Cisjordanie: Israël démolit une école palestinienne jugée illégale, l'UE proteste

Des Palestiniens se rassemblent sur le site où les bulldozers de l'armée israélienne ont démoli une école qui, selon eux, a été construite sans autorisation dans le village de Jabbet al-Dhib (Photo, AFP).
Des Palestiniens se rassemblent sur le site où les bulldozers de l'armée israélienne ont démoli une école qui, selon eux, a été construite sans autorisation dans le village de Jabbet al-Dhib (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 08 mai 2023

Cisjordanie: Israël démolit une école palestinienne jugée illégale, l'UE proteste

  • Des bulldozers sont intervenus à l'aube pour détruire cette petite école primaire située à Jabbet Ad-Dhib, dans la région de Bethléem
  • L'école, qui accueille 45 enfants, avait déjà été détruite en 2019 puis reconstruite

JABBET AD-DHIB: Les autorités israéliennes ont détruit dimanche une école d'un village du sud de la Cisjordanie occupée, s'appuyant sur une décision judiciaire pour la qualifier d'"illégale" et "dangereuse", une démolition aussitôt dénoncée par la représentation locale de l'Union européenne, à l'origine de son financement.

Selon des correspondants de l'AFP, des bulldozers sont intervenus à l'aube pour détruire cette petite école primaire située à Jabbet Ad-Dhib, dans la région de Bethléem, après expiration d'un ultimatum de deux mois de la justice israélienne.

De mêmes sources, au moment de la démolition, ordonnée par la cour du district de Jérusalem selon la partie israélienne, la modeste structure était vide et le matériel avait été déplacé.

Des heurts ont éclaté entre des villageois, qui ont jeté des pierres et mis le feu à des pneus, et les forces de sécurité israéliennes, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes.

L'école, qui accueille 45 enfants, avait déjà été détruite en 2019 puis reconstruite, a affirmé Ahmed Nasser, un responsable du ministère palestinien de l'Éducation contacté par l'AFP. Il a déclaré qu'une tente serait érigée lundi afin d'accueillir les élèves, avec la fourniture de services de base comme l'eau et l'électricité.

Dans un communiqué, le Cogat, organe du ministère de la Défense israélien supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens, a affirmé que la structure avait été "construite illégalement sans permis". Il a ajouté qu'elle constituait "un danger pour ses occupants", en s'appuyant notamment sur les conclusions d'un ingénieur quant au risque d'effondrement de l'édifice.

«Droit à l'éducation»

Ahmed Nasser a rejeté cet argument et souligné l'importance de l'existence de telles écoles dans des villages reculés de Cisjordanie occupée.

Elle permet de prévenir "le déplacement et l'éviction forcée (de population, ndlr), dans la mesure où Israël veut confisquer ces terres", a-t-il affirmé. "La présence de population le leur empêche".

À l'origine de la requête en justice, Regavim, une ONG israélienne pro-colonisation, a au contraire estimé que cette construction entrait dans le cadre d'une politique palestinienne visant à "construire une structure sur une terre vierge, proclamer qu'il s'agit d'une école, puis faire de sa démolition une affaire humanitaire".

La représentation de l'UE pour les Territoires palestiniens s'est pour sa part dite "consternée" par la démolition, une pratique "illégale au regard du droit international", et a exhorté les autorités israéliennes à "respecter le droit des enfants à l'éducation".

"Israël devrait cesser toutes les démolitions et évictions, qui ne font qu'accroître la souffrance de la population palestinienne et aviver les tensions existantes", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Près de trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Environ 490.000 colons juifs y habitent aussi dans des colonies considérées par l'ONU comme illégales au regard du droit international.


Les Émirats arabes unis affirment que l’Iran a ciblé un pétrolier d’ADNOC dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes

Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Cette photo montre des navires naviguant près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis affirment qu’un pétrolier d’ADNOC a été ciblé par un missile iranien dans le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes
  • ADNOC indique que 15 de ses navires ont été attaqués depuis le début de la guerre, dont trois au cours de cette semaine

DUBAÏ : Les Émirats arabes unis ont déclaré samedi que l’Iran avait ciblé un pétrolier appartenant à l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a condamné « l’attaque iranienne hostile visant un pétrolier appartenant à ADNOC au moyen d’un missile alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, sans faire de victimes ».

« Cette attaque constitue une violation flagrante de la résolution 2817 du Conseil de sécurité, qui garantit la liberté de navigation et rejette le ciblage des navires commerciaux ou la perturbation des voies maritimes internationales », indique le communiqué publié par WAM.

