Les plans d'expansion des colonies de la municipalité de Jérusalem suscitent un tollé

Un Palestinien du quartier arabe de Beit Safafa montre le terrain où Israël prévoit de construire la nouvelle colonie de Givat Shaked, le 7 septembre 2022 (Photo, AFP).
Un Palestinien du quartier arabe de Beit Safafa montre le terrain où Israël prévoit de construire la nouvelle colonie de Givat Shaked, le 7 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 21 avril 2023

Les plans d'expansion des colonies de la municipalité de Jérusalem suscitent un tollé

  • Selon cette proposition, le nombre de maisons dans la colonie de Givat Hamatos, construite sur des terres de la ville palestinienne de Beit Safafa, passerait de 300 à 1 500
  • «Le gouvernement israélien profite des conditions mondiales actuelles pour mettre en œuvre des activités de colonisation», a déclaré Khalil Tafakji, expert en affaires de colonisation

RAMALLAH: La municipalité israélienne de Jérusalem, en collaboration avec la société Shikon Vibinoy, a publié des plans pour l'expansion d'une colonie qui entraînerait l'appropriation de nouvelles terres palestiniennes.

Selon cette proposition, le nombre d'unités de logement dans la colonie de Givat Hamatos, construite sur des terres situées dans la ville palestinienne de Beit Safafa, passerait de 300 à 1 500. Beit Safafa est principalement située à Jérusalem-Est, une partie de son territoire nord se trouvant à Jérusalem-Ouest.

Selon les analystes, l'expansion des colonies détruirait définitivement la contiguïté géographique palestinienne entre Jérusalem-Est et Bethléem et empêcherait Beit Safafa de faire partie d'un futur État palestinien.

«Israël résout les problèmes sociaux et immobiliers de Jérusalem-Ouest en étendant les colonies à l'est de la ville», explique Aviv Tatarsky, chercheur à Ir Amim, une organisation à but non lucratif fondée en 2004 dont la mission est de faire de Jérusalem une ville plus équitable et plus durable pour ses habitants israéliens et palestiniens.

«L'extension des droits de construction à Givat Hamatos est en totale contradiction avec les projets de la municipalité de Jérusalem pour les Palestiniens de l'est de la ville», a-t-il ajouté.

«Lorsqu'il s'agit d'Israéliens, la municipalité autorise des travaux de construction à grande échelle, en particulier dans les zones situées à l'extérieur de la ligne verte, car elle trouve toujours le moyen d'ignorer les considérations de planification et les décisions antérieures prises par le comité de planification. En revanche, tout plan proposé par les Palestiniens est refusé sous divers prétextes.»

Khalil Tafakji, expert en affaires de colonisation, a déclaré à Arab News que lorsque Barack Obama était président des États-Unis, ce projet de colonisation avait été interrompu sous la pression de l'Allemagne, parce qu'il aurait saisi des parties de terres appartenant à l'Église luthérienne.

Il a révélé que la colonisation de Jérusalem «reste une priorité pour tous les partis israéliens, qu'ils soient de droite, de gauche ou autres, parce qu'Israël la considère comme la capitale indivisible» qui ne sera jamais partagée avec les Palestiniens.

Pendant un certain temps, les projets de colonisation approuvés à Jérusalem-Est n'ont pas été mis en œuvre en raison de la pression internationale, a signalé Tafakji, mais «le gouvernement israélien profite des conditions mondiales actuelles pour les mettre en œuvre».

Les projets de colonisation israéliens à Jérusalem ne se limitent pas à la construction de nouvelles unités de logement, ils comprennent également de nouvelles infrastructures, telles que la rue américaine dans la ville palestinienne de Sur Baher, à l'est de Jérusalem, et des tunnels dans la région de Beit Jala. Une proposition de construire 1 600 unités de peuplement à Kiryat Shlomo dans le cadre du plan 2050 pour le Grand Jérusalem est également prévue.

Alors que les autorités s'efforcent de construire davantage d'unités de colonies pour les Israéliens à Jérusalem, elles démolissent les maisons des Palestiniens dans l'est de la ville sous divers prétextes et ne leur accordent pas de permis de construire de nouvelles maisons, dans ce que les analystes décrivent comme une tentative de modifier la nature démographique de la ville.

Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État. Selon Tafakji, 350 000 Palestiniens y vivent actuellement, contre 230 000 colons, dans une zone de Jérusalem «équivalente à 1,2% de la taille de la Cisjordanie».

Il a ajouté: «Cependant, le gouvernement israélien cherche à relier Jérusalem aux colonies qui l’entrourent, telles que Gush Etzion et Ma'ale Adumim, par une série de tunnels, afin d'augmenter sa superficie. L'idée est de la rendre équivalente à 10% de la taille de la Cisjordanie, conformément au plan du Grand Jérusalem.»

Les tunnels et les ponts construits par les autorités israéliennes sont destinés à permettre aux colons vivant en Cisjordanie et travaillant à Jérusalem de se déplacer plus facilement entre leurs domiciles et leurs lieux de travail.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a déclaré qu'il condamnait toutes les formes de colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, qu'il s'agisse de la construction de milliers de maisons, comme à Jérusalem, de l'allocation de millions de dollars pour construire des routes, ou de la saisie de terres palestiniennes, comme dans le gouvernorat de Qalqilya et dans d'autres endroits.

Il a également dénoncé l'escalade des attaques menées par les colons contre les Palestiniens, leurs terres, leur bétail, leurs biens, leurs maisons et leurs magasins dans toute la Cisjordanie occupée.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a souligné qu'il considérait l'expansion des colonies comme un sabotage délibéré par Israël de toute chance de créer un État palestinien, au mépris des protestations et des résolutions internationales qui ont condamné ces activités et exigé qu'elles cessent immédiatement.

«Il s'agit également d'une destruction systématique des chances de survie et de la détermination des générations palestiniennes successives dans leur patrie, la Palestine, et d'une guerre ouverte contre notre peuple et ses droits», a ajouté le ministère.

Parallèlement, ce jeudi, la veille de l'Aïd al-Fitr, l'armée israélienne a arrêté 17 Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dont un journaliste, au cours de raids effectués dans plusieurs zones et au cours desquels elle a utilisé des balles réelles, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.