Ukraine : rassemblement de fidèles à Kiev devant un monastère visé par un avis d'expulsion

Des fidèles de l'Église orthodoxe ukrainienne, accusée d'entretenir des liens avec Moscou, brandissent un drapeau ukrainien et des icônes alors qu'ils bloquent le monastère historique Kyiv-Pechersk Lavra à Kiev, le 31 mars 2023. (Photo, AFP)
Des fidèles de l'Église orthodoxe ukrainienne, accusée d'entretenir des liens avec Moscou, brandissent un drapeau ukrainien et des icônes alors qu'ils bloquent le monastère historique Kyiv-Pechersk Lavra à Kiev, le 31 mars 2023. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 01 avril 2023

Ukraine : rassemblement de fidèles à Kiev devant un monastère visé par un avis d'expulsion

  • Face aux fidèles, un petit groupe de militants pro-ukrainiens a brandi des drapeaux aux couleurs nationales en guise de défi
  • «La Laure a été fouillée», avait affirmé plus tôt samedi le métropolite Pavlo à des fidèles

KIEV: Des dizaines de fidèles se sont rassemblés devant un célèbre monastère de Kiev dont les moines, accusés d'être liés à Moscou, sont visés depuis mercredi par un avis d'expulsion et dont le chef, le métropolite Pavlo, a été interrogé samedi.

Icônes dans les mains, ces fidèles, parmi lesquels des religieux, sont allés devant la Laure des Grottes, un splendide monastère de la capitale ukrainienne connu pour ses bulbes dorés et qui héberge une Eglise orthodoxe ayant historiquement des liens avec Moscou.

La raison : leur chef spirituel, le métropolite Pavlo, a été interrogé par les autorités ukrainiennes, trois jours après que les moines concernés et lui-même ont été la cible d'un avis d'expulsion, sur fond de conflit entre l'Ukraine et la Russie.

Face aux fidèles, un petit groupe de militants pro-ukrainiens a brandi des drapeaux aux couleurs nationales - bleue et jaune - en guise de défi.

Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), le métropolite Pavlo est soupçonné d'avoir "justifié l'agression armée de la Fédération de Russie contre l'Ukraine et glorifié ses participants" ainsi que d'avoir "violé l'égalité des citoyens sur la base de leur appartenance raciale, nationale, régionale (et) de leurs croyances religieuses".

"La loi et la responsabilité de sa violation sont les mêmes pour tous", a insisté le chef du SBU, Vassyl Maliouk, cité dans un communiqué.

"La Laure a été fouillée", avait pour sa part affirmé plus tôt samedi le métropolite Pavlo à des fidèles, dans une vidéo relayée par plusieurs médias ukrainiens. "Ils disent que je soutiens l'agression de la Russie contre l'Ukraine. J'ai dit, je dis et je dirai : je condamne toutes les tentatives contre notre État et ce que la Russie (et Vladimir) Poutine ont fait est injustifiable".

Ce dignitaire religieux a ensuite été emmené dans un tribunal de Kiev pour une audience suivie en particulier par un journaliste de l'AFP. Celle-ci a toutefois été ajournée à lundi, le métropolite Pavlo ne s'étant pas senti bien.

"Le placement du métropolite Pavlo en résidence surveillée sur de fausses accusations est une conséquence naturelle, hélas !, de l'anarchie créée par le gouvernement ukrainien", a de son côté dénoncé dans un communiqué le responsable des relations avec les médias de l'Eglise orthodoxe à Moscou, Vladimir Legoïda.

Fondée au XIe siècle et classée par l'Unesco au patrimoine mondial, la Laure des Grottes, qui surplombe le Dniepr, héberge le siège de l'Eglise orthodoxe ukrainienne soumise au patriarcat de Moscou avant l'invasion russe déclenchée en février 2022.

Cette confession a annoncé en mai la rupture de ses liens avec l'Eglise russe dont le patriarche, Kirill, a soutenu l'invasion. Mais le gouvernement ukrainien estime que cette Eglise reste de facto dépendante de la Russie.

Ignorant l'ordre des autorités de quitter les lieux, les moines ont jusqu'à présent refusé de partir.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Short Url
  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.