L'économie française loin de son niveau d'avant crise en décembre

Le siège de l'INSEE. (AFP)
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Publié le Mercredi 02 décembre 2020

L'économie française loin de son niveau d'avant crise en décembre

  • Affinant ses prévisions dévoilées il y a deux semaines, l'Institut national de la statistique table aussi sur une contraction de 4,5% du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre, et «d'environ 9%» sur l'ensemble de 2020
  • Cette levée progressive des restrictions «entraînerait une reprise graduelle de l'activité avec toutefois des disparités selon les secteurs»

PARIS : L'économie française devrait rester en décembre encore 8% sous son niveau d'avant la crise sanitaire, après un écart de 12% en novembre, même si «l'horizon s'éclaircit» avec la levée progressive du confinement et un rebond attendu de la consommation, a estimé l'Insee mercredi.

Affinant ses prévisions dévoilées il y a deux semaines, l'Institut national de la statistique table aussi sur une contraction de 4,5% du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre, et «d'environ 9%» sur l'ensemble de 2020.

Ces prévisions se basent sur le respect des étapes de déconfinement annoncées par le gouvernement, avec notamment la fin des restrictions de déplacement remplacées par un couvre-fe, et la réouverture des cinémas, théâtres et musées à partir du 15 décembre.

Cette levée progressive des restrictions «entraînerait une reprise graduelle de l'activité avec toutefois des disparités selon les secteurs», souligne l'Insee, qui note que ce deuxième confinement a plus pénalisé la consommation que la production, les entreprises ayant réussi à s'adapter aux restrictions sanitaires.

La réouverture des commerces dits non essentiels et le rebond attendu de la demande avec les fêtes de fin d'année devraient stimuler le commerce de détail et l'activité de certaines industries (biens d'équipement, habillement, ameublement).

La consommation, qui serait retombée à 14% sous son niveau d'avant-crise en novembre, après un écart de -3% en octobre, est attendue en décembre 6% en dessous de son niveau d'avant crise, selon l'Insee.

Cette remontée serait due aux achats de biens manufacturés comme l'habillement et l'équipement du foyer, relativement empêchés durant le confinement, ainsi qu'aux dépenses de carburants et de services de transports, limitées toutefois par la poursuite du télétravail. 

«Alors que la consommation avait fortement rebondi dès la fin du confinement de printemps, avec un retour assez rapide vers un niveau proche de celui d'avant-crise, le rebond serait plus progressif en décembre», souligne l'Insee.

Les autres activités de services et les transports verraient leur situation légèrement s'améliorer, avec un déficit d'activité passant de -31% à -23%, tandis que l'hébergement-restauration ne connaîtrait aucun mieux, les bars et restaurants restant fermés en décembre.

L'industrie, moins affectée par ce second confinement, devrait voir son activité ramenée en décembre 5% en dessous de son niveau d'avant crise, contre 8% en novembre.

 


CFCM: Le Pen juge « positif » l'accord sur une charte

La présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, assiste à un débat sur le projet de loi «sécurité globale», à l'Assemblée nationale à Paris, le 20 novembre 2020. (AFP)
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  • La cheffe du Rassemblement national Marine Le Pen a jugé dimanche « positif » l'accord conclu samedi par les dirigeants du CFCM sur une « charte des principes » de l'islam
  • Elle a toutefois dit attendre « que tout le monde l'ait signé », estimant que les groupes qui ne signent pas « doivent être dissous et interdits »

PARIS : La cheffe du Rassemblement national Marine Le Pen a jugé dimanche « positif » l'accord conclu samedi par les dirigeants du CFCM sur une « charte des principes » de l'islam qui doit donner le coup d'envoi d'une vaste restructuration de la deuxième religion de France.

« Je ne vais pas faire la fine bouche. Moi, tout ce qui va dans le sens de l'investissement d'un certain nombre de responsables religieux dans le respect de la loi de la République, ça me paraît positif », a-t-elle déclaré sur BFMTV.

Elle a toutefois dit attendre « que tout le monde l'ait signé », estimant que les groupes qui ne signent pas « doivent être dissous et interdits ».

Arraché de haute lutte, ce texte de sept à huit pages réaffirme notamment « le principe de l'égalité hommes-femmes », la « compatibilité » de la foi musulmane avec la République et insiste aussi sur « le rejet de l'instrumentalisation de l’islam à des fins politiques » et la « non-ingérence » des États étrangers, a détaillé samedi le président du Conseil français du culture musulman, Mohammed Moussaoui.

