Comment les Saoudiens célèbrent Aïd al-Fitr dans le respect de leurs traditions locales

Des millions de Saoudiens célèbrent l'Aïd Al-Fitr chaque année, ainsi qu'un demi-milliard de musulmans dans le monde (Photo, SPA).
Des millions de Saoudiens célèbrent l'Aïd Al-Fitr chaque année, ainsi qu'un demi-milliard de musulmans dans le monde (Photo, SPA).
Des millions de Saoudiens célèbrent l'Aïd Al-Fitr chaque année, ainsi qu'un demi-milliard de musulmans dans le monde (Photo, SPA).
Des millions de Saoudiens célèbrent l'Aïd Al-Fitr chaque année, ainsi qu'un demi-milliard de musulmans dans le monde (Photo, SPA).
Les traditions et les cultures se sont conjuguées pour mettre en avant un thème commun : la fête (Photo, SPA).
Les traditions et les cultures se sont conjuguées pour mettre en avant un thème commun : la fête (Photo, SPA).
Feux d'artifices pour célébrer Aïd Al-Fitr (Photo, Fournie).
Feux d'artifices pour célébrer Aïd Al-Fitr (Photo, Fournie).
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Publié le Samedi 22 avril 2023

Comment les Saoudiens célèbrent Aïd al-Fitr dans le respect de leurs traditions locales

  • Le Royaume d’Arabie saoudite marque la fin du mois sacré du Ramadan par des cadeaux, des rencontres familiales et des célébrations
  • Entre nouvelles tenues et repas somptueux, les Saoudiens décrivent leurs propres traditions familiales pour Aïd Al-Fitr

DJEDDAH: Avec des chocolats, des sucreries et des cadeaux en abondance, les Saoudiens célèbrent Aïd Al-Fitr, renouant avec des traditions ancestrales, renouvelant les liens de parenté et retrouvant leurs familles et leurs amis lors de réunions festives élaborées marquant la fin du Ramadan.

Plus d'un milliard de musulmans à travers le monde participent à cette célébration annuelle, qui a lieu depuis plus de 1 400 ans.

Aïd Al-Fitr marque la fin du mois sacré du Ramadan, au cours duquel les musulmans jeûnent de l'aube au crépuscule, s'abstenant de nourriture, d'eau et d'autres besoins vitaux, se concentrant plutôt sur la prière et la supplication tout au long de la journée.

Cette fête, qui marque la rupture du jeûne, est la première des deux fêtes officielles de l'Islam — la seconde étant Aïd Al-Adha — et est un jour de joie, d'action de grâce, de culte, de fraternité, de solidarité et de moralité.

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"Diriyah Gate" à Riyad célèbre l'Aïd Al-Fitr (Photo, SPA).

À l'instar des traditions locales du Ramadan, Aïd Al-Fitr est célébré différemment à travers le monde. Les traditions et les cultures se sont mélangées pour créer quelque chose de mieux adapté à chaque communauté, qui se distingue par un thème commun — la célébration. 

Dans certaines régions, Aïd Al-Fitr est une fête très élaborée. Au lieu d'une seule journée de festivités, certaines cultures célèbrent jusqu'à trois ou cinq jours, avec de nombreuses réunions amicales et familiales, des cadeaux et distribution des eidiyas (enveloppes contenant de l'argent).

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L'Aïd Al-Fitr est l'occasion pour les habitants de tout le Royaume de se divertir en famille et entre amis après un mois de jeûne et de prière (Photo, SPA).

D'autres cultures préfèrent un événement plus discret, mettant l'accent sur la famille et les amis. En Arabie saoudite, beaucoup choisissent de tout mettre en œuvre.

Dans les derniers jours du Ramadan, les personnes qui anticipent les célébrations de l’Aïd Al-Fitr se précipitent pour acheter des vêtements, des cadeaux, des décorations et des friandises de dernière minute. Une nouvelle tenue, en particulier, est considérée comme une nécessité absolue.

Des milliers de personnes se pressent dans les centres commerciaux et les marchés du pays à la recherche de ballons, de bonnes affaires et de vêtements, car la tradition veut que les célébrants se parent de leurs plus beaux atours. 

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L'Aïd est également l'occasion de faire du shopping (Photo, SPA).

Les centres commerciaux étant ouverts presque 24 heures sur 24 pendant les sept à dix derniers jours du Ramadan, les femmes se rendent dans les magasins à la recherche de la tenue idéale pour les réunions sociales prévues.

