Sauver les vols européens avant l'été?

Un Boeing 737 de Ryanair en provenance de Tanger est vu sur le tarmac après son atterrissage à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, dans le sud-ouest de la France, le 6 février 2023. (AFP).
Un Boeing 737 de Ryanair en provenance de Tanger est vu sur le tarmac après son atterrissage à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, dans le sud-ouest de la France, le 6 février 2023. (AFP).
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Publié le Mercredi 29 mars 2023

Sauver les vols européens avant l'été?

  • Les grèves du personnel de contrôle aérien français ont déjà perturbé le trafic de plus d'un million de passagers en 2023, provoquant la frustration des passagers concernés
  • Ryanair a appelé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à protéger les vols des passagers pendant les grèves

PARIS: Les voyageurs ne sont pas les seuls à en avoir assez des modifications constantes de leurs horaires de vol. La situation est la même pour les compagnies aériennes. Ryanair, l'une des plus grandes compagnies aériennes européennes, a appelé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à protéger les vols des passagers pendant les grèves des contrôleurs aériens français. 

Une série de manifestations a éclaté en France le 19 janvier 2023, organisées par les opposants au projet de loi sur la réforme des retraites proposé par le gouvernement Borne, qui ferait passer l'âge de la retraite de 62 à 64 ans. En réaction, différents syndicats à travers le pays ont lancé des appels nationaux à la grève au sein de leurs opérations, y compris Air France.

Mouvement national d’appel à la grève du 28 au 31 mars 2023

La Direction générale de l’aviation civile a demandé à l’ensemble des compagnies aériennes de réduire leur programme de vols de et vers Paris-Orly et de certains aéroports français du 28 au 31 mars 2023 dans le cadre du mouvement national d’appel à la grève en France. 

Pour ces journées, Air France prévoit d’assurer: 

  • la totalité de ses vols long-courriers, 
  • tous ses vols de et vers Paris-Charles de Gaulle, 
  • près de huit vols sur dix entre Paris-Orly et certains aéroports français. 

Des retards et des annulations de dernière minute ne sont pas à exclure. 

Le programme de vols est à jour jusqu'au 31 mars 2023. Les clients concernés par des vols annulés sont notifiés individuellement, par SMS, e-mail ou via l’application Air France. 

Des mesures commerciales consultables sur airfrance.fr permettent une anticipation ou un report sans frais et, pour les clients dont le vol est annulé, un avoir ou un remboursement intégral dans le cas où ils ne voyageraient plus. Air France regrette ce mouvement et met tout en œuvre pour en limiter l'impact sur ses clients.

La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) française a par exemple demandé aux compagnies de renoncer à 20% de leurs vols à Paris-Orly.

"Lors des trois premiers mois de l'année dernière, il y a eu trois jours de grève des contrôleurs aériens français. Depuis le début de l'année, on en est à 23. Et ça continue", a lancé le patron de la compagnie aérienne "low cost" (à bas coûts) Ryanair, Michael O'Leary, au nom de l'association "Airlines for Europe" (A4E) réunie en symposium à Bruxelles.

Les grèves du personnel de contrôle aérien français ont déjà perturbé le trafic de plus d'un million de passagers en 2023, provoquant la frustration des passagers concernés. 

«La liberté de circulation dans l'Union européenne (UE) ne doit pas être l'otage des syndicats. Je suis d'accord avec le droit de grève, mais pas lorsqu'il affecte un secteur aussi important du public», a commenté un signataire de la pétition, montrant toutefois son soutien aux protestations. 

Une autre signataire a comparé la situation aux restrictions imposées par la pandémie: 

«Je suis contre le fait que la liberté de circulation soit à nouveau perturbée. Nous avons eu trop de restrictions sur les voyages pendant la pandémie. Nous vivons pour nos vacances à l'étranger.» 

