L'assassinat d'un baron syrien du Captagon fait monter la pression sur les trafiquants du Moyen-Orient

Une photo du site web syrien Suwayda24 montre le complexe appartenant au chef du cartel de Captagon, Merhi al-Ramthan, après les frappes aériennes (Photo fournie).
Une photo du site web syrien Suwayda24 montre le complexe appartenant au chef du cartel de Captagon, Merhi al-Ramthan, après les frappes aériennes (Photo fournie).
La Jordanie effectue depuis longtemps des patrouilles le long de sa frontière pour lutter contre la contrebande de drogues en provenance de Syrie (Photo, AFP).
La Jordanie effectue depuis longtemps des patrouilles le long de sa frontière pour lutter contre la contrebande de drogues en provenance de Syrie (Photo, AFP).
Saisie de Captagon en provenance de la Syrie par les la douane saoudienne (Photo fournie).
Saisie de Captagon en provenance de la Syrie par les la douane saoudienne (Photo fournie).
Un agent de la direction du contrôle des stupéfiants du ministère saoudien de l'Intérieur effectue une vérification de stupéfiants saisis (Photo, AFP/ Archives).
Un agent de la direction du contrôle des stupéfiants du ministère saoudien de l'Intérieur effectue une vérification de stupéfiants saisis (Photo, AFP/ Archives).
Le ministre libanais de l'Intérieur, Bassam Mawlawi (à gauche), donne une conférence de presse sur la saisie d'une cache de comprimés de Captagon qui étaient cachés dans des boîtes de thé pour être passés en contrebande, à Beyrouth, capitale du Liban, le 25 janvier 2022 (Photo, AFP/ Archives).
Le ministre libanais de l'Intérieur, Bassam Mawlawi (à gauche), donne une conférence de presse sur la saisie d'une cache de comprimés de Captagon qui étaient cachés dans des boîtes de thé pour être passés en contrebande, à Beyrouth, capitale du Liban, le 25 janvier 2022 (Photo, AFP/ Archives).
Une photo prise lors d'une visite organisée par l'armée jordanienne montre un drone survolant un poste d'observation le long de la frontière avec la Syrie, le 17 février 2022 (Photo, AFP/ Archives).
Une photo prise lors d'une visite organisée par l'armée jordanienne montre un drone survolant un poste d'observation le long de la frontière avec la Syrie, le 17 février 2022 (Photo, AFP/ Archives).
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Publié le Jeudi 11 mai 2023

L'assassinat d'un baron syrien du Captagon fait monter la pression sur les trafiquants du Moyen-Orient

  • Merhi al-Ramthan, l'une des personnes les plus recherchées de Jordanie, a été tué lors d'une frappe aérienne à Sweida le 8 mai
  • Plusieurs hauts responsables syriens ont été sanctionnés par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne pour leur rôle dans le commerce du Captagon

DUBAÏ/AMMAN: Quelques jours seulement après qu'Ayman Safadi, ministre jordanien des Affaires étrangères, a déclaré dans une interview accordée à CNN que son pays «ne prenait pas la menace de la contrebande de drogue à la légère» et qu'il était prêt «à faire le nécessaire pour contrer cette menace», Merhi al-Ramthan, un baron de la drogue syrien réputé, a été tué lorsque des frappes aériennes ont visé sa maison dans le village de Chuab, dans le gouvernorat de Sweida.

Des médias citant l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé en Grande-Bretagne, ont indiqué qu'une deuxième frappe aérienne avait visé une installation soupçonnée de fabriquer de la drogue à Daraa, un gouvernorat du sud de la Syrie. Un militant de l'opposition syrienne a révélé que l'installation était utilisée par des groupes soutenus par l'Iran pour produire et stocker des drogues avant de les faire passer en contrebande vers la Jordanie.

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Carte illustrant un deuxième site bombardé par l'armée de l'air jordanienne. Il s'agit d'une station d'eau abandonnée dans l'ouest de la province de Daraa, qui aurait été utilisée par les cartels pro-Assad pour fabriquer du Captagon (Photo, Réseaux sociaux).