Les hommes, quant à eux, sont à la recherche d'un thobe parfaitement taillé et d'une ghutra ou d’un keffieh assorti. Les boutons de manchette, les chaussures, les pantoufles ou les gilets constituent souvent la touche finale.

«Quand nous étions enfants, nous étions innocents et nous n'exigions pas grand-chose», a révélé Rehaf A. de Médine à Arab News, se souvenant des célébrations de l'Aïd durant son enfance. «Si je portais la même robe que ma cousine, nous agissions comme des jumelles et nous nous amusions.»

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De jeunes garçons achètent de nouveaux vêtements dans un centre commercial de Riyad (Photo, SPA).

«Aujourd'hui, je trouve toujours les mêmes tenues que ma cousine, car les options sont généralement très limitées lorsqu’on fait les achats à la dernière minute. Je faisais la même erreur, année après année. Mais un voyage en Italie au début de l'année m'a permis de faire du shopping, je n'avais donc plus d'excuse.»

Elle se souvient des scènes des premières prières de l'Aïd à la mosquée sacrée de Médine, où tout le monde était élégamment vêtu de thobes et de robes neuves et où quelques personnes étaient habillées de la même façon. «Les acheteurs de dernière minute – impossible d’y remédier», a-t-elle ajouté.

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L'Aïd est un moment qui passionne tant les enfants que les adultes (Photo, Fournie).

Bien que les nouveaux vêtements et les rassemblements clinquants constituent un moment fort de la fête, ce sont les premières heures de la journée, après les prières matinales de l'Aïd, qui sont les plus profondes pour de nombreuses personnes.

D'autres savourent la première gorgée de café et le retour à leur routine matinale après un mois de jeûne.

Pour les Saoudiens, tout commence lorsque le croissant de lune de Chawwal (le 10e mois du calendrier islamique) est observé.

Vers 5 heures du matin, après la prière du Fajr, les rituels de la prière de l'Aïd commencent. Les prières de l'Aïd proprement dites ont lieu un peu après le lever du soleil.

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Un Saoudien rejoint un groupe sur un site d'observation le 20 avril 2023 (Photo, SPA).

Les mosquées sont remplies de personnes de tous les âges, et les places voisines – et parfois même les trottoirs et les parkings – sont recouvertes de tapis pour accueillir le grand nombre de fidèles. 

Après la prière de l'Aïd, les gens se saluent à la mosquée en disant «Koul Aam wa Antoum Bekhair» ce qui signifie «que vous soyez bénis et en bonne santé chaque année», ou «Aid Moubarak», ce qui signifie «fête bénie».

En quittant la mosquée et les lieux de prière, de nombreuses personnes empruntent un chemin différent de celui par lequel elles sont arrivées, une tradition qui remonterait au prophète Mohammed.

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Vendredi, les familles affluent pour assister aux activités de l'Aïd dans la province septentrionale de Hail (Photo, SPA)

Dans les maisons familiales, l'odeur de l'encens enflammé emplit l'air, tandis que certains diffusent par haut-parleur la chanson épique d'Umm Kulthum «Ya Leilet El Eid» (Oh nuit de l'Aïd), une tradition qui se perpétue la nuit précédant l'Aïd pour beaucoup.

Les lanternes et les décorations sont accrochées, la vaisselle et les tasses à café sont disposées, les vêtements sont repassés et parfumés.

«Chaque famille possède ses propres traditions, toutes uniques», explique à Arab News, Samira Hammad, traiteuse à Djeddah. «Dans certains foyers, les plateaux de fromages et le pain sont placés à côté des plats traditionnels pour satisfaire les goûts de chacun.» 

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L'Aïd est un moment qui passionne tant les enfants que les adultes (Photo, Fournie).

«Mais il existe une tradition que les gens ont toujours en commun, c'est de manger ensemble. C'est la bonne nourriture, les sourires et les rires qui comptent le plus, la reviviscence des traditions transmises par une génération antérieure qui est peut-être encore là aujourd'hui.»

«C'est ce beau mélange de nouvelles et d'anciennes traditions qui les maintient en vie.»

L'Aïd ne serait pas complet sans les assiettes de chocolats, les pâtisseries maamoul fourrées aux dattes et les sucreries présentées aux invités, tandis que les enfants attendent impatiemment de recevoir de l'argent et des cadeaux.

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our de nombreux Saoudiens, aucun Aïd ne serait complet sans chocolats (Photo, SPA).