Les grèves ont également entraîné l'annulation de survols (sans destination vers/depuis la France), alors que les vols français sont protégés par les lois sur le service minimum. Cela signifie que les vols hors de France sont annulés, tandis que les vols intérieurs restent opérationnels. 

Rien que le week-end dernier, "Ryanair a été forcée d'annuler 240 vols, soit 41 000 passagers, parce que le contrôle aérien français ne nous autorisait pas à survoler la France", s'est indigné M. O'Leary. Quelque 400 000 passagers de la low-cost ont quant à eux subi un retard, selon lui. 

Grève du contrôle aérien français: les compagnies aériennes européennes exaspérées

Plusieurs compagnies aériennes européennes de premier plan ont manifesté mercredi leur exaspération face aux grèves de contrôleurs aériens français qui leur coûtent cher selon elles en provoquant retards et annulations, et elles ont appelé la Commission européenne à intervenir.

Des aiguilleurs du ciel participent à la contestation de la réforme des retraites en France, forçant l'administration à annuler une partie des mouvements au départ ou à l'arrivée des aéroports, mais aussi à réduire le nombre de vols pouvant transiter par l'espace aérien du pays.

Vu la position géographique de la France, ces grèves ont des effets en cascade sur l'ensemble du trafic aérien européen: "des Britanniques allant en Espagne, des Allemands au Portugal, des Irlandais en Italie", a illustré Michael O'Leary, au nom de l'association "Airlines for Europe" (A4E) réunie en symposium à Bruxelles.

"Nous sommes très gravement touchés, et on ne voit pas quand cela (la grève) va s'arrêter", a renchéri Johan Lundgren, patron d'une autre low cost, Easyjet, lui aussi chez A4E.

A4E, qui fédère 16 compagnies ou groupes aériens, dont Air France-KLM, Lufthansa et IAG (British Airways, Iberia...), réclame à la Commission européenne qu'elle impose une protection des survols en cas de grève des contrôleurs aériens, une mesure qui existe déjà par exemple en Italie, selon M. O'Leary.

Plus largement, pour la saison estivale à venir, les compagnies, qui font face à une demande revigorée après le Covid-19, se sont dites inquiètes d'une saturation de l'espace aérien européen, déjà fragilisé par les fermetures liées à la guerre en Ukraine.

La réglementation européenne impose aux compagnies aériennes de dédommager les passagers en cas de gros retards ou d'annulations, a rappelé le dirigeant de Ryanair, la plus importante compagnie européenne en nombre de passagers.

"Mais nous ne sommes pas autorisés à récupérer ces sommes auprès des gens qui provoquent ces retards ou annulations, les contrôleurs aériens français, qui bénéficient de l'immunité de la part de leur gouvernement", s'est plaint M. O'Leary.

Afin de sensibiliser l'opinion publique et d'obtenir son soutien, la compagnie irlandaise exhorte donc les voyageurs de toute l'Europe à se joindre à son mouvement et à appeler Mme Von Der Leyen à intervenir pour protéger les vols contre des perturbations évitables cet été. 

Sur son site Web, Ryanair a déclaré qu'elle soumettrait cette pétition à la Commission européenne dès qu'elle aura recueilli un million de signatures. À l'heure actuelle, plus de soixante-six mille personnes ont signé la pétition, et ce nombre augmente de minute en minute. 


Trump suspend son opération d'escorte de navires à Ormuz, dans l'espoir d'un accord avec l'Iran

Le président des États-Unis Donald Trump. (Reuters)
Le président des États-Unis Donald Trump. (Reuters)
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  • Donald Trump suspend temporairement le “Projet Liberté” dans le détroit d’Ormuz pour favoriser un possible accord avec l’Iran, malgré des tensions persistantes
  • Les négociations avancent, mais la situation reste fragile : incidents militaires récents, menaces iraniennes et préparation américaine à reprendre les combats si nécessair

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé la suspension de son "Projet Liberté" d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si "un accord peut être finalisé et signé" avec l'Iran, après ce que le président américain a qualifié de "grands progrès" dans les négociations.

