Le Liban revient sur sa décision impopulaire de reporter d’un mois l’heure d’été

Le petit pays méditerranéen avance normalement ses aiguilles d’une heure le dernier dimanche de mars, comme la plupart des pays européens. (AFP)
Le petit pays méditerranéen avance normalement ses aiguilles d’une heure le dernier dimanche de mars, comme la plupart des pays européens. (AFP)
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Publié le Mardi 28 mars 2023

Le Liban revient sur sa décision impopulaire de reporter d’un mois l’heure d’été

  • La décision du Premier ministre montre à quel point le Liban peut facilement sombrer dans une plus grande division
  • Ceux qui ont rejeté la décision de Najib Mikati soutiennent que la modification de l’heure d’été nécessite la validation du gouvernement et que le Premier ministre avait unilatéralement pris cette décision

BEYROUTH: À l’issue d’une session extraordinaire qui s’est tenue lundi, le gouvernement libanais a décidé de passer officiellement à l’heure d’été dans la nuit de mercredi à jeudi.
La décision de reporter d’un mois le passage à l’heure d’été, prise de manière unilatérale par le Premier ministre, Najib Mikati, la semaine dernière, à la suite d’une discussion avec le président de la Chambre des députés, Nabih Berri, a suscité polémiques et réactions sectaires, notamment au sein de la communauté maronite.
La décision du Premier ministre montre à quel point le Liban peut facilement sombrer dans une plus grande division, ce qui reflète la tension politique résultant du vide présidentiel qui dure depuis cinq mois.
«Depuis la fin du mandat de l’ancien président, Michel Aoun, j’ai travaillé sans relâche avec un groupe de ministres, l’armée, les forces de sécurité et les employés de l’administration publique pour préserver la structure de l’État libanais qui deviendrait très difficile à reconfigurer si jamais elle s’effondrait. Je n’ai jamais été partisan de la défiance ou de l’empiétement sur les autorités religieuses», a déclaré M. Mikati lundi.
Le but de cette décision était de permettre à ceux qui jeûnent pendant le mois de ramadan de se reposer pendant une heure sans causer de préjudice à aucune autre composante libanaise, ajoute-t-il.
«Je n’aurais jamais imaginé que certains considéreraient cette décision comme confessionnelle ou sectaire. Je croule depuis sous une montagne d’accusations et de tromperies.»
«J’ai persévéré et souffert en silence, mais aujourd’hui, je place chacun devant ses responsabilités. Le plus simple pour moi serait de m’abstenir de tenir des réunions et la chose la plus difficile est de continuer à en assumer la responsabilité. Chaque personne a son propre niveau d'endurance, et le mien est en train de s'épuiser.»
«Le vrai problème est le vide présidentiel et je n’en assume pas la responsabilité. Les personnes responsables sont les dirigeants politiques et spirituels, principalement les blocs parlementaires qui ont perturbé le quorum lors des onze sessions électorales et ceux qui se sont engagés à ne pas l’obtenir lors des sessions suivantes en refusant de s’entendre sur un candidat.»
Le Premier ministre souligne que la communauté sunnite qu’il représente «a toujours été patriote et a préservé, à travers l’Histoire, l’unité du pays et de ses institutions, tout en œuvrant, par l’intermédiaire de ses dirigeants, à formuler des projets nationaux et non sectaires depuis l’indépendance du Liban».
Il ajoute que l’annonce de l’annulation de la décision de la semaine dernière nécessite «un délai de quarante-huit heures pour régler certaines questions techniques», en référence à la reprogrammation des horaires de vol à destination et en provenance de Beyrouth et à la programmation des serveurs informatiques dans les institutions et les réseaux de téléphonie mobile.
Cette décision divise les Libanais. Certaines institutions médiatiques privées et certains établissements d’enseignement ont refusé de s’y conformer. Le ministre de l’Éducation par intérim, Abbas Halabi, a déclaré dimanche dans un communiqué que «l’heure d’été est approuvée et sera appliquée dans le secteur de l’éducation».
Ceux qui ont rejeté la décision de Najib Mikati soutiennent que la modification de l’heure d’été nécessite la validation du gouvernement et que le Premier ministre avait unilatéralement pris cette décision. Le gouvernement s’est donc réuni lundi pour débattre exclusivement de la question.
Le gouvernement libanais tiendra également une session pour approuver les augmentations des salaires dans le secteur public et mettre en œuvre un accord visant à augmenter le salaire minimum à 4 500 000 livres libanaises (295 dollars; 1 dollar = 0,92 euro), à augmenter l’indemnité de transport à 125 000 livres libanaises et à doubler les allocations scolaires et familiales.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.