«On pouvait sentir l'urgence dans leurs mouvements. C'est le meilleur moment de chaque rassemblement», a déclaré à Arab News, Maher Bahamdain de Djeddah.

«En tant qu'oncle le plus jeune, je les regarder se tortiller en jetant un coup d'œil aux petites enveloppes d'argent dans ma poche. C'est un truc d'oncle amusant. Des pots-de-vin innocents sont versés, mais ils sont vite oubliés. C'est la faute à la dose le sucre.»

«Les nièces, les neveux et les jeunes cousins s'alignent devant chaque adulte et attendent le mot magique, tandis qu'un flot de robes à froufrous et de thobes blancs volants sautent d'une personne à l'autre. C'est le meilleur moment de la journée.»

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L'Aïd est un moment de partage pour les adultes et les enfants, qui reçoivent des friandises et des sucreries (Photo, Fournie)

Bien que le petit-déjeuner partagé soit l'un des événements les plus courants du premier jour de l’Aïd Al-Fitr, les déjeuners et les dîners somptueux sont également très appréciés. Les restaurants et les cafés se préparent à l'affluence de l'Aïd en proposant des offres de repas.

Mais «rien ne vaut une réunion de famille à la maison où l'on s'habille sur son trente-et-un», a souligné Rehaf. 

Pour les familles qui prévoient de célébrer l'événement en dehors de la maison, le ministère saoudien de la Culture et l'autorité générale des loisirs ont lancé un calendrier des festivités de l'Aïd qui comprend des feux d'artifice, des spectacles musicaux, des spectacles comiques et des pièces théâtrales.

Il y en a pour tous les goûts en Arabie saoudite à l'occasion de cet Aïd Al-Fitr.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: "assiégés" par Israël, les derniers habitants de Tyr résistent

Un panache de fumée et un fragment de béton s’élèvent du site d’une frappe aérienne israélienne à la périphérie est de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Un panache de fumée et un fragment de béton s’élèvent du site d’une frappe aérienne israélienne à la périphérie est de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • À Tyr, des milliers de civils refusent de fuir malgré les bombardements israéliens et la menace d’une invasion, affirmant leur attachement à leur terre malgré la peur et les destructions
  • La ville est presque assiégée : infrastructures détruites, pénuries imminentes et situation humanitaire critique, tandis que les combats entre Hezbollah et Israël s’intensifient

TYR: "Ils devront nous faire partir par la force": malgré les bombes et la menace d'une invasion israélienne, Khalil est de ceux qui ont décidé de rester à Tyr, dans le sud du Liban, désormais très isolée du reste du pays.

Retranché avec sa femme et leur fils de deux ans dans un théâtre de la vieille ville après avoir fui leur maison bombardée, le trentenaire assure qu'il "ne (se) rendra pas": "Nous n'abandonnerons pas notre terre, nos cœurs sont ici".

Bravant les ordres d'évacuation lancés par l'armée israélienne, environ 20.000 personnes dont quelque 15.000 déplacés des villages environnants s'entassent dans le quartier chrétien - le seul encore épargné - et dans quelques écoles.

Mais beaucoup se demandent combien de temps la ville millénaire pourra tenir.

Mardi, une dizaine d'explosions ont secoué Tyr et ses environs immédiats, ont constaté des journalistes de l'AFP. Il s'agissait des pires bombardements que la ville ait connus depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars.

Avions de chasse et drones israéliens tournoyaient dans le ciel jusqu'à la nuit tombée, larguant des bombes qui ont fait au moins 24 blessés dans le centre et provoquant d'immenses panaches de fumée noire.

Le groupe chiite pro-iranien, dont le drapeau jaune flanqué d'une kalachnikov flotte sur chaque lampadaire, est très implanté dans la cité célèbre pour ses plages de sable et ses ruines antiques.

Véritables maîtres d'une ville quasi-fantôme, ses hommes reconnaissables à leurs vêtements noirs, sont partout: postés aux abords des rond-points, sillonnant à scooter les rues désertes, inspectant les immeubles réduits en poussière.

Avant chaque frappe israélienne, ils tirent en l'air pour prévenir du danger immédiat les rares civils qui s'aventurent à l'extérieur.

Mercredi, l'armée israélienne a accusé le Hezbollah "d'implanter ses infrastructures militaires au sein des zones résidentielles" de Tyr.

- "Tout le monde a peur" -

Mustafa Ibrahim Al Sayed, 50 ans, ne quitte pas l'enceinte de l'école où il s'est réfugié avec ses deux femmes et leurs 11 enfants. Originaires d'un village frontalier, ils avaient déjà échoué à Tyr lors du précédent conflit, en 2024.