"Compte tenu de l'énorme succès militaire" et des "grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens", le "Projet Liberté (...) sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l'accord peut être finalisé et signé", a écrit mardi le républicain sur son réseau Truth Social.

Il a précisé que cette pause avait été décidée à "la demande du Pakistan et d'autres pays", tout en faisant état du maintien du blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril

Le "Projet Liberté", qui doit permettre à des centaines de bateaux bloqués dans le Golfe de franchir le détroit, avait été lancé lundi.

Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs assuré plus tôt mardi que la phase offensive du conflit avec l'Iran était terminée.

"L'opération est finie. +Fureur épique+ (est finie) - comme le président l'a signifié au Congrès. Nous avons passé ce stade", a affirmé Marco Rubio lors d'un point presse à la Maison Blanche, utilisant le nom de code donné par les Etats-Unis à leurs opérations contre l'Iran.

Le chef d'état-major américain, le général Dan Caine, a cependant averti que l'armée était "prête à reprendre des opérations majeures de combats".

Donald Trump a aussi mis en garde Téhéran, au lendemain d'accrochages en mer et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputés à l'Iran.

"Ils savent ce qu'ils ont à faire et (...) ce qu'ils ne doivent pas faire", a affirmé le président américain, qui s'est toutefois abstenu d'accuser l'Iran d'avoir violé la trêve en vigueur depuis le 8 avril.

Depuis le début de la guerre le 28 février, Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

- Visites en Chine -

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s'est de son côté entretenu mercredi à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi, selon l'agence d'Etat Chine Nouvelle, qui n'a fourni aucune précision sur les discussions.

Cette visite intervient en amont de celle de Donald Trump en Chine, prévue le 14 et 15 mai, où il doit rencontrer son homologue Xi Jinping.

Lundi, l'Iran a tiré des missiles et drones contre des bâtiments militaires américains - interceptés selon le commandement américain pour la région (Centcom). Il a aussi été accusé d'avoir tiré sur les Emirats arabes unis, dans la première attaque contre un pays du Golfe depuis la trêve, ce qu'un haut responsable militaire iranien a démenti mardi soir.

Plus tôt, les Emirats avaient dit avoir à nouveau activé leurs défenses aériennes pour intercepter des missiles et drones tirés, selon eux, depuis l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont menacé quant à eux d'une "riposte ferme" tout navire qui ne se conformerait pas aux règles de passage imposées par Téhéran dans le détroit d'Ormuz.

Les Etats-Unis ne peuvent pas "laisser l'Iran bloquer une voie de navigation internationale", a insisté pour sa part le ministre américain de la Défense Pete Hegseth.

Dans un communiqué, Marco Rubio a annoncé que les Etats-Unis proposeraient une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU pour "défendre la liberté de navigation et sécuriser le détroit d'Ormuz".

Le projet de résolution, rédigé aux côtés de Bahreïn, de l'Arabie saoudite, des Emirats, du Koweït et du Qatar, "exige que l'Iran cesse les attaques, le minage et tout péage" dans le détroit, précise le secrétaire d'Etat.

- "Prêt au dialogue" -

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui accusé les Etats-Unis et leurs alliés de "mettre en péril" la sécurité du transport maritime.

Le Centcom assure, malgré les démentis iraniens, que deux navires marchands battant pavillon américain ont franchi lundi le détroit d'Ormuz sous escorte militaire.

Le géant danois du transport Maersk a aussi annoncé la sortie lundi d'un de ses bateaux, "accompagné de moyens militaires américains", coincé dans le Golfe depuis le début de la guerre.

Du côté de l'or noir, dont le cours est fortement affecté par la crise au Moyen-Orient, les deux principaux contrats pétroliers reculent mercredi, prolongeant leur repli de la veille après une hausse des cours lundi.

