Liban: Le vide présidentiel, «inacceptable» pour l’ambassadeur saoudien

L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, Walid al-Boukhari (à droite), et le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, Maarab, Liban, 2 mai 2023 (Photo, Twitter/@DrSamirGeagea).
L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, Walid al-Boukhari (à droite), et le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, Maarab, Liban, 2 mai 2023 (Photo, Twitter/@DrSamirGeagea).
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Publié le Jeudi 04 mai 2023

Liban: Le vide présidentiel, «inacceptable» pour l’ambassadeur saoudien

  • L'envoyé saoudien, Walid al-Bukhari, a souligné la nécessité «d'accélérer l'élection d'un président capable de répondre aux aspirations du peuple libanais»
  • «Nous n'acceptons pas le vide présidentiel actuel qui menace la stabilité et l'unité du peuple libanais»

BEYROUTH: L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban a déclaré mercredi qu'il était essentiel que les dirigeants politiques libanais élisent un nouveau président dès que possible afin de préserver la stabilité du pays frappé par la crise.

Après avoir rencontré le président du Parlement, Nabih Berri, l'envoyé Walid al-Bukhari a souligné la nécessité «d'accélérer l'élection d'un président capable de répondre aux aspirations du peuple libanais».

«Nous n'acceptons pas le vide présidentiel actuel qui menace la stabilité et l'unité du peuple libanais», a-t-il ajouté.

De retour de vacances en Arabie Saoudite, Al-Bukhari s'est entretenu mercredi avec plusieurs responsables libanais.

Dans un tweet publié à la suite des discussions avec le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Deryan, à Dar al-Fatwa, Al-Bukhari a déclaré: «Cette réunion a été l'occasion pour nous de passer en revue les derniers développements sur la scène libanaise, en particulier l'échéance présidentielle et son importance, en plus d'un certain nombre de questions d'intérêt mutuel.»

Selon le bureau de Deryan, l'ambassadeur saoudien avait réaffirmé la «communication constante avec Dar al-Fatwa, la référence religieuse et nationale qui garantit l'unité du Liban et de son peuple».

Al-Bukhari a rappelé le soutien de l’Arabie saoudite au Liban, à ses institutions et à la coexistence islamo-chrétienne, et a souhaité que le pays «connaisse la stabilité et un avenir prometteur».

Deryan a souligné «Le rôle de l'Arabie saoudite au Liban est essentiel, tout comme il l'est sur la scène arabe et internationale.»

«L'élection d'un président et la stabilité du Liban, ainsi que sa prospérité et son développement, sont des responsabilités qui incombent en premier lieu aux Libanais, puis aux frères arabes et aux pays amis qui les soutiennent et les aident», a-t-il ajouté.

«Tout règlement lié à l'élection du président, qu'il soit local ou externe, doit être fait pour rétablir le respect de l'État, de ses institutions et de la souveraineté dans tous les domaines.»

Le vide présidentiel au Liban a entamé son septième mois, les députés n'ayant pas réussi à atteindre le quorum lors de 12 tentatives de vote.

Les divisions politiques entre le Hezbollah et ses alliés, ainsi que l'opposition et les réformistes, continuent d'empêcher une solution à ce problème.

La crise économique qui frappe le Liban a entraîné l'effondrement de sa monnaie nationale et plongé plus de la moitié de la population dans la pauvreté.

«Dar al-Fatwa salue tout effort interne ou externe visant à mettre fin à la tragédie libanaise dans laquelle les citoyens paient des prix élevés en matière d'économie, de vie, de société et de sécurité, qui dépassent les capacités des Libanais.

«Le Liban et son peuple sont désireux de coopérer fraternellement avec l’Arabie saoudite et ses dirigeants qui s'efforcent toujours de préserver le Liban et son rôle arabe et culturel dans la région, ainsi que de défendre les intérêts des Arabes et des musulmans partout dans le monde», a ajouté Deryan.

Dans un communiqué publié mardi, le département d'État américain a également appelé à «trouver une solution à l'intérieur du Liban et non pas au sein de la communauté internationale» afin d'élire un président «intègre et non corrompu, capable d'unifier les libanais».

Matthew Miller, porte-parole du département d'État, a déclaré: «Les États-Unis exhortent les dirigeants politiques du Liban à agir de toute urgence afin d’élire un président qui unifiera le pays et adoptera rapidement les réformes nécessaires pour sauver l'économie de la crise.»

«Les dirigeants libanais ne doivent pas placer leurs intérêts et ambitions personnels au-dessus des intérêts de leur pays et de leur peuple», a-t-il poursuivi.

«Le Liban a besoin d'un président qui ne soit pas corrompu et qui soit capable d'unifier le pays et de mettre en œuvre des réformes économiques fondamentales, notamment celles qui sont nécessaires pour parvenir à un accord sur un programme avec le Fonds monétaire international», a indiqué Miller.

Par ailleurs, Mojtaba Amani, l'ambassadeur iranien au Liban, a rencontré Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre.

Selon son bureau de presse, l'envoyé iranien a «informé Bassil du processus de négociation irano-saoudien et des points d'accord», tout en réitérant «la position de Téhéran de ne pas intervenir dans les affaires intérieures libanaises et de soutenir tout ce sur quoi les Libanais s'accordent».

Les tentatives internes pour parvenir à un compromis entre les forces politiques ont échoué.

Sleiman Frangié reste le seul candidat présidentiel soutenu par le Hezbollah et le mouvement Amal, alors que la plupart des forces chrétiennes et réformistes du Liban s'opposent à ce choix.

Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, rencontre depuis plusieurs jours les leaders politiques afin d'organiser un dialogue parlementaire. Après s'être entretenu avec Sami Gemayel, chef du parti Kataeb, il a déclaré: «Nous devons d'abord commencer par les bases, c'est-à-dire définir le rôle du président avant de proposer des noms.»

«Le timing est très important et nous ne pouvons pas attendre éternellement pour trouver une solution. C'est dans cet esprit que j'organise ces réunions.»

Gemayel a affirmé: «Nous sommes ouverts à toute solution qui nous conduirait à une nouvelle phase basée sur la souveraineté de l'État, la liberté du processus de prise de décision dans le pays et l'établissement d'une économie forte.

«Cependant, nous nous opposerons à toute solution qui laisserait le pays dans son état actuel. Le problème vient du parti qui impose toujours sa décision aux Libanais et empêche toute possibilité d'avancer.

«L'élection de Sleiman Frangié, chef du mouvement Marada, sera la continuation des six dernières années en raison de ses positions politiques, et conduira à la mort du Liban et à la migration de ses jeunes. Nous nous opposerons à ce choix par tous les moyens dont nous disposons.»

Bou Saab a également rendu visite au patriarche maronite, Bechara al-Rai, et a rencontré le bloc parlementaire Tajadod (Le Renouveau), qui comprend le candidat de l'opposition à la présidence, Michel Mouawad. Il a aussi rencontré Samir Geagea, chef des Forces libanaises.

Le député des Forces libanaises, Ghassan Hasbani, s'est interrogé sur l'intérêt du dialogue «à un moment où, pour le Hezbollah, c'est soit Sleiman Frangié, soit le vide présidentiel».

Le Conseil des archevêques maronites a exhorté les députés libanais «à profiter des signes positifs régionaux et internationaux concernant la perspective disponible pour élire un nouveau président et à éviter tout ce qui pourrait saper les espoirs des Libanais de surmonter la série de crises dévastatrices qui affligent leur vie en raison de la difficulté d'élire un président».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.