Malgré les menaces d'invasion terrestre, "je ne veux pas être déplacé ailleurs (...) Mes enfants se sont habitués à la guerre et ils connaissent tout le monde ici", dit-il.

L'armée israélienne a annoncé mardi son intention de s'emparer d'une partie du sud, dont Tyr, pour créer une zone tampon de 30 km de large.

"Tout le monde a peur pour sa maison et sa terre, mais que pouvons-nous faire?", poursuit M. Al Sayed. "Depuis 1978 (première invasion israélienne, NDLR), c'est la cinquième fois que je suis déplacé, j'ai passé toute ma vie en exil".

Plusieurs responsables de la mairie et des secours ont raconté à l'AFP que des officiers israéliens les ont directement appelés ces derniers jours pour leur ordonner de faire respecter les avis d'évacuation.

"Vous faites votre boulot, je fais le mien!", assure leur avoir répondu Mortada Mhanna, à la tête de l'unité de gestion des catastrophes de Tyr, qui court partout pour aider les déplacés.

"On a conseillé aux gens de partir, on leur a expliqué qu'on pouvait affréter des navettes escortées par l'armée, ils n'ont rien voulu savoir", ajoute-t-il.

Pour ce quadragénaire énergique, hors de question de quitter la ville tant qu'il y a des civils. "Je serai le dernier à quitter cet endroit", dit-il avec aplomb.

- Ville isolée -

Tyr est de plus en plus isolée. L'aviation a bombardé les principaux ponts qui enjambent le fleuve Litani, affirmant vouloir empêcher le Hezbollah de se réapprovisionner en armes.

Un seul relie encore Tyr à la capitale Beyrouth et au nord du pays, sur l'ancienne route côtière.

"Si le dernier pont tombe, nous allons tout droit vers une catastrophe humanitaire", s'alarme Alwan Charafeddine, le maire adjoint de Tyr. "La ville sera assiégée et les convois de ravitaillement ne pourront plus l'atteindre".

"Nos stocks sont déjà presque épuisés", dit-il en énumérant les besoins en nourriture, en kits d'hygiène, mais aussi en carburant pour faire tourner les générateurs qui fournissent une bonne partie de l'électricité.

A 82 ans, Nada Reda Abu Sari n'est pas restée par choix. Cela fait des mois qu'elle dort sur un matelas jeté au sol, dans une salle de classe.

"Je suis malade, je n’ai même pas les moyens de m’acheter des médicaments", dit-elle en brandissant quelques boîtes vides. "Je ne dors plus. A chaque frappe, on se réveille, chaque jour, on meurt un peu plus".

La vieille dame n'a jamais revu sa maison de Dhaïra, l'un des villages frontaliers entourés de collines verdoyantes complètement détruits par les soldats israéliens en 2024.

"Nous n'avons plus ni foyer, ni terres, ni vignes, rien (...) mes enfants sont tous éparpillés et je n'ai aucune nouvelle d'eux", confie-t-elle sans pouvoir retenir ses sanglots.

"Est-ce que c'est ça, la vie? Parfois je me dis que je devrais me jeter à la mer".


Au moins 9 morts dans des raids israéliens contre le sud du Liban

Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
Des secouristes arrivent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 9 morts et plusieurs blessés, tandis que des ordres d’évacuation ont été donnés dans la banlieue sud de Beyrouth
  • Les tensions s’intensifient : Israël affirme cibler des infrastructures du Hezbollah, tandis que le mouvement riposte par des attaques de roquettes vers le nord d’Israël

BEYROUTH: Au moins neuf personnes, selon les médias officiels libanais, ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, qu'Israël considère comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.

D'après l'Agence nationale d'information (ANI), une attaque israélienne a fait au moins trois morts et 18 blessés dans la région de Nabatiyeh, et une autre quatre morts et un blessé à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, également appelée Sidon.

Selon la même source, une frappe israélienne contre un appartement du camp de réfugiés de Mieh Mieh, également près de Saïda, a par ailleurs fait deux morts et quatre blessés.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Elle a aussi annoncé avoir, au cours de son opération terrestre dans le sud du Liban, avoir "démantelé des centres de commandement du Hezbollah" ainsi qu'un dépôt d'armes, et avoir tué plusieurs combattants du mouvement, sans en préciser le nombre.