Longtemps considéré comme l'homme le plus recherché de Jordanie, Al-Ramthan opérait aux frontières de la Jordanie, ayant recours à des chômeurs pour faire sortir clandestinement des pilules de Captagon de Syrie par des points de passage et des frontières poreuses.

Selon un article paru dans le journal jordanien Al-Ghad en juillet de l'année dernière, la Cour de sûreté de l'État a donné à Al-Ramthan et à d'autres personnes un délai de dix jours pour se rendre. Elle a déclaré qu'un tribunal jordanien l'avait reconnu coupable d'avoir importé des substances narcotiques dans l'intention d'en faire le trafic.

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Paquets de Captagon saisis dans le port d'Al Haditha en Jordanie (Photo avec l'aimable autorisation de la Zakat, Autorité fiscale et douanière).

Le Captagon, une amphétamine qui crée une forte dépendance, agit en stimulant le système nerveux, ce qui permet à l'utilisateur d'être plus alerte et de mieux se concentrer tout en dormant peu. Ce stupéfiant est devenu très populaire au plus fort de la guerre civile syrienne, lorsque les combattants de tous les camps étaient soupçonnés de l'utiliser.

Un rapport publié en avril 2022 par l’institut New Lines pour la stratégie et la politiques sur le commerce du Captagon au Moyen-Orient a indiqué que la Syrie est devenue «la plaque tournante d'une production de taille industrielle».

Le rapport a en outre affirmé que «des membres du gouvernement syrien sont les principaux moteurs du commerce du Captagon, avec des complicités ministérielles dans la production et la contrebande, utilisant ce commerce comme un moyen de survie politique et économique au milieu des sanctions internationales».

Caroline Rose, analyste principale au sein du groupe de réflexion de Washington, a déclaré à Arab News en février qu'il ne fait aucun doute que «le Captagon est produit et trafiqué par un ensemble d'individus très proches du régime de Bachar al-Assad, dont certains sont des cousins et des parents de membres du régime».

Al-Ramthan était connu pour être un fervent partisan du président Al-Assad et du groupe armé libanais Hezbollah. Il opérait librement grâce à la couverture de sécurité que lui fournissaient les branches militaires et les services de renseignement du régime, ainsi que le Hezbollah.

 

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Le baron du cartel du Captagon, Merhi al-Ramthan, était connu pour son soutien au président syrien, Bachar al-Assad, qu'il a même remercié publiquement sur des affiches (Photo, Réseaux sociaux).

Éleveur de bétail devenu trafiquant de drogue, Al-Ramthan a profité du chaos qui s'est abattu sur la Syrie après 2011 pour former sa propre milice chargée de mener des «missions de sécurité» en faveur du régime.

Alors que les pilules de Captagon inondent le pays déchiré par la guerre, il devient fabricant et trafiquant de drogue, établissant des centres de production prétendument supervisés par un homme appelé «Ali Bilan» à Sweida.

Selon certaines sources, la fortune d’Al-Ramthan n'a cessé de croître au fil de sa carrière, ce qui lui a permis d'acheter des terrains et des propriétés dans sa ville natale ainsi qu'à Damas.

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Des agents de la direction du contrôle des stupéfiants du ministère saoudien de l'Intérieur trient les comprimés de Captagon (fénétylline) saisis lors d'une opération spéciale au début de l'année. Sur l'image, un gros plan de la pilule contenue dans du Captagon caché dans une fausse orange (Photo, AFP).

Pour faire sortir clandestinement des pilules de Captagon de Syrie, il était connu pour faire appel à des sans-abri et à de jeunes garçons, dont l'un – un adolescent de 14 ans – a été tué lors d'affrontements avec les forces de sécurité jordaniennes en avril dernier.

Les passeurs étaient généreusement payés, souvent en milliers de dollars, s'ils réussissaient à mener à bien leur mission, ont indiqué les sources.

La frappe qui a tué Al-Ramthan, ainsi que sa femme et ses six enfants, est intervenue quelques jours seulement après que la Syrie a été officiellement réintégrée au sein de la Ligue arabe. Ahmad Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue, a déclaré que la décision du 7 mai marquait le début d'un processus visant à résoudre la crise en Syrie et qu'il appartenait à chaque État de reprendre ses relations avec le pays.

