Retraites: Nouvelles violences à Rennes lors d'une manifestation régionale

Des manifestants affrontent des gendarmes mobiles anti-émeute lors d'une manifestation contre la réforme des retraites du gouvernement français quelques heures après sa promulgation à Rennes (Photo, AFP).
Des manifestants affrontent des gendarmes mobiles anti-émeute lors d'une manifestation contre la réforme des retraites du gouvernement français quelques heures après sa promulgation à Rennes (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 16 avril 2023

Retraites: Nouvelles violences à Rennes lors d'une manifestation régionale

  • Plus d'un millier de personnes, des jeunes en majorité, s'étaient rassemblées dans le calme en début d'après-midi
  • Pris pour cible par des pierres, des bouteilles et parfois des fusées d'artifice lancées par des jeunes habillés de noir

RENNES: Commerces vandalisés, deux voitures brûlées, affrontements avec les forces de l'ordre: une manifestation régionale contre la réforme des retraites, samedi à Rennes, a une nouvelle fois été marquée par de nombreux heurts, au lendemain de violences dans le centre historique.

Plus d'un millier de personnes, des jeunes en majorité, s'étaient rassemblées dans le calme en début d'après-midi place de la République, à l'appel notamment de collectifs rennais sur les réseaux sociaux. Une manifestation "non autorisée", selon la préfecture.

Moins d'une demi-heure après le départ du cortège, la situation a commencé à dégénérer, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Pris pour cible par des pierres, des bouteilles et parfois des fusées d'artifice lancées par des jeunes habillés de noir, les forces de l'ordre ont répondu par de nombreux tirs de gaz lacrymogène et par l'intervention de canons à eau.

"Les attroupements ont réuni 1.200 personnes, au plus fort, dont plusieurs centaines de casseurs grimés, ultras et manifestants violents", écrit la préfecture, faisant état de onze individus arrêtés qui "seront présentés à l'autorité judiciaire".

"Une gendarme mobile blessée a été conduite à l’hôpital et deux manifestants ont été pris en charge par les pompiers. Leur état de santé n’est pas inquiétant", ajoute la préfecture.

Sur la place de la République où ils étaient cantonnés, des casseurs ont notamment vandalisé une agence bancaire CIC. Du mobilier et des ordinateurs ont été sortis sur le trottoir et incendiés, tout comme de nombreuses poubelles.

Ils ont également saccagé le hall d'un hôtel Mercure voisin, taguant "les bourgeois au RSA" sur la façade de l'établissement.

Promulgation éclair, les syndicats indignés

Emmanuel Macron s'adressera dès lundi aux Français après la promulgation express de la réforme des retraites qui a indigné syndicats et oppositions samedi et montré la volonté du président de relancer vite son deuxième quinquennat, entravé par la crise sociale et politique.

La "loi du 14 avril 2023 de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2023", signée vendredi soir par le chef de l'État après la validation de l'essentiel de la réforme par le Conseil constitutionnel, a été publiée au Journal Officiel très tôt samedi.

L'Élysée a annoncé dans la foulée que le chef de l'État s'adresserait aux Français lors d'une allocution lundi soir, a priori à 20H00.

Emmanuel Macron s'exprimera "dans une logique d'apaisement", pour "faire le bilan" des trois mois de crise et "regarder aussi ce qui a avancé à côté des retraites", a promis sur TF1 le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, citant la baisse du chômage et des impôts.

La manifestation était encadrée par un important dispositif policier, au lendemain d'une série de débordements dans le centre de la ville où les portes d'un commissariat et d'un ancien couvent reconverti en centre de congrès avaient été incendiées, et de nombreuses devantures de commerces vandalisées. Une enquête a été ouverte et confiée à la police judiciaire.

"Des groupuscules radicaux venus de toute la France ont à nouveau saccagé notre centre-ville cet après-midi (...) Jusqu'où ira cette folie destructrice?", s'est émue la maire PS de Rennes Nathalie Appéré, dans un communiqué samedi soir.

"Les dommages se chiffrent en centaines de milliers d'euros", déplore-t-elle, estimant que "l'État doit reconnaître la situation particulière de notre ville" et mettre en place des dispositifs financiers pour venir en aide aux commerçants touchés.

La maire de Rennes souhaite aussi la pérennisation de moyens policiers supplémentaires, comme ceux qui ont été déployés samedi après-midi, en l'occurrence la CRS 8 spécialisée dans les violences urbaines et basée en région parisienne.

"Je n'ai pas envie d'être la génération qui a laissé passer cette réforme", a expliqué à l'AFP Benoît, 24 ans, venu défiler une nouvelle fois samedi après avoir participé à presque toutes les manifestations contre la réforme des retraites.

Le jeune homme exprime sa colère d'avoir découvert au réveil que le président Emmanuel Macron avait promulgué la loi dans la nuit, quelques heures après la validation de l'essentiel de la réforme par le Conseil constitutionnel.

"Apprendre au réveil qu'il a fait ça en douce dans la nuit, c'est abuser. Ca continue dans la lignée de quelqu'un de totalitaire et qui ne veut pas respecter la parole populaire", ajoute-t-il.

Le centre de Rennes a été régulièrement le théâtre de nombreuses violences entre forces de l'ordre et manifestants, accompagnées de dégradations de commerces ou de mobilier urbain, depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Short Url
  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
Short Url
  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Short Url
  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).