Vers 05H00 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI) et celui de Brent de la mer du Nord, lâchaient 1,92% et 1,80% respectivement et restaient toujours au-dessus des 100 dollars.

Les tentatives de relancer les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis sont au point mort depuis une première rencontre directe à Islamabad le 11 avril.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré mardi que son pays était "prêt à tout dialogue".

Mais "il n'a jamais cédé et ne cédera jamais à la force", a-t-il ajouté.


L'UE en sommet avec l'Arménie, pour l'éloigner de la Russie

L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique. (AFP)
L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique. (AFP)
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  • Ce sommet est une "occasion de renforcer nos liens et de porter notre partenariat unique à un niveau supérieur", a expliqué Mme von der Leyen
  • Les dirigeants européens et arméniens ont ainsi signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l'énergie, la sécurité ou le soutien à l'économie

EREVAN: L'Union européenne et l'Arménie ont tenu mardi leur tout premier sommet, illustrant la volonté des Européens d'aider ce pays du Caucase à s'éloigner prudemment de la Russie, son allié historique.

"Nous vivons tous dans un contexte géopolitique volatil et, dans cet environnement difficile, le tout premier sommet UE–Arménie ne pouvait pas être plus opportun", a déclaré à Erevan la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier ministre arménien Nikol Pachinian.

Ce sommet est une "occasion de renforcer nos liens et de porter notre partenariat unique à un niveau supérieur", a expliqué Mme von der Leyen.

Les dirigeants européens et arméniens ont ainsi signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l'énergie, la sécurité ou le soutien à l'économie.

"Nous voulons faire de l'Arménie une destination clé pour les investisseurs", a encore affirmé la présidente de la Commission européenne.

Désormais, "l'UE appelle les entreprises à investir en Arménie. C'est aussi un fait historique, car nous n'avions encore jamais entendu un tel appel, un tel message", s'est félicité M. Pachinian.

"L'Arménie peut devenir un hub régional pour les nouvelles routes commerciales mondiales, en particulier dans le domaine crucial des matières premières critiques. Et l'Europe est prête à vous soutenir", a encore assuré Mme von der Leyen.

L'UE veut en outre aider l'Arménie à mieux résister face aux crises et à combattre la désinformation en matière électorale, alors que des élections législatives doivent se tenir dans un mois dans le pays.

L'Arménie espère également des avancées sur la question de l'assouplissement des visas pour ses ressortissants qui se rendent dans l'UE.

Candidate à l'UE ? 

Autre témoignage du soutien des Européens à l'Arménie, Emmanuel Macron, en visite d'Etat dans le pays et qui a reçu un accueil digne d'une star à son arrivée dimanche, a pris part mardi avec Nikol Pachinian à la deuxième édition du "dialogue d'Erevan", un forum consacré à de multiples sujets, de la résilience démocratique aux interconnexions régionales entre Asie et Europe.

"Je crois très profondément que la vocation de l'Arménie est une vocation européenne", a lancé le président français.

"L'Europe est le partenaire le plus naturel de l'Arménie et du Sud Caucase dans le moment que nous vivons", a-t-il insisté.

Lundi, Erevan a accueilli le 8e sommet de la Communauté politique européenne, rendez-vous qui rassemble deux fois par an des dizaines de dirigeants de toute l'Europe, à l'exception de la Russie et du Bélarus.

En toile de fond de cet étalage de soutiens, se pose la question d'une potentielle future demande d'adhésion de l'Arménie à l'UE, sur laquelle les autorités du pays avancent cependant très prudemment.

Interrogé mardi sur une éventuelle candidature, M. Pachinian a expliqué que son pays devait d'abord se mettre au niveau des exigences liées au processus d'adhésion.

L'an dernier, l'Arménie a adopté une loi déclarant officiellement son intention de se porter candidate à l'UE, dans la continuité d'un partenariat noué en 2017.