La Ligue arabe avait exclu la Syrie de ses membres en raison de la répression qu'elle avait exercée contre des manifestants pacifiques au début du soulèvement en 2011.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré qu'il traitait la décision de la Ligue arabe «avec beaucoup d'attention» et il a appelé à «une plus grande coopération et un plus grand partenariat arabes».

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de Syrie, d'Égypte, d'Irak, d'Arabie saoudite et de Jordanie, qui s'est tenue à Amman, la capitale jordanienne, le 1er mai, a donné lieu à une déclaration dans laquelle Damas s'engageait à identifier les producteurs et les transporteurs de la drogue.

La déclaration a ajouté que la Syrie avait accepté de «prendre les mesures appropriées afin de mettre fin à la contrebande aux frontières avec la Jordanie et l'Irak».

La Jordanie n'a pas revendiqué les frappes à Sweida et Daraa, mais les analystes estiment fort probable que le royaume hachémite les ait menées, soulignant que le ministre jordanien des Affaires étrangères n'avait pas exclu le recours à la force militaire.

«Notre pays a énormément souffert et nous ferons tout ce qu'il faut pour contrer cette menace, y compris une action militaire à l'intérieur de la Syrie pour éliminer cette menace extrêmement dangereuse», avait prévenu Safadi.

À la suite des frappes, il a déclaré: «Chaque fois que nous prenons des mesures pour protéger notre sécurité nationale et que nous faisons face à des menaces, nous l'annonçons au moment opportun.»

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Des combattants affiliés au groupe rebelle syrien «Hayat Tahrir al-cham» montrent des drogues saisies précédemment à un de leurs postes de contrôle à Daret Ezza, dans la campagne occidentale de la province d'Alep, le 10 avril 2022 (Photo, AFP).

Dans une série de tweets après les frappes de lundi, Rose, de l’institut New Lines, a déclaré: «La semaine dernière, nous avons vu la carotte, mais aujourd'hui, ces frappes pourraient représenter le “bâton” – une police d'assurance pour contrebalancer l'interaction et la coopération accrues avec Damas.

«Il convient de rappeler que les violentes opérations de contrebande menées à l'automne 2021 et à l'hiver 2022 (dont l'une a coûté la vie à un officier jordanien) ont incité les forces armées jordaniennes à assouplir les règles d'engagement et Amman à freiner la normalisation avec Damas», a-t-elle précisé.

«Au milieu de tous ces efforts de normalisation, des problèmes de confiance subsistent encore concernant les politiques de lutte contre les stupéfiants pour Amman – en particulier pour les forces armées jordaniennes qui ont dû faire face à une augmentation des affrontements violents avec les contrebandiers du régime syrien et de l'Iran depuis l'ouverture du point de passage de Nassib/Jaber.

L'ouverture du poste frontière syro-jordanien de Nassib, le 29 septembre 2021 (Photo, AFP/Archives).

«Ces frappes pourraient servir de message à Damas… qu'Amman dispose non seulement de renseignements précis sur les réseaux pro-régime du sud qui produisent/trafiquent le #captagon, mais qu'elle a aussi la capacité de les éliminer lorsque l’occasion se présente.»

Contactés par Arab News mercredi, les responsables des forces armées jordaniennes ou du gouvernement jordanien n'ont pas souhaité commenter les frappes. Des responsables de la sécurité et des hommes politiques au Caire ont déclaré à Arab News qu'ils ne disposaient d'aucune information sur une éventuelle implication de l'Égypte dans les opérations menées à l'intérieur de la Syrie.

Les cargaisons de Captagon interceptées dans la région sont généralement destinées aux pays du Golfe, notamment une cargaison récente de 10 millions de pilules en provenance du Liban.

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Cette image tirée d'une vidéo diffusée le 1er mars 2022 montre des agents antidrogue saoudiens arrêtant des trafiquants de Captagon lors d'une opération spéciale dans le district de Tayseer, à l'est de Djeddah (Vidéo du ministère saoudien de l'Intérieur via l’AFP).

