La banque centrale suisse veut durcir les règles bancaires après la chute de Credit Suisse

Le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan boit lors d'une assemblée générale des actionnaires de la banque centrale suisse à Berne, le 28 avril 2023. (Photo de Fabrice COFFRINI / AFP)
Le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan boit lors d'une assemblée générale des actionnaires de la banque centrale suisse à Berne, le 28 avril 2023. (Photo de Fabrice COFFRINI / AFP)
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Publié le Vendredi 28 avril 2023

La banque centrale suisse veut durcir les règles bancaires après la chute de Credit Suisse

  • La banque centrale a dû mettre des milliards à disposition pour éviter que Credit Suisse ne fasse faillite
  • «Les récents événements justifient la nécessité de réexaminer la réglementation», a déclaré Thomas Jordan dans un discours prononcé lors de l'assemblée générale annuelle de la Banque nationale suisse (BNS)

Berne, Suisse : La règlementation bancaire doit être renforcée après la chute de Credit Suisse, a affirmé vendredi le président de la banque centrale suisse, qui souhaite aussi garantir la concurrence alors que la reprise de la deuxième banque helvétique par UBS suscite des inquiétudes.

«Les récents événements justifient la nécessité de réexaminer la réglementation», a déclaré Thomas Jordan dans un discours prononcé lors de l'assemblée générale annuelle de la Banque nationale suisse (BNS).

«Il importe à l'avenir que la réglementation contraigne les banques à détenir suffisamment d'actifs pouvant être mis en gage ou transférés en tout temps et sans restrictions», a-t-il ajouté, afin que ceux-ci puissent être «utilisés comme garanties» alors que la banque centrale a dû mettre des milliards à disposition pour éviter que Credit Suisse ne fasse faillite.

Les difficultés de la banque ont commencé dans le sillage de la faillite de la banque américaine SVB et sont allés crescendo jusqu'à ce le ministère des Finances, la banque centrale et l'autorité de surveillance des marchés négocient avec UBS, sa grande concurrente, pour organiser son rachat.

Le 19 mars, UBS a accepté de la reprendre pour 3 milliards de francs, moyennant de solides garanties de la Confédération. La BNS et la Confédération ont mis 109 milliards de francs de garanties à la disposition des deux banques. S'y ajoute un volant de liquidités de 100 milliards de francs que la BNS peut mettre à disposition.

Un effondrement de Credit Suisse aurait «déclenché une onde de choc dans le système financier mondial», a insisté M. Jordan, soulignant que «les répercussions sur l'économie réelle auraient été dramatiques, en Suisse comme à l'étranger».

Dans le pays alpin, ce rapprochement suscite toutefois de vives inquiétudes pour l'emploi mais aussi pour la concurrence, notamment pour les crédits au PME.

M. Jordan assure que la BNS veillera sur ces sujets.

- Activistes du climat -

Des activistes du climat ont profité de l'événement pour protester contre les investissements de la BNS dans les hydrocarbures, mettant en cause en particulier un projet controversé d'exploitation pétrolière de TotalEnergies en Afrique appelé EACOP (East African Crude Oil Pipeline Project).

Vétus de combinaison de travail rouges, une dizaine de militants de l'Alliance Climatique se sont postés devant un grand tube symbolisant cet oléoduc long de 1.443 kilomètres qui doit relier les gisements du lac Albert en Ouganda à la côte tanzanienne.

«Je suis venue d'Ouganda pour demander à la Banque nationale Suisse d'arrêter de financer TotalEnergies», a expliqué l'activiste Hilda Nakabuye à l'AFP.

«Cet oléoduc entraîne le déplacement de communautés, détruit la nature et viole les droits humains, a-t-elle ajouté, estimant que les actionnaires doivent «comprendre où leur argent est investi».

Rare banque centrale cotée en Bourse, la BNS s'appuie sur un vaste portefeuille de réserves qui inclut de l'or, des devises mais aussi des actions et des obligations. Selon les activistes, les investissements de la BNS dans TotalEnergies se chiffrent à 600 millions de dollars.

L'Alliance Climatique, qui rassemble plusieurs ONG suisses, dont Greenpeace, Campax et la Grève du climat, avait appelé à acheter des actions de la BNS pour pouvoir venir s'exprimer à la tribune lors de l'assemblée générale.

«Nous avons été très surpris, nous pensions qu'une vingtaine de personnes en achèterait» a expliqué à l'AFP Jonas Kampus, qui représentait l'Alliance Climatique à l'assemblée, mais le chiffre tournait plutôt «autour de 170».

«Cela permet d'accroître la pression sur la BNS», s'est-il félicité.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.