La France, championne d'une attractivité à géométrie variable

Emmanuel Macron s'exprime aux côtés de la PDG de Citigroup Jane Fraser (centre) lors d'une session plénière dans le cadre de la 5e édition de «Choose France», à Versailles, le 11 juillet 2022 (Photo, AFP).
Emmanuel Macron s'exprime aux côtés de la PDG de Citigroup Jane Fraser (centre) lors d'une session plénière dans le cadre de la 5e édition de «Choose France», à Versailles, le 11 juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 11 mai 2023

La France, championne d'une attractivité à géométrie variable

  • Avec 1 259 projets, la France s'est classée devant le Royaume-Uni qui a enregistré 929 annonces, et l'Allemagne où 832 projets ont été dévoilés
  • La Banque de France qui publie chaque année les statistiques des investissements directs étrangers affirme qu'«il y a bien un rebond» de l'attractivité française

PARIS: Priorité du gouvernement depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée, le renforcement de l'attractivité de la France pour les investisseurs étrangers a porté ses fruits ces dernières années mais montre des réalités différentes selon les critères pris en compte.

Le gouvernement se targue depuis quatre ans d'avoir replacé le pays sur la carte des destinations de choix des patrons étrangers, à la faveur des réformes menées sur le marché du travail et la fiscalité, et bien que la récente dégradation de la note française par l'agence Fitch soit venue mettre une ombre au tableau économique fréquemment vanté.

Sur l'attractivité, la dynamique est bien là : le baromètre annuel du cabinet EY publié mercredi et portant sur les annonces de projets d'implantations ou d'extensions en 2022 montre un net avantage à la France, à la première place européenne pour la quatrième année consécutive.

Le chef de l'État Emmanuel Macron s'en est d'ailleurs félicité dans un entretien mis en ligne mercredi par l'hebdomadaire Challenge dans lequel il affirme vouloir gagner "la bataille de l'industrialisation".

Avec 1 259 projets, la France s'est classée devant le Royaume-Uni qui a enregistré 929 annonces, et l'Allemagne où 832 projets ont été dévoilés.

De quoi lancer la grand-messe annuelle "Choose France", dont l'édition 2023 se tiendra lundi, et rassemble un aréopage de chefs d'entreprises internationales au château de Versailles autour du président de la République. L'objectif est d'annoncer en grande pompe des projets dans l'Hexagone.

Bien que le classement d'EY soit le principal mis en avant par le gouvernement, "il faut regarder plusieurs indicateurs ensemble pour mesurer l'attractivité", affirme toutefois Olivier Redoulès, directeur des études pour l'institut Rexecode.

Le classement ne tient pas compte par exemple des départs d'investisseurs ni des emplois créés, poursuit l'économiste.

«Point noir»

Et l'emploi représente "un des gros points noirs" du bilan sur l'attractivité, de l'avis de Marc Lhermitte auteur du baromètre EY: la France crée en moyenne 33 emplois par projet, quand l'Allemagne et le Royaume-Uni en génèrent respectivement 58 et 59.

Ce classement dit aussi peu de choses sur les secteurs économiques les plus représentés. L'industrie est devenue une priorité au sein des pays développés touchés par la désindustrialisation.

Or "la part de la France dans la valeur ajoutée industrielle de la zone euro a continué à baisser" ces dernières années, constate Olivier Redoulès, suggérant que la mise en pratique des annonces de projets prend du temps. L'emploi industriel s'est toutefois stabilisé après 2017, alors qu'il baissait depuis 2001, reconnaît-il.

L'attractivité impose aussi de mesurer la taille des investissements et tous "ne se valent pas", rappelle Vincent Vicard, économiste au CEPII (Centre d'études prospectives et d'informations internationales). Une méga-usine de fabrication de Tesla en Allemagne est par exemple difficilement comparable à un projet dans les services en France.

Le dernier bilan annuel sur les investissements directs étrangers de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) pour 2021 montre un total d'investissements directs étrangers de 14 milliards de dollars pour la France, à la sixième place dans l'Union européenne derrière l'Allemagne (31 milliards), la Suède (27 milliards) et la Pologne (24 milliards).

Le périmètre de calcul est plus large qu'EY et comprend les activités financières telles que les fusions et acquisitions, l'immobilier ou les rachats d'unités de production sans création ou extension de site.

Directeur général de Business France, une agence de l'État qui accompagne les investisseurs étrangers sur le territoire, Laurent Saint-Martin affirme que "ce qui compte, c'est la dynamique".

Tout en reconnaissant "les imperfections" du baromètre d'EY, une source au ministère des Affaires étrangères estime pour sa part que ce classement "a le mérite de se concentrer uniquement sur la création de nouveaux projets et d'extensions, et ne pas embrasser des opérations qui sont purement financières".

La Banque de France qui publie chaque année les statistiques des investissements directs étrangers affirme qu'"il y a bien un rebond" de l'attractivité française.

Les volumes d'investissements "reviennent à des niveaux comparables à ceux ayant précédé la pandémie", ceux-ci étant déjà en hausse depuis 2015, où "les investissements des non-résidents étaient nettement au-dessus de la moyenne des vingt dernières années".


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.