Mais Erevan n'a pas encore sauté le pas pour le moment, tandis que Moscou a prévenu qu'il serait "impossible" au pays d'adhérer à l'UE, vu ses liens très étroits avec l'économie russe.

Alliée de longue date à la Russie, notamment pour des raisons de sécurité, l'Arménie abrite une base militaire russe et reste membre d'alliances économiques et sécuritaires avec Moscou.

Les relations entre les deux pays se sont cependant refroidies, Erevan s'interrogeant sur la fiabilité de son allié traditionnel, qui n'est pas venu à son secours lors de la guerre avec l'Azerbaïdjan en 2023.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en août un accord à Washington sous l'égide du président américain Donald Trump en vue de mettre fin au conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.

Les Européens ne sont pas les seuls à se rapprocher de l'Arménie. Le vice-président américain J.D Vance a lui aussi fait le voyage à Erevan en février, première visite d'un tel haut responsable américain dans ce pays du Caucase.


Ormuz: l'armée américaine dit avoir détruit des missiles, des drones et six petits bâteaux iraniens

Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du CENTCOM
  • Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains

WASHINGTON: Les forces armées américaines ont abattu des missiles et des drones iraniens qui visaient les bâtiments de l'US Navy et des navires commerciaux, et ont détruit six petits bateaux iraniens, a annoncé lundi l'amiral américain chargé du Moyen-Orient.

Ces hostilités surviennent au premier jour d'une opération américaine destinée à porter assistance à des navires bloqués dans la région du Golfe et du détroit d'Ormuz, Donald Trump affirmant qu'il s'agit là d'un "geste humanitaire" pour aider les équipages.

D'une part, les forces américaines ont "neutralisé efficacement" l'ensemble des "missiles et drones tirés contre nos forces et contre la navigation commerciale ", a déclaré à la presse l'amiral Brad Cooper, à la tête du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran avait affirmé plus tôt avoir tiré des "missiles de croisière, roquettes et drones de combat" vers des bâtiments américains.

L'amiral a affirmé que la plus grande partie de ces attaques iraniennes ciblaient des navires commerciaux, et qu'une minorité avaient visé des bâtiments militaires américains.

D'autre part, des hélicoptères d'attaque Apache et Seahawk ont visé et détruit "six bateaux iraniens qui représentaient une menace pour la navigation commerciale ", a ajouté l'amiral Brad Cooper.

Donald Trump a affirmé de son côté que "sept petits bateaux" avaient été visés par les tirs américains.

Un haut responsable militaire iranien, cité par la télévision d'Etat, a démenti la destruction des navires iraniens.

"Ensemble défensif" 

Après ces tirs, l'armée israélienne a affirmé être en "état d'alerte élevé".

Selon Donald Trump, "il n'y a pas eu, pour le moment, de dégâts dans le détroit", à part des tirs contre un navire sud-coréen à propos desquels il n'a pas donné de détail.

L'armée américaine affirme que deux destroyers, d'imposants bâtiments qui peuvent tirer des missiles, ont traversé le détroit d'Hormuz dans le cadre de l'opération "Freedom project", annoncée dimanche, tandis que deux navires commerciaux battant pavillon américain ont fait le chemin inverse et "poursuivent leur route en sécurité".

Selon l'amiral Cooper, les forces armées américaines n'escortent pas directement les navires à travers le détroit mais ont déployé "plusieurs couches qui incluent des navires, des hélicoptères, des avions, des avertissements aériens et des attaques électroniques". Le tout constitue selon lui "un ensemble défensif bien plus large" qu'une "simple escorte".

Il a assuré qu'"au final, il y aura une voie de passage dans les deux sens", mais que pour l'instant, "la chose la plus importante (...) est que les navires puissent partir."

Il n'a pas explicitement cité le détroit d'Hormuz, voie stratégique par laquelle transite d'ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole contrôlée par Téhéran depuis le début des hostilités lancées par les Etats-Unis et Israël le 28 février.