Ce texte, qui scelle également « le rejet de certaines pratiques coutumières prétendument musulmanes », doit être validé, peut-être dès dimanche, par l'ensemble des fédérations du CFCM avant d'être présenté au président Emmanuel Macron.

« Enfin un texte sur les valeurs de la République ! », « c'est une bonne nouvelle », s'est réjoui sur Europe 1 et Cnews le président du Sénat Gérard Larcher (LR) qui a rendu « hommage au président Moussaoui et à ses deux vice-présidents ».

Cette réaffirmation formelle des principes républicains avait été demandée aux dirigeants du CFCM mi-novembre par le président de la République dans la foulée de son offensive contre le « séparatisme » et l'islam radical, qui a été, depuis, formalisée dans un projet de loi soumis lundi au Parlement.

Près de 1 700 amendements ont été déposés sur ce texte « confortant le respect des principes de la République » en commission toute la semaine, en prélude aux débats dans l'hémicycle à partir du 1er février.

Jugeant le texte du gouvernement « inefficace », Marine Le Pen a affirmé qu'elle proposerait « un contre-projet », un « projet de loi de lutte contre l'islamisme » afin de lutter « contre l'idéologie islamiste » qu'elle a qualifié de « totalitaire et meurtrière ».

La cheffe du RN a dit soutenir l'amendement défendu notamment par la députée de la majorité Aurore Bergé sur l'interdiction du voile pour les petites filles ou les accompagnatrices scolaires, l'un des sujets qui promet des débats houleux.


France: les enquêteurs sur les traces d'un trafic d'armes «exceptionnel»

Certains des suspects sont soupçonnés d'avoir racheté auprès de collectionneurs privés des fusils d'assaut, des pistolets automatiques, des fusils mitrailleurs rendus inopérants (Photo, AFP)
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  • Ce réseau présumé compte deux militaires de 31 ans - l'un travaille au ministère français de la Défense, le second est affecté sur une base dans l'Est -, d'anciens militaires, des collectionneurs
  • «Des investigations poussées ont été menées avec des interceptions téléphoniques, des surveillances» pendant plusieurs mois

PARIS: Après le démantèlement cette semaine en France d'un trafic d'armes « exceptionnel » mettant en cause des militaires, les enquêteurs doivent établir le cheminement précis de ces armes qui auraient été revendues à des trafiquants de drogue et des sympathisants de l'ultradroite. 

Arrêtés mardi lors d'un coup de filet en région parisienne et dans le Sud et l'Est de la France, dix hommes âgés de 25 à 57 ans ont été mis en examen vendredi et samedi pour « acquisition, détention, cession et transport en réunion d'armes de catégories A et B », soit des armes de guerre et de poing, et « association de malfaiteurs ».  

Ce réseau présumé compte deux militaires de 31 ans - l'un travaille au ministère français de la Défense, le second est affecté sur une base dans l'Est -, d'anciens militaires, des collectionneurs. Certains d'entre eux sont soupçonnés de graviter dans la « mouvance de l'ultradroite », selon l'accusation.   

Le stock d'armes et de munitions saisi par les enquêteurs est « tout à fait exceptionnel », a considéré la représentante du ministère public samedi lors d'une audience devant un juge des libertés de la détention (JLD), qui a ordonné cinq placements en détention provisoire. Quatre autre suspects ont été incarcérés en attendant de passer devant un JLD et un dixième homme de 25 ans a été libéré sous contrôle judiciaire. 

« Plusieurs tonnes d'armes et de munitions ont été saisies et une cache d'armes a été découverte lors des perquisitions », selon le journal Le Monde. 

Certains des suspects sont soupçonnés d'avoir racheté auprès de collectionneurs privés des fusils d'assaut, des pistolets automatiques, des fusils mitrailleurs rendus inopérants, selon la chaîne de télévision TF1. « Cet arsenal était ensuite rendu à nouveau actif, remilitarisé, avant d'être revendu au marché noir aux plus offrants », avait affirmé la chaîne. 

Connexions avec le crime organisé 

Une information judiciaire, confiée à un magistrat instructeur de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris, avait été ouverte le 25 juin 2020.  

« C'est un dossier qui est allé relativement vite, les investigations ont permis de conforter les éléments d'un renseignement initial et d'élargir le cercle » pour aboutir sur « un trafic particulièrement actif d'armes », a précisé la magistrate du parquet. 

« Des investigations poussées ont été menées avec des interceptions téléphoniques, des surveillances » pendant plusieurs mois, a-t-elle détaillé.  