Vendredi, ADNOC avait déclaré que, depuis le début de la guerre, 15 de ses navires avaient été attaqués dans le détroit d’Ormuz, « dont trois navires cette seule semaine ».

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé la plus ferme condamnation du ciblage du pétrolier émirati alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, affirmant que « ces attaques rejetées constituent une agression contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime, ainsi que contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan signent l’accord de défense conjoint de La Mecque

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  • L’accord de défense conjoint de La Mecque prévoit que toute attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires

LA MECQUE : L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé vendredi à La Mecque un accord de défense visant à renforcer leur capacité de dissuasion commune et à élargir leur coopération militaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’accord de défense conjoint de La Mecque stipule qu’une attaque armée contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre tous.

Selon la SPA, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Muhammad Shehbaz Sharif ont été reçus par le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Cour royale du palais Al-Safa, à La Mecque. Les dirigeants ont passé en revue les relations entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan et ont discuté de questions d’intérêt commun.

La SPA indique que le Sommet de La Mecque sur la défense conjointe s’est tenu sur la base des liens historiques entre les trois pays, de leur solidarité islamique, de leurs intérêts stratégiques communs et de leur étroite coopération en matière de défense.

« L’accord reflète l’engagement des trois nations à renforcer leur sécurité collective et à promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ainsi que dans le reste du monde », a rapporté la SPA.

L’accord prévoit également le développement de tous les aspects de la coopération en matière de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.


Le président turc Erdogan arrive à Djeddah pour une rencontre avec le prince héritier saoudien et le Premier ministre pakistanais

Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse lors du sommet des dirigeants de l’OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Reuters/Archives)
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  • Le dirigeant turc doit rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif
  • Sharif et le chef de l’armée pakistanaise sont déjà en Arabie saoudite pour discuter des questions régionales et des relations bilatérales

ISLAMABAD : Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé vendredi à Djeddah, où il devrait rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, sur fond de tensions régionales entre les États-Unis et l’Iran.

Sharif est arrivé à Djeddah jeudi pour une visite de trois jours à la tête d’une délégation comprenant le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, ainsi que des ministres fédéraux et des responsables gouvernementaux. Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que Sharif examinerait les relations bilatérales et discuterait des développements régionaux avec le prince héritier saoudien au cours de cette visite.

La visite de Sharif et d’Erdogan en Arabie saoudite intervient alors que la région du Moyen-Orient reste sous haute tension. Le président américain Donald Trump a annulé dimanche des frappes prévues contre l’Iran, affirmant que les pays du Moyen-Orient étaient parvenus à définir les « paramètres d’un accord » visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Téhéran a également déclaré plus tôt cette semaine avoir conclu un accord avec Oman concernant une voie maritime pour les échanges via le détroit d’Ormuz.

La Turquie, l’Arabie saoudite, le Pakistan, le Qatar et d’autres pays de la région ont été étroitement impliqués dans les efforts visant à mettre fin à la guerre, qui a commencé en février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran.

« Notre président, Son Excellence Recep Tayyip Erdogan, effectuera une visite de travail d’une journée en Arabie saoudite le 7 août 2026 », a écrit Burhanettin Duran, responsable de la communication de la présidence turque, sur la plateforme de médias sociaux X.

« Dans le cadre de cette visite, il est prévu que Son Excellence le Président rencontre le prince héritier et Premier ministre d’Arabie saoudite, le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif. »

Les responsables pakistanais et saoudiens n’ont pas commenté la visite d’Erdogan en Arabie saoudite ni les sujets qui pourraient être abordés lors d’une éventuelle rencontre entre les dirigeants. Toutefois, l’agence de presse internationale AFP a rapporté, citant des sources, que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devraient signer vendredi à Djeddah un accord conjoint de défense.

Selon l’agence, les puissances régionales cherchent à renforcer leurs liens sécuritaires dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui a impliqué les États du Golfe et perturbé la navigation dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge.

Le Pakistan et l’Arabie saoudite ont signé un pacte de défense historique en septembre 2025. L’accord stipule qu’une attaque contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux, officialisant des décennies de coopération sécuritaire entre Islamabad et Riyad.

Cet accord de défense revêt une importance particulière alors que le Pakistan est le seul État doté de l’arme nucléaire dans la région, tandis que l’Arabie saoudite est une puissance économique majeure au Moyen-Orient.

Le Pakistan joue un rôle clé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran depuis le début de la guerre en février. La Turquie a également joué un rôle diplomatique dans les négociations visant à mettre fin à la guerre à Gaza. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com