De son côté, le Hezbollah a affirmé mercredi matin avoir attaqué un char et des soldats israéliens près de la frontière, et tiré un "barrage de roquettes" vers Kiryat Shmona, dans le nord d'Israël.

Les sirènes d'alerte ont retenti dans cette ville de la vallée de la Houla, proche de la frontière libanaise. Les autorités israéliennes n'ont fait état d'aucune victime.

Mardi, une Israélienne d'une trentaine d'années avait été tuée dans le nord du pays par un autre tir de roquettes depuis le Liban.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.

"Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d'Israël) ne sera pas assurée", a-t-il prévenu.

- Traces de sang -

Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah.

"La bataille contre le Hezbollah (...) ne fait que commencer", a averti lundi la porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Ella Waweya.

Mardi, des frappes israéliennes avaient déjà tué cinq personnes dans le sud du pays et trois autres dans une zone résidentielle proche de Beyrouth, après des raids sur la banlieue sud.

"Ma maison a été entièrement détruite. Il ne reste plus rien, tout a brûlé", dit à l'AFP Abbas Qassem, 55 ans, dont l'appartement voisin du sien a été visé par la frappe à Bchamoun, un village dans les montagnes au sud-est de Beyrouth qui est pourtant à l'écart des zones contrôlées par le Hezbollah.

"Qu'est-ce que j'ai fait pour que ma maison soit détruite? Je suis une personne normale", ajoute-t-il en pleurant, comme sa femme, découvrant l'appartement dévasté.

Un journaliste de l'AFP a vu des traces de sang et des restes d'un projectile dans l'appartement visé.

A Haret Hreik, l'un des quartiers de la banlieue sud désertée par une majorité d'habitants, un photographe de l'AFP a vu des immeubles effondrés et des rues jonchées de débris.

Beyrouth accuse les Gardiens de la révolution iraniens de diriger les opérations du Hezbollah contre Israël, et a interdit leurs activités sur son territoire.

Mardi, la décision des autorités d'expulser l'ambassadeur d'Iran a provoqué une vive réaction du Hezbollah, qui leur a demandé de se rétracter.

"Nous demanderons à l’ambassadeur iranien de rester à Beyrouth et de considérer la mesure comme nulle et non avenue", a affirmé une source de l'organisation à l'AFP.


Nouvelles vagues d'attaques au Moyen-Orient, les négociations Washington-Téhéran restent à confirmer

Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
Les frappes aériennes israéliennes menées dans la nuit du 24 mars 2026 ont causé d’importants dégâts dans le quartier de Haret Hreik, une banlieue densément peuplée du sud de Beirut, considérée comme un bastion du Hezbollah. (AFP)
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  • L’Iran a intensifié les frappes (missiles et drones) contre Israël et plusieurs pays du Golfe, tandis qu’Israël poursuit ses bombardements en Iran et au Liban, aggravant le conflit régional
  • Les États-Unis proposent un plan de paix incluant un cessez-le-feu temporaire, des restrictions sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions, alors que le détroit d’Ormuz rouvre partiellement, faisant baisser les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a tiré mercredi des salves de missiles et de drones contre ses voisins du Golfe et Israël, et celui-ci continue de bombarder Téhéran et le Liban, malgré la promesse américaine de négociations de paix qui a calmé les marchés.

Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi Donald Trump, ajoutant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent au processus.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés de l'Iran dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.

- L'Iran desserre l'étreinte sur Ormuz -

L'Iran a justement affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.

Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit.

En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.

Mais l'Iran, pour l'heure, n'a pas confirmé la moindre négociation.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien - présenté par le site d'informations Axios comme l'interlocuteur des Etats-Unis - a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu en début de semaine avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".

- Incendie à l'aéroport de Koweït -

La presse américaine évoque en outre l'envoi de 3.000 soldats parachutistes en renfort au Moyen-Orient, où la guerre ne donne aucun signe d'accalmie avec de nouvelles vagues d'attaques israéliennes contre l'Iran et le Liban, et de nouveaux tirs de missiles et de drones iraniens vers Israël, la Jordanie et plusieurs pays du Golfe.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que sur deux bases militaires américaines au Koweït, une en Jordanie et une au Bahreïn.

Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens.

Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile du pays, qui n'a pas fait état de victime.

De son côté, comme au cours des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran".

"Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne", a confié à l'AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.

- Au moins 9 morts au Liban -

Israël poursuit également son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids dans le sud du pays, région considérée par Israël comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué plus de mille personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a affirmé mardi que les forces israéliennes "manoeuvraient à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée" jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.