La sécheresse record dans la Corne de l'Afrique est attribuable au réchauffement climatique

Un pasteur marche avec un chameau transportant ses marchandises dans une zone à 30 kilomètres de la ville de Gode, en Éthiopie, le 13 janvier 2023. (Photo EDUARDO SOTERAS / AFP)
Un pasteur marche avec un chameau transportant ses marchandises dans une zone à 30 kilomètres de la ville de Gode, en Éthiopie, le 13 janvier 2023. (Photo EDUARDO SOTERAS / AFP)
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Publié le Jeudi 27 avril 2023

La sécheresse record dans la Corne de l'Afrique est attribuable au réchauffement climatique

  • «Le changement climatique causé par les activités humaines a rendu la sécheresse agricole dans la Corne de l'Afrique environ 100 fois plus probable» qu'autrefois
  • Depuis fin 2020, les pays de la Grande Corne de l'Afrique (Éthiopie, Érythrée, Somalie, Djibouti, Kenya et Soudan), large péninsule de l'est du continent, subissent leur pire sécheresse depuis quarante ans

PARIS: La sécheresse historique qui frappe la Grande Corne de l'Afrique est la conjonction inédite d'un manque de pluie et de fortes températures qui n'aurait pas pu se produire sans les conséquences des émissions humaines de gaz à effet de serre, démontre une étude scientifique publiée jeudi.

"Le changement climatique causé par les activités humaines a rendu la sécheresse agricole dans la Corne de l'Afrique environ 100 fois plus probable" qu'autrefois, indique dans un rapport le World Weather Attribution (WWA), réseau mondial de scientifiques qui évalue sans délai le lien entre les événements météorologiques extrêmes et le dérèglement climatique.

Depuis fin 2020, les pays de la Grande Corne de l'Afrique (Éthiopie, Érythrée, Somalie, Djibouti, Kenya et Soudan), large péninsule de l'est du continent, subissent leur pire sécheresse depuis quarante ans.

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Carte de la situation alimentaire entre février et mai 2023 (projection) en Afrique de l'Est, selon le Réseau des systèmes d'alerte précoce contre la famine (AFP / Cléa PÉCULIER et Sophie RAMIS)

Cinq saisons des pluies déficitaires d'affilée ont tué des millions de têtes de bétail et détruit les récoltes. Selon l'ONU, 22 millions de personnes sont menacées par la faim en Ethiopie, au Kenya et en Somalie (où sévit en plus une insurrection islamiste).

Selon les 19 scientifiques ayant contribué au rapport, le changement climatique a eu "peu d'effet sur la pluviométrie annuelle" récente de la région. Mais il a fortement influencé la hausse des températures, responsable d'une augmentation en flèche de l'évapotranspiration qui a conduit à un assèchement record des sols et des plantes.

"C'est le changement climatique qui a rendu cette sécheresse aussi grave et exceptionnelle", a résumé Joyce Kimoutai, climatologue kenyane contributrice au rapport, dans un brief téléphonique mercredi.

Cinq saisons de pluies déficitaires

Le réseau du WWA, fondé par des climatologues réputés, s'est imposé ces dernières années par sa capacité à évaluer l'influence, plus ou moins forte et non systématique, entre les événements météorologiques extrêmes - canicules, inondations, sécheresse, etc - et le changement climatique causé par l'homme.

Ses résultats, produits en urgence, sont publiés sans passer par le long processus des revues à comité de lecture, mais combinent des méthodes approuvées par les pairs, en premier lieu avec des données météorologiques historiques et des modèles climatiques.

Cette fois-ci, le WWA a concentré son étude sur trois des pays les plus affectés (le sud de l'Ethiopie et de la Somalie et l'est du Kenya).

Il a constaté que le changement climatique modifiait de manière opposée les deux saisons des pluies: la plus abondante, entre mars et mai, "devient plus sèche et le déficit de précipitation est deux fois plus probable" que par le passé, tandis que "la petite saison devient plus humide".

Mais ces dernières années, "cette tendance humide de la petite saison a été masquée par le phénomène climatique-cyclique de la Niña" qui réduit les pluies tropicales et dont il n'y a pas de preuves à ce jour qu'il soit influencé par le changement climatique anthropique.

Cette rare conjonction, dans une région qui enchaîne cinq saisons des pluies déficitaires depuis fin 2020, s'est ensuite combinée à l'augmentation des températures pour entraîner un assèchement record des sols et des plantes.

Si la planète ne s'était pas déjà réchauffée de 1,2 degré par rapport à l'ère pré-industrielle, cette pluviométrie aurait soumis la région à des conditions, au pire, "+anormalement sèches +, soit un niveau en-dessous du premier degré de gravité de la sécheresse dans la classification américaine, assure le WWA.

En clair, "le dérèglement climatique était une condition nécessaire pour qu'une sécheresse aussi grave puisse survenir", concluent les scientifiques.

La situation actuelle est qualifiée de "sécheresse exceptionnelle", 4e et dernier niveau d'alerte de l'échelle américaine. Improbable autrefois, elle a désormais 5% de chance de se reproduire chaque année.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.