Des transactions ont été réalisées régulièrement, pendant plusieurs années, entre l'équipe et des collectionneurs ou des narcotrafiquants. « On sait comment peut se traduire la détention de telles armes pour le crime organisé », a ajouté la procureure.   

Les armes saisies vont être analysées pour déterminer leur provenance et leur potentielle utilisation dans des crimes ou des délits. Les enquêteurs doivent également établir si un projet d'action violente était en cours avec ces armes.  

« J'étais dans mon coin, à la campagne, je faisais ma collection d'armes, je ne réalisais pas que des armes finissaient dans les cités », a affirmé devant le JLD un des suspects, un trentenaire habitant dans le sud de la France, père de deux enfants.  

Trois revolvers ont été saisis chez lui. D'après l'enquête, il était surtout intéressé par des « pistolets militaires ». Lui affirme avoir rompu tout contact avec les autres membres du réseau depuis trois ans. 

« Quand les enquêteurs m'ont parlé de règlements de comptes, c'est là que j'ai pris conscience. Je leur ai dit où les armes étaient cachées, chez mon voisin », a expliqué un électricien travaillant au Luxembourg. 

Au domicile de ce père de famille de 33 ans, cheveux châtain coupés ras et doigts tatoués, les enquêteurs ont trouvé des éléments « inquiétants » suggérant son appartenance à l'ultradroite.  

L'un des militaires, né en Angola, « conteste toute participation à ce trafic d'armes et toute appartenance à la mouvance d'extrême droite », a indiqué son avocat, Me Yassine Yakouti. 

« C'est un soldat décoré et extrêmement bien noté par sa hiérarchie », a-t-il ajouté.  

Les mis en cause n'ont pas d'antécédents judiciaires, « ont des bases familiales solides, une situation professionnelle », selon la procureure.  

« Sur le papier, c'est lisse, mais dans les faits, ce sont essentiellement des armes connues pour leur particulière dangerosité qui sont recherchées », a-t-elle rappelé. 


Le rapport Stora sur la guerre d'Algérie sera rendu public mercredi

L'historien Benjamin Stora, spécialiste reconnu de l'histoire contemporaine de l'Algérie (Photo, AFP)
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  • L'historien «formule dans son rapport plusieurs recommandations qui visent à parvenir à cette nécessaire réconciliation des mémoires»
  • Emmanuel Macron l'a chargé de ce rapport dans le cadre de ses initiatives pour tenter de «finir le travail historique sur la guerre d'Algérie»

PARIS: L'historien Benjamin Stora remettra officiellement mercredi à Emmanuel Macron son rapport sur « les mémoires de la colonisation et de la guerre d'Algérie », avec des propositions pour parvenir à « une nécessaire réconciliation » franco-algérienne, près de 60 ans après la fin du conflit, a indiqué dimanche l'Elysée. 

L'historien « formule dans son rapport plusieurs recommandations qui visent à parvenir à cette nécessaire réconciliation des mémoires », ajoute la présidence. 

Spécialiste reconnu de l'histoire contemporaine de l'Algérie, Benjamin Stora avait été chargé en juillet par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie ».  

« Cette mission avait pour objectif de dresser un état des lieux précis du regard porté sur ces enjeux de part et d’autre de la Méditerranée », précise l'Elysée. 

Les présidents français et algérien ont désigné chacun un expert - Abdelmadjid Chikhi pour l'Algérie - afin de travailler sur ce dossier toujours brûlant, à l'approche du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie (1962). 

« Il n’est pas question d’écrire une histoire commune de l’Algérie, mais d’envisager des actions culturelles sur des sujets précis, à déterminer, comme par exemple les archives ou la question des disparus », avait expliqué en août l'historien. 

Emmanuel Macron l'a chargé de ce rapport dans le cadre de ses initiatives pour tenter de « finir le travail historique sur la guerre d'Algérie » parce que, a-t-il expliqué en décembre, « nous avons des tas de mémoires de la guerre d'Algérie qui sont autant de blessures ».  

Dans son discours sur la défense des principes républicains, en octobre aux Mureaux (Yvelines), il avait déclaré que le « séparatisme » islamiste était en partie « nourri » par les « traumatismes » du « passé colonial » de la France et de la guerre d'Algérie, qui « nourrit des ressentiments, des non-dits ». 

Né en 1950 à Constantine en Algérie, Benjamin Stora enseigne l’histoire du Maghreb, des guerres de décolonisation et de l’immigration maghrébine en Europe à l’Université Paris 13 et à l’Inalco (Langues Orientales). Il est notamment l'auteur des essais « La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie », « Appelés en guerre d’Algérie » ou « Algérie, la guerre invisible ».