L'Arabie saoudite a, à plusieurs reprises, exprimé ses inquiétudes face aux tentatives d'introduction clandestine de Captagon dans le pays à l'intérieur de cargaisons de fruits et d'autres produits alimentaires. En septembre, les autorités saoudiennes ont saisi la plus importante cargaison de drogues illicites de l'histoire de l’Arabie saoudite après la découverte de 47 millions de pilules d'amphétamine dissimulées dans une cargaison de farine. Les pilules de Captagon ont été saisies dans un entrepôt de la capitale, Riyad.

Au cours des six dernières années, les autorités saoudiennes ont intercepté à leurs frontières environ 600 millions de pilules de Captagon.

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Des agents saoudiens chargés du contrôle des stupéfiants trient des comprimés de Captagon saisis lors d'une opération spéciale menée au début de l'année le long de la frontière entre la Jordanie et l'Arabie saoudite (Photo, SPA/Archives).

Les gouvernements occidentaux estiment que la production de drogue a généré des milliards de dollars de revenus pour le président Al-Assad, ses associés et ses alliés, au fil des ans.

Ces derniers mois, plusieurs proches d'Al-Assad et de hauts responsables syriens se sont retrouvés sur les listes de sanctions des grandes puissances occidentales pour leur implication dans le commerce du Captagon.

Les autorités américaines, britanniques et européennes ont formellement accusé le gouvernement syrien de produire et d'exporter cette drogue, désignant Maher al-Assad – chef de la quatrième division de l'armée et frère du président – comme un personnage clé.

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Une décennie de guerre civile effroyable a laissé la Syrie fragmentée et en ruines, mais une chose traverse toutes les lignes de front: la fénétylline, connue sous le nom commercial de «Captagon» (Photo, AFP/Archives).

De nombreux experts décrivent la Syrie comme un «État narcotique», dont le gouvernement dépend des exportations de Captagon et d'autres drogues pour rester à flot. L'économie et les infrastructures syriennes ont été détruites par douze années de guerre, qui ont poussé 90% de la population sous le seuil de pauvreté.

Un activiste syrien qui a souhaité garder l'anonymat a déclaré à Arab News: «Al-Ramthan n'aurait pas pu opérer aussi longtemps sans la couverture du régime d’Al-Assad qui aurait pu le livrer en quelques heures à la Jordanie. Le régime a préféré le vendre car il ne leur est plus utile.»

D'autres activistes ont estimé que l'assassinat d'Al-Ramthan montrait que, bien qu'étant un important trafiquant de drogue, il n'avait pas les relations politiques nécessaires qui auraient pu lui sauver la vie.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël annonce des frappes imminentes sur des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région. (AFP)
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  • "L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban"
  • L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé lundi des habitants de deux villages du sud du Liban à évacuer leurs maisons, en avertissant qu'elle allait frapper des "infrastructures" militaires du groupe Hezbollah dans cette région.

"L'armée israélienne va bientôt frapper les infrastructures militaires appartenant à l'organisation terroriste Hezbollah dans le sud du Liban, en réponse aux tentatives interdites de cette organisation de reprendre ses opérations dans la région", a écrit sur X le colonel Avichay Adraee, porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe, en appelant les habitants de deux villages, Kfar Tibnit et Ain Qana, à immédiatement quitter leur logement.

 


Un mort et des blessés lors de frappes israéliennes dans le sud du Liban

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  • Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé
  • Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait un mort et plusieurs blessés dimanche, a indiqué le ministère de la Santé, l'armée israélienne affirmant avoir visé des cibles du mouvement islamiste libanais Hezbollah.

Israël mène régulièrement des frappes au Liban malgré la trêve conclue en novembre 2024, censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités, dont deux mois de guerre ouverte avec le mouvement pro-iranien.

L'armée israélienne affirme viser principalement des membres du Hezbollah ou ses infrastructures, et maintient des troupes dans cinq zones frontalières du sud du Liban.

Le ministère libanais de la Santé a indiqué dimanche qu'une personne avait été tuée et six autres avaient blessées, parmi lesquelles deux enfants, par une frappe israélienne à Abba, dans la région de Nabatiyé, dans le sud du pays.

