cause. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le STC annonce sa dissolution

Short Url
  • Des membres du groupe se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud à Riyad

RIYAD : Le Conseil de transition du Sud (STC), groupe séparatiste yéménite, a annoncé sa dissolution à l’issue de discussions tenues en Arabie saoudite. Plusieurs membres du STC se trouvent actuellement à Riyad pour des pourparlers visant à mettre fin aux troubles dans le sud du Yémen. Le groupe a salué les efforts de l’Arabie saoudite, tandis que l’ancien chef du STC, Aidarous al-Zubaidi — désormais recherché par le Conseil présidentiel pour haute trahison — a fui le Yémen et n’a pas pris part aux discussions.

Une source yéménite a déclaré à Arab News :
« Cette annonce et la facilité affichée dans la déclaration télévisée montrent en réalité qu’Al-Zubaidi constituait l’obstacle, et que la majorité des habitants du Sud sont ouverts à un règlement de leur cause par le dialogue et la discussion. »

Les membres du Conseil de transition du Sud (STC) se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud organisée à Riyad.

Au cours de la réunion, le Conseil a estimé que les opérations militaires menées dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra avaient porté atteinte à la cause du Sud au Yémen.

Le STC a affirmé ne pas avoir participé à la décision de lancer ces opérations militaires.

« Nous espérons parvenir à une vision et à un cadre pour résoudre la question du Sud lors de la conférence de Riyad », a déclaré le Conseil.

Le STC a remercié l’Arabie saoudite pour l’accueil et l’organisation de la conférence de dialogue à Riyad.

Traduction intégrale du communiqué du STC, selon l’agence de presse yéménite SABA

Annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud

La présidence du Conseil de transition du Sud, la direction exécutive suprême, le secrétariat général ainsi que les autres organes affiliés ont tenu une réunion afin d’évaluer les récents événements malheureux survenus dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra, ainsi que le rejet de toutes les initiatives visant à la désescalade et au règlement de la situation. Ces développements ont entraîné des conséquences graves et douloureuses.

En référence au communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite concernant son parrainage d’un dialogue du Sud pour résoudre la question du Sud — et afin de préserver l’avenir de la cause du Sud et le droit des populations du Sud à restaurer leur État conformément à leur volonté et à leurs aspirations, tout en maintenant la paix et la sécurité sociale dans le Sud et la région — nous annonçons ce qui suit :

Le Conseil de transition du Sud a été créé pour porter la cause des populations du Sud, les représenter et les guider vers la réalisation de leurs aspirations et la restauration de leur État. Il n’a jamais été conçu comme un instrument d’accaparement du pouvoir, de monopole de la décision ou d’exclusion d’autrui.

Étant donné que nous n’avons pas participé à la décision de lancer l’opération militaire en Hadramaout et à Al-Mahra — opération qui a porté atteinte à l’unité du Sud et nui aux relations avec la Coalition dirigée par le Royaume d’Arabie saoudite, laquelle a consenti et continue de consentir d’importants sacrifices et un soutien politique, économique et militaire constant — la poursuite de l’existence du Conseil ne sert plus l’objectif pour lequel il a été fondé.

En conséquence, et conformément à notre responsabilité historique envers la cause du Sud, nous annonçons la dissolution du Conseil de transition du Sud, la dissolution de tous ses organes principaux et subsidiaires, ainsi que la fermeture de l’ensemble de ses bureaux à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Nous œuvrerons désormais à la réalisation de notre juste cause du Sud en nous préparant à participer à la conférence du Sud sous le parrainage du Royaume.

Nous saluons le Royaume d’Arabie saoudite pour ses engagements clairs et explicites, ainsi que pour l’attention sincère qu’il porte à notre cause en recherchant des solutions conformes à la volonté et aux aspirations des populations du Sud.

Nous appelons toutes les figures et forces actives du Sud à s’engager dans la voie du dialogue du Sud, dans l’espoir de parvenir à une vision et à un cadre permettant de résoudre la question du Sud et de répondre aux aspirations de la population par sa libre volonté, au sein d’un cadre du Sud inclusif.

Depuis cette tribune, nous appelons les populations du Sud, nos collègues de la capitale Aden et de l’ensemble des gouvernorats de notre cher Sud à mesurer la gravité de ce moment, la sensibilité de cette phase et l’importance d’unir les efforts afin de préserver nos acquis et de protéger le Sud du chaos et de l’instabilité.

Nous réaffirmons notre engagement continu à servir la cause juste et légitime des populations du Sud et à réaliser leurs aspirations conformément à leur volonté. Nous exprimons également notre gratitude à la direction et au peuple du Royaume d’Arabie saoudite pour l’organisation de la conférence de dialogue du Sud et pour leur soutien constant au Sud, à sa cause et à ses populations à toutes les étapes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com