L'IA pourrait remplacer «80% des emplois» dans les prochaines années, selon un chercheur

Ben Goertzel lors du Web Summit Rio 2023 au RioCentro Expo Center à Rio de Janeiro, Brésil, le 3 mai 2023 (Photo, AFP).
Ben Goertzel lors du Web Summit Rio 2023 au RioCentro Expo Center à Rio de Janeiro, Brésil, le 3 mai 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 06 mai 2023

L'IA pourrait remplacer «80% des emplois» dans les prochaines années, selon un chercheur

  • Certaines personnes disent qu'il faut arrêter les recherches parce que ce genre de système contribue à la désinformation
  • «La gouvernance devrait être participative, impliquer la population, d'une certaine manière. Et c'est possible, techniquement parlant»

RIO DE JANEIRO: L'intelligence artificielle pourrait remplacer dans les prochaines années "80% des emplois", mais "c'est une bonne chose", estime lors d'un entretien avec l'AFP le chercheur américain Ben Goertzel.

Cheveux longs, lunettes rondes et chapeau à larges bords imprimé léopard, ce scientifique né au Brésil a fait sensation cette semaine à la conférence Web Summit de Rio de Janeiro, en présentant Grace, un robot-infirmière conçu pour s'occuper de personnes âgées dans les maisons de retraite.

C'est à lui qu'on doit le nom d'"Intelligence artificielle générale" (IAG), cette technologie majeure dotée de capacités cognitives humaines qui pourrait être au point "d'ici quelques années". Il est à l'origine de la plateforme SingularityNET, destinée au développement décentralisé et démocratique de l'IA.

QUESTION: Que manque-t-il pour que soit mis au point un système d'intelligence artificielle avec des capacités cognitives humaines?

RÉPONSE: "Si nous voulons des machines réellement aussi intelligentes que des personnes, et capables de réagir rapidement aux imprévus, il faudrait qu'elles soient capables de faire bien plus que ce pourquoi elles sont programmées. Et nous n'y sommes pas encore. Mais il y a des raisons de croire que cela pourrait arriver, non pas dans des décennies, mais dans quelques années".

Q: Que pensez-vous du débat autour de ChatGPT? Faudrait-il faire une pause de six mois dans les recherches, comme certains le préconisent?

R: "Je ne crois pas qu'il faille faire une pause, parce que ce n'est pas une intelligence artificielle dangereuse (...) Elle ne peut pas faire des raisonnements complexes, en plusieurs étapes, comme les scientifiques, ni inventer de nouvelles choses en dehors des données reçues. Elle ne peut pas élaborer des stratégies pour gérer de nouvelles situations, comme une pandémie, par exemple.

Certaines personnes disent qu'il faut arrêter les recherches parce que ce genre de système contribue à la désinformation. Mais alors, il faudrait interdire internet? (...) Je pense que nous devons vivre dans une société libre et, tout comme internet ne devrait pas être interdit, il ne faudrait pas interdire ça (ChatGPT) non plus".

Q: Doit-on voir la possibilité que l'IA remplace des emplois comme une menace?

R: "Avec l'arrivée prochaine de nouveaux systèmes du même type que ChatGPT, je pense que 80% des emplois occupés par des humains pourraient devenir obsolètes. Mais je ne vois pas ça comme une menace, mais comme un avantage. C'est une bonne chose. Les gens vont trouver de meilleures choses à faire que travailler pour gagner leur vie. Pratiquement toutes les tâches administratives pourront être automatisées".

"Le problème, ce sera la période de transition, quand les intelligences artificielles vont commencer à rendre obsolète un emploi après l'autre (...) Je ne sais pas comment on va faire pour résoudre les problèmes sociaux occasionnés".

Q: Quelles contributions les robots peuvent-ils apporter à la société aujourd'hui, et que pourraient-ils faire à l'avenir, avec l'IAG?

R: "Ils peuvent faire plein de bonnes choses, comme Grace, le robot-infirmière. Aux Etats-Unis, un grand nombre de personnes âgées se sentent seules dans les maisons de retraites. Même si elles sont nourries, reçoivent des soins médicaux et regardent la télé, c'est insuffisant en termes de soutien social et émotionnel. Si on introduit dans ces espaces des robots humanoïdes qui répondent à leurs questions, écoutent leurs histoires, les aident à appeler leurs enfants ou à faire des achats en ligne, cela améliore leur vie".

"Dans ce cas, on ne supprime pas d'emplois, car il n'y a pas assez de candidats aux postes d'infirmiers ou d'aide-soignants. L'éducation pourrait également être un marché incroyable pour les robots humanoïdes, tout comme les travaux ménagers".

Q: Comment réguler l'IA pour qu'elle ait un impact positif sur la vie des gens?

R: "La gouvernance devrait être participative, impliquer la population, d'une certaine manière. Et c'est possible, techniquement parlant. Le problème, c'est que les entreprises qui financent la plupart des recherches dans l'IA ne s'intéressent pas au bien commun. Ce qu'elles veulent, c'est faire gagner un maximum d'argent à leurs actionnaires".


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.