Selon l'agence de presse officielle libanaise (ANI), la frappe a touché un véhicule, tuant son conducteur, et un garçon a été blessé lorsque la voiture de sa famille est passée au moment du raid.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé un membre du Hezbollah près d'Abba, "en réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah".

Plus tôt dimanche, le ministère libanais de la Santé avait fait état d'une frappe dans la région de Saïda, loin de la frontière israélienne, qui a blessé une personne.

D'après l'ANI, elle visait un bulldozer "alors qu'il s'efforçait de déblayer les décombres" du site d'une précédente frappe israélienne.

L'armée israélienne a, elle, dit avoir visé "plusieurs véhicules d'ingénierie du Hezbollah" utilisés "pour rétablir des sites d'infrastructure terroriste dans la région", précisant toutefois qu'ils se trouvaient dans une autre zone du sud du Liban que celle mentionnée par le ministère.

Toujours dimanche, l'ANI a indiqué que l'armée israélienne avait largué des tracts visant à intimider les habitants de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, près de la frontière. Elle a publié une photographie de l'un de ces tracts, qui comportait un avertissement aux habitants selon lequel des membres du Hezbollah utilisaient un hôpital de la ville.

Dans un communiqué, le ministère de la Santé a condamné "avec la plus grande fermeté les menaces contre les hôpitaux du sud, et les considère comme une attaque grave et une violation flagrante des lois et conventions internationales".

L'hôpital Salah Ghandour de Bint Jbeil, géré par le Comité islamique de santé affilié au Hezbollah, a indiqué dans un communiqué que les tracts contenaient "une menace claire contre l'hôpital, fondée sur des prétextes fallacieux dépourvus de tout fondement", et a rejeté ce qu'il a décrit comme des tentatives de ternir l’image de l’établissement.

L'enceinte de l'hôpital Salah Ghandour et ses abords ont été frappés en 2024 lors des hostilités avec le Hezbollah.

Sous forte pression américaine et par crainte d'une intensification des frappes israéliennes, le Liban s'était engagé, comme prévu par l'accord de cessez-le-feu, à désarmer le Hezbollah et à démanteler d'ici la fin de l'année 2025 ses structures militaires entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Israël a mis en doute l'efficacité de l'armée libanaise dans ce processus et accusé le Hezbollah de se réarmer, tandis que le mouvement chiite a rejeté les appels à abandonner ses armes.

Plus de 360 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis le cessez-le-feu, selon un bilan de l'AFP basé sur les statistiques du ministère libanais de la Santé.


La position de l'Arabie saoudite sur l'escalade régionale n'a pas changé, selon une source saoudienne à Asharq Al-Awsat

Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat. (AN)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respectait la souveraineté de Téhéran
  • Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue

RIYAD: Un haut responsable saoudien a rejeté les informations selon lesquelles le Royaume aurait changé de position sur l'escalade dans la région, selon un rapport publié dimanche par Asharq Al-Awsat.

La source a souligné au journal que l'Arabie saoudite soutient les efforts visant à trouver une solution pacifique par la diplomatie et le dialogue à tous les différends entre les États-Unis et l'Iran.

La source a également réitéré le rejet par le Royaume de l'utilisation de son espace aérien et de ses territoires dans toute opération militaire contre l'Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a souligné mardi que Riyad respecte la souveraineté de Téhéran et que le Royaume ne permettra pas que son espace aérien ou ses territoires soient utilisés dans toute opération militaire contre l'Iran.

Lors d'un appel téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian, il a souligné le soutien de l'Arabie saoudite à tous les efforts qui aideraient à résoudre les différends par le dialogue dans le but de soutenir la sécurité et la stabilité régionales.

M. Pezeshkian a déclaré que ses entretiens avec le prince héritier avaient porté sur l'évolution de la situation en Iran et sur le dossier nucléaire.

Il a exprimé sa gratitude à l'Arabie saoudite pour sa position ferme en matière de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Iran. Il a également salué le rôle et les efforts du prince Mohammed dans l'instauration de la sécurité et de la